Drame provoqué par la fidélité de la femme (28è dossier):Trois des accusés acquittés, deux condamnés à 10 ans de travaux forcés

Par LANATION,

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Clap de fin pour la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou avec un dossier d’assassinat et complicité d’assassinat. Vendredi 28 août dernier, cinq accusés dans le box des accusés, dont une femme (Jeanne Hounhoui), trois jeunes gens (Gabriel Gbèda et Cossi Gbèda, Assoclé Bagniko) et un homme âgé (Houssou Gbétchéou Gbèda) pour répondre des faits. Ils sont en détention préventive depuis le 21 novembre 2011. Les avocats Luc Martin Hounkanrin, Vincent Tohozin, Julien Togbadja, Yves Kossou et Saturnin Agbani du cabinet Djikui, avaient la charge de les défendre. La Cour chargée de les juger, elle, était composée de Félix Dossa (président), de Marie Soudé Godonou et Florentin Gbodou (assesseurs) et des jurés François Koundé, Honoré Agboton, Védéhoun Constance Odile Gbènahou, Sètoungan Mèdévo puis Dansou Noël Kounou (suppléant). Gilles Modeste Sodonon, le procureur général, occupait le fauteuil du ministère public et Me Prosper B. Djossou était le greffier de service.

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C’est une affaire de cœur, d’amour non assouvi mais qui a conduit à la mort. Un homme qui aime et désire une femme d’autrui. Laquelle s’en ouvre à son mari qui décide de régler ses comptes avec le concurrent qui voulait le cocufier. Pour appréhender les faits, retour au 15 novembre 2011. Pour savoir, selon la Cour, que le couple Gbétchéou Houssou Gbèda et Jeanne Hounhoui vit à Ouèdo-Adjokomè. Que Jeanne ayant reçu les avances de Justin Gohoungo, en a informé son époux. Celui-ci fait appel aux nommés Cossi Gbèda, Gabriel Gbèda et Assoclé Bagniko pour attenter à sa vie. Le mardi 15 novembre 2011 vers 20h, Justin, après avoir rendu clandestinement visite à Jeanne, retourne chez lui. Cossi ne l’ayant pas vu au cours de son passage chez Jeanne en vue de commettre son forfait, demande à celle-ci d’aller à son domicile afin de l’inviter à revenir chez elle où il avait déjà tendu une embuscade. Jeanne se rend effectivement chez Justin vers 23h et l’invite à la suivre. Ce dernier la suit jusqu’au domicile de son époux Gbétchéou. Arrivé dans la maison, elle introduit Justin dans la chambre alors que Cossi, caché dans une autre chambre, suivait leur mouvement. Pendant que Justin échangeait avec Jeanne, Cossi surgit avec une machette et un gourdin. Justin se rend compte du danger et prend la fuite. Cossi se met à sa poursuite et crie « au voleur ! », rejoint par Assoclé et Gabriel. Ils l’assomment à coups de coupe-coupe et de gourdin. Ce dernier rend l’âme sur le champ. Inculpés d’assassinat, Gbétchéou reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Sa propre épouse affirme qu’elle a organisé le guet et a informé Cossi qui s’est caché dans l’obscurité et a bondi avec une machette et un gourdin sur Justin lors de sa fuite. Déclaration confirmée par Odile Houézéklounon, épouse de la victime. Inculpée d’assassinat, Jeanne reconnaît les faits à toutes les étapes de la procédure.

Quant à Assoclé, il reconnaît les faits à l’enquête préliminaire avant de se rétracter devant le juge d’instruction. Mais des déclarations de Gbétchéou, il ressort qu’Assoclé a planifié le guet avec lui. De même, lors de la confrontation devant le juge d’instruction, Gbétchéou déclare qu’il a organisé le guet avec la complicité de Cossi qui a pu maîtriser la victime lors de sa fuite en lui assénant des coups de machette et de gourdin.
Quant à Gabriel, il nie les faits à toutes les étapes de la procédure. Il ne conteste cependant pas sa présence sur les lieux mais insiste qu’il n’était pas armé. Il ressort des rapports médico-psychologiques et psychiatriques qu’au moment des faits, aucun trouble mental grave n’a été repéré chez les accusés. L’enquête de moralité leur est favorable et leurs bulletins N°1 de casier judiciaire ne portent mention d’aucune condamnation.

Impliqués à des degrés divers

Appelé à s’en expliquer, Houssou Gbétchéou Gbèda dont la Cour attend de savoir quelle a été sa partition, déclare ne rien connaître de l’affaire. Il raconte que le nommé Justin a fait des avances à son épouse par deux fois. Qu’informé, il en a parlé à son jeune cousin et l’a prié de le faire venir pour qu’ils en discutent. Mais qu’il était là quand il a entendu crier « Au voleur ! Au voleur ! » avant d’apprendre ensuite, une fois sorti les mains vides, que Justin a été blessé et conduit à l’hôpital… Pourtant, il avait reconnu aux étapes précédentes sa participation au crime, lui rappelle la Cour. Non, oppose-t-il. La Cour, comme l’avocat général, le soumettent à un feu de questions. Il ne varie pas. Même quand Gilles Sodonon lui fait remarquer que le lieu de rendez-vous, tout proche de sa concession n’a pas dû être choisi par hasard, et qu’il aurait été imprudent pour Justin de s’exposer ainsi près de chez l’homme qu’il veut cocufier. Gbétchéou ne fléchit pas. En fait la Cour voulait savoir précisément quelles consignes il a données à sa femme pour organiser la rencontre. Il finit par laisser entendre qu’en entendant «Au voleur ! Au voleur !», il a su que c’est Justin qui venait d’être appréhendé ; laissant comprendre au ministère public qu’il y avait donc forcément une entente entre lui et son cousin Cossi aux fins d’appréhender Justin. Justin dont les avances à sa femme, pourtant porteuse d’une grossesse de cinq mois environ, ne l’ont pas remué, déclare-t-il pour soutenir encore qu’il n’a jamais engagé sa femme à accepter un rendez-vous avec Justin. Avant de concéder qu’ayant été informé par sa femme, il lui a demandé d’aller au rendez-vous. « Dans quel but ? Pour vérifier la véracité de l’information portée à sa connaissance par son épouse ? », veut savoir la défense. « Oui », admet-il.
Sera-t-il renchéri ou contredit par sa femme ? Quand elle débarque à la barre, Jeanne, 36 ans et de 26 ans la cadette de Houssou Gbétchéou Gbèda, expose que son homme, qui la bat souvent, a bien consenti à ce rendez-vous et l’a encouragée à prendre deux mille (2.000) francs à Justin et à les lui ramener en guise de preuve. Puis, lui et Cossi l’auraient encouragée à retourner chez Justin afin de le convaincre de venir chez elle. Quoique méfiant, il s’y rendra, essaiera d’entretenir des rapports sexuels avec elle, mais se ravisera face à son refus insistant et après qu’ils eurent senti des présences humaines tout près. Il serait alors parti en escaladant le mur, poursuivi par son mari, Cossi et d’autres… Plus tard, son mari qu’elle avait déclaré avoir vu porteur d’un gourdin, et Cossi se rejetteront la responsabilité de la mort de Justin. C’était aux étapes antérieures de la procédure. Et elle citait un certain nombre d’agresseurs de Justin. Mais à la barre, elle nuance ses propos et soutient n’avoir pas été sur les lieux. Seulement, elle est formelle sur le fait que Justin n’a pas été tué au lieu du rendez-vous. Dans tous les cas, expose-t-elle, son mari ne lui a jamais fait part de ses intentions de s’en prendre à Justin, en lui conseillant d’accorder un rendez-vous à Justin. Et, poursuit-elle, c’est quelques heures après avoir pourchassé Justin, qu’elle l’a entendu se plaindre, une fois revenu à la maison, déclarant que Cossi est allé trop loin, puisqu’il lui a simplement demandé de l’aider à mettre la main sur Justin, mais qu’il l’a achevé…
Gabriel Gbèda, pour sa part, raconte avoir vu Houssou Gbétchéou Gbèda avec un gourdin, et Cossi avec une machette, Assoclè Bagniko, en compagnie d’autres acteurs. S’étant enquis de la situation, il se laissera dire que Justin a fait des avances à la femme du premier. Plus tard, alors qu’il était déjà rentré à la maison, il entendit crier «Au voleur ! Au voleur !». S’étant porté sur les lieux, il verra Justin au sol déjà et se fera prier d’aller chercher une moto pour le transporter à l’hôpital. En clair, lui Gabriel n’a pas participé au crime et n’était d’ailleurs pas informé des avances de Justin à Jeanne.

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La Cour veut comprendre

Pas plus informé, Assoclé Bagniko, lui, raconte être allé voir un spectacle cette nuit-là dans le quartier. Qu’il a entendu l’alerte et a vu, plus tard, Justin aux mains de ses agresseurs, rendant l’âme alors que Gabriel était allé chercher une moto à la maison pour son transport à l’hôpital. «Mais pourquoi avez-vous demandé à la veuve de Justin de ne pas vous citer parmi les meurtriers ?», veut comprendre la Cour. Il soutient qu’il n’en est rien. «N’aviez-vous pas déclaré aussi qu’à votre arrivée sur les lieux, Justin n’était pas encore mort et qu’il avait même fait un geste de la main pour vous demander de l’aider ?» Il n’en est pas certain.
Cité comme acteur principal du crime, Cossi Gbèda, à la barre, explique avoir été informé par Houssou Gbétchéou Gbèda des avances de Justin à sa femme, et suggéré au plaignant de veiller à le prendre en flagrant délit… Qu’ayant aperçu la femme dans la nuit profonde, il l’a torchée avant de lui demander ce qu’elle faisait là, au lieu d’être près de son homme… Qu’en est-il du dessein de tuer Justin ? Cossi expose qu’il n’y avait pas vraiment de plan de s’en prendre à sa personne… Pourtant, à l’enquête préliminaire, il déclarait avoir « promis d’aider personnellement pour le surprendre ». Que c’est lui Cossi qui le maîtrisait entre ses jambes quand Assoclé est arrivé. Que c’est lui Cossi qui a appelé Gabriel pour l’informer des plaintes de Gbétchéou mais qu’il ne l’entendait pas en raison du bruit qu’il y avait autour de lui… Que lui Cossi n’a pas fait usage de sa machette mais que Houssou Gbétchéou Gbèda a usé de son gourdin. L’avocat général lui fait observer que les blessures faites à la victime ne sont pas que dues à du bois.
Rappelée à la barre pour confrontation, Jeanne réaffirme que son mari et Cossi sont responsables de la mort de Justin. Puis elle laisse entendre que si elle recouvre sa liberté, elle fera une escale chez son père qui lui a donné Houssou Gbétchéou Gbèda comme époux, avant de retourner chez lui à cause de leurs six enfants.
Seul témoin cité à comparaître, Norbert Kouakanou sera écouté comme simple sachant. C’est lui qui renseigne que c’est une manche de houe que Gbétchéou Houssou Gbèda avait sur lui.
Félix Hounyè, frère de la victime, n’entend pas se constituer partie civile.

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Qui est coupable ?

A l’issue de l’instruction à la barre, Gilles Modeste Sodonon, prendra ses réquisitions après un rappel des faits. Il tire motif du certificat médical au dossier pour conclure qu’il y a bel et bien eu mort, du fait des coups et blessures faits, le cou fracturé qui présente une souplesse anormale, les testicules écrasées et autres blessures… Mais y a-t-il eu guet-apens ? Préméditation ? S’il lui paraît clair que les accusés ont formé le dessein d’attenter à la vie de la victime, il tire aussi motif du rendez-vous obtenu sous instigation de Gbétchéou et Cossi pour établir le guet-apens. Mais à qui imputer le crime ? Gilles Sodonon avoue que les certitudes qu’il avait en arrivant au procès, sont quelque peu ébranlées. Relativement surtout à Jeanne Hounhoui qui a été constante à toutes les étapes, elle l’épouse sérieuse qui n’a fait qu’informer son mari, croyant que la flagrance qu’il recherchait, n’aurait servi qu’à soutenir ses propos en vue du règlement de l’affaire en famille. Aussi, le ministère public croit-il que dame Jeanne Hounhoui n’avait nullement l’intention de conduire la victime à l’abattoir. Et, en conséquence, il requiert à son égard l’inexistence de l’infraction et la relaxe pour défaut d’intention coupable.
S’agissant de Gbétchéou Houssou Gbèda qui était sur les lieux du crime avec un gourdin, mais ayant soutenu que c’est Cossi qui a donné la mort à Justin, le ministère public relève bien que le certificat médical évoque des blessures caractérisées par une certaine profondeur et un certain diamètre. Ce qui n’aurait pu être fait que par un instrument de la nature de la manche d’une houe, à tête ronde. Mieux, l’enquête de moralité ne renseigne-t-elle pas qu’il est un homme violent qui répond toujours proportionnellement à la provocation ? C’est pourquoi Gilles Sodonon requiert qu’il soit maintenu dans les liens de l’accusation. Autant que Cossi qui, malgré ses variations, a bien participé au coup, insistant auprès de Jeanne pour obtenir le rendez-vous, et s’étant armé d’une machette pour livrer la chasse à la victime. Or, il était le seul à être armé d’un coupe-coupe, il a été vu avec le macchabée entre les jambes ; et le certificat médical fait état de multiples blessures sur le corps de la victime, résultant de coups de machette. D’où il apparaît juste au ministère public qu’il soit retenu dans les liens de l’accusation.
Quant à Gabriel Gbèda, sa participation au crime ne se fait pas évidente. Il aurait commis le crime de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Sa relaxe sera requise. De même qu’Assoclé, qui d’après Cossi lui-même, n’est arrivé sur les lieux qu’alors que Justin était déjà à terre. Pour lui aussi, la relaxe sera donc requise.
Mais Gilles Sodonon souligne que l’enquête de moralité est globalement favorable à Cossi et Gbétchéou Houssou Gbèda. Sur ce, il invite la Cour à aller en condamnation contre eux, mais à leur infliger la peine de 10 ans de travaux forcés. 10 ans pour tenir compte du cœur de l’homme jaloux, du sentiment humain qui n’a pas su être maîtrisé et qui les aura conduits à cette extrémité.

Satisfaction de la défense mais…

C’est en saluant la mémoire de la victime que Me Saturnin Agbani commence sa plaidoirie. Puis il salue la clairvoyance du ministère public. Mais il va s’employer à soutenir que le dessein formé n’était certainement pas d’en finir avec Justin… Et, dans tous les cas, Assoclé Bagniko, comme il en a découlé des débats, n’a pu être associé au crime même si, sous l’effet des sévices à la brigade, il a dû avouer un crime qu’il n’a pas commis. Dès lors, il plaide l’acquittement de son client, pour lui rendre justice.
Même logique de la part de Me Julien Togbadja, qui loue la sagacité du ministère public quant à son client Gabriel Gbèda. Bien plus, il invite la Cour à ne pas ignorer les circonstances du drame ; mais à se souvenir que c’est la femme d’autrui qui est convoitée en l’espèce, qui plus est en état de grossesse. Sans oublier qu’ils sont tous voisins. Ce qui fait s’interroger sur la moralité de la victime qui, par ailleurs, a été élevée par les Gbèda, a appris son métier chez eux… Toutes considérations qui amènent Me Togbadja à interpeller la Cour : «Si c’était vous, Gbétchéou Houssou Gbèda ?» et à réclamer souplesse et pédagogie dans la sanction. Surtout que, soutient-il, il n’est pas évident que les acteurs aient décidé en amont de tuer Justin. Pour se demander ensuite s’il ne s’agit pas simplement d’un meurtre dans ce dossier, découlant d’une vendetta. Et d’enchaîner que les éléments contre son client sont hypothétiques, que celui-ci n’a pu participer à aucune concertation préalable tout comme il n’a pu participer aux faits… D’où aucune responsabilité ne peut lui être imputée en l’espèce et, partant, il doit être acquitté purement et simplement.
Tâche moins aisée pour Me Luc-Martin Hounkanrin qui est venu au procès pour sortir Gbétchéou Houssou Gbèda des liens de l’accusation. Mais qui, invité par le président Félix Dossa à faire bref, préfèrera laisser la Cour apprécier comme bon lui semble. Finalement autorisé à plaider, il relève que le ministère public qui a bien dépouillé le dossier, aurait pu aller plus loin. Son client, dit-il, a entrepris de vérifier les allégations de son épouse et l’affaire a tourné au vinaigre. Car en homme responsable, il n’a jamais envisagé d’en finir avec Justin. Puis, Me Hounkanrin va enseigner que la jalousie est au cœur de ce dossier, que les hommes sont les plus jaloux et que cela est normal. Seulement, dans ce dossier, l’action a été plus vite que la pensée, fait-il observer avant de récuser la thèse de l’assassinat. Pour convenir qu’il y a bien eu meurtre mais que Gbétchéou Houssou Gbèda n’est certainement pas celui qui a tué. Raison pour laquelle il faut l’acquitter pour lui permettre de rentrer chez lui.
A Me Vincent Tohozin, qui aurait volontiers titré cette affaire « Le péché de la femme fidèle », il a paru aussi utile de saluer l’honnêteté intellectuelle du ministère public. Pour ensuite relever que Jeanne Hounhoui n’a jamais sciemment participé à la commission de l’infraction en cause. Elle ne savait même pas si son mari avait pour intention d’ôter la vie à la victime. Ainsi, au plan intentionnel, point d’élément à retenir contre elle. Elle qui aura été même bouleversée par la vue des photographies de la dépouille de Justin, parsemée de blessures. Jeanne, c’est une femme qui en aura assez vu en quatre ans de détention, qui garde des séquelles éloquentes de cette expérience, et veut bien retrouver ses filles, la dernière étant née en détention. Mais «qu’a-t-elle fait de mal ?», s’écrie Me Tohozin, pour sensibiliser davantage la Cour à la cause de sa cliente.

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S’appesantir sur les faiblesses du dossier

Enfin, Me Yves Kossou, commis aux intérêts de Cossi Gbèda, préfère s’appesantir sur les faiblesses du dossier. Au nombre desquelles l’absence des armes du crime, les photos qui ne sont que des commencements de preuve et qui sont prises par un contrôleur d’action sanitaire, puis enfin l’absence d’acte de décès. Il rappelle un dossier passé dans lequel l’accusé a été acquitté pour trop de faiblesses et défaut d’arme du crime. Mais si malgré ces évidences, la Cour doit condamner, elle devrait considérer, à tout le moins, l’excuse de provocation tenant à la qualité de femme au foyer, enceinte de surcroît, de la dame objet de la convoitise de Justin. Le tout, pour faire une application raisonnable de la loi.
A la suite de leurs avocats, les accusés sollicitent la clémence de la Cour. Celle-ci, fondant sa religion sur les débats, a jugé que Jeanne (poursuivie pour complicité d’assassinat), Gabriel et Assoclé ne sont pas coupables des faits à eux reprochés. Mais que Cossi et Gbétchéou le sont. Aussi les a-t-elle condamnés à la peine de dix ans de travaux forcés. Liberté recouvrée pour les trois premiers donc, et retour en prison pour six ans encore pour les deux derniers.