Ecole Fifontin Minhouigbédjiton « Gbékoun » : Les premiers élèves à l’épreuve

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Ecole Fifontin Minhouigbédjiton « Gbékoun » Les premiers élèves à l’épreuveDes candidats devant les premières épreuves

Depuis lundi 7 février dernier se tient à l’école dite Fifontin Minhouigbédjiton sise au quartier Djègbé à Abomey, un examen bien particulier. Il s’agit d’un examen équivalent du Cep. Il se fait exclusivement en langue Gbékoun. Les candidats qui ont fait un cursus de 7 ans sont soumis aux épreuves devant leur permettre de changer de cycle.

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Il est 7 h ce lundi matin dans ce centre de composition. C’est un jour particulier pour les cinq candidats qui composent dans les épreuves de cet examen. Un examen qui se déroule en langue « Gbékoun ».
Ici, il est formellement interdit de s’exprimer en langues étrangères telles que le Français ou l’Anglais. C’est exclusivement le « Gbékoun » qui y est parlé.
Et les jeunes candidats devant les feuilles de composition ont derrière eux sept années académiques. Ils sont assez outillés pour affronter la dizaine d’épreuves pendant cinq jours. Ici, tout se fait en « Gbékoun » qui est une écriture purement africaine. Elle est faite d’un alphabet basé sur 33 lettres dont 24 consonnes et neuf voyelles. Cet alphabet est à la fois syllabique et phonétique, ce qui permet d’écrire toutes nos langues nationales. Il faut dire qu’à l’audition, le « Gbékoun » est plus condensé et approfondi que la langue Fon. Ceci permet à ceux qui le comprennent des échanges de toutes formes.
Selon Hodonou Gbènoukpo, l’un des responsables de ce centre de composition, comme dans toute école, les apprenants ont reçu au cours de leur cursus une solide et riche formation qui leur permet de découvrir une richesse intarissable de notre pays qu’est l’alphabet « Gbékoun ».
Il sera appuyé par un parent d’élèves, Sèdolo Nounagnon, qui a inscrit trois enfants dans cette école. Pour lui, cette école est authentiquement africaine et constitue le socle sur lequel nos pays se reposeront demain. « Le Gbékoun est une richesse intarissable de notre pays », admet-il.
La délégation du ministère des Enseignements maternel et primaire conduite par Barthélemy Tonadji a été séduite par la qualité de ce qui se fait à l’Ecole Fifontin Minhouigbédjiton qui organise ainsi son premier examen ce lundi. Avec méthode et rigueur, tout se fait pour valoriser l’homme africain. Barthélemy Tonadji indique que le ministre des Enseignements maternel et primaire ne manque pas d’intérêt pour ce centre d’éveil qui travaille pour l’adoption d’une nouvelle conscience. Et d’ailleurs, il n’est pas exclu que les responsables de cette initiative soient reçus en audience les jours à venir par l’autorité.
Il est à noter que ce qui se fait par le groupe Gbékoun n’est pas négligeable. Des ouvrages et des enseignants sont disponibles pour cette marche en faveur de la décolonisation. Et ces apprenants qui font les premiers pas vers cette philosophie constituent la génération sur laquelle repose l’espoir du nouveau réveil des noirs.
L’examen prend fin le vendredi prochain avec des épreuves sportives.

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