Edito: Le diable par la queue…

Par Paul AMOUSSOU,

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Il sera bientôt loin, le temps où le terme vacataire avait une connotation péjorative. Ainsi en a décidé le président Patrice Talon à travers la contractualisation inattendue offerte aux enseignants qui jusque-là ont végété dans une certaine précarité.  Cette précarité est due au fait même du mode d’emploi et de traitement des vacataires dans l’enseignement. Ceux-ci ne bénéficiaient d’aucune prise en charge sociale et leur rétribution était soumise aux aléas de leurs employeurs à savoir les collèges.  Ce qui les exposait à une misère ambiante.

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Sans statut, payés en retard, obligés d’exercer cumulativement dans plusieurs collèges pour pouvoir arrondir leur fin de mois, ils tiraient le diable par la queue…
Il n’en faut pas davantage pour réunir les symptômes d’un emploi précaire. Aussi, leur est salutaire, l’initiative prise par le gouvernement actuel pour atténuer la pénibilité dans l’exercice à cette catégorie d’enseignants assimilés, sans qu’on ne le dise vraiment, à des enseignants de seconde zone alors qu’ils ont le mérite d’avoir sauvé l’école béninoise du naufrage. Le déficit en enseignants, patent au Bénin, ayant été corrigé grâce à cette cohorte de ‘’volontaires’’ engagés dans l’enseignement, et plutôt qualifiés pour la cause, en général.
La bancarisation, imposée pour la gestion de la paie des vacataires par la puissance publique, aura structuré quelque peu leur situation en ce qui concerne la rétribution. Un bon début auquel il faut ajouter leur recensement à travers la réalisation d’une base de données sur les aspirants à la fonction enseignante, une amélioration de leur statut que la contractualisation initiée par le gouvernement vient corroborer. C’est une formalisation, à tout point de vue, qui a fait défaut à ce profil d’enseignants jusqu’à présent. En tout cas, un bon début dans le processus d’amélioration de leur statut.  En soi, c’est une situation de sédentarisation qui leur est donnée. Mais ce n’est pas tout, car à terme, ils bénéficieront des renforcements de capacité au même titre que leurs pairs agents contractuels et agents permanents de l’Etat.
Autant de mesures structurantes, sous la conduite de l’Agence nationale pour l’emploi, qui contribueront à l’amélioration de leurs rendements, car de fait ils ne vont plus distraire leurs énergies à aller par monts et par vaux afin d’engranger les heures de vacation.
Sans doute que les intéressés espèrent davantage pour conforter leur statut d’enseignant. Notamment qu’ils n’aient plus à devoir affronter les périodes de soudure que constitue pour eux le temps des vacances, ne bénéficiant d’aucune paye courant ces mois. Même si cela se justifie, car ils sont payés à l’heure. C’est fatal. Mais les vacataires ne doivent pas perdre patience et piaffer d’impatience, dans un esprit corporatiste dont seuls les enseignants ont le secret, et à vouloir tout maintenant et tout de suite. Ce serait se tirer une balle dans le pied, car le gouvernement n’a pris l’initiative d’arranger leur situation  sous aucune autre contrainte que celle de restructurer.  Il l’a fait sans que personne ne l’y contraigne mais dans un souci de restructuration que justifient autant les tests faits aux aspirants que l’évaluation d’autres enseignants. Qui dit restructuration dit remise en ordre, mais aussi réadaptation fonctionnelle. Il faut avancer un pas après l’autre, sans précipitation…Et, il faut bien admettre qu’à cet exercice, le gouvernement actuel est champion à l’image de son chef qui a de la suite dans les idées, extraordinairement, et un sens de l’anticipation dont on peut être admiratif…Les vacataires  peuvent donc le créditer d’être empli de bonnes dispositions à leur égard.

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