Edito: Une formidable opportunité

Par Paul AMOUSSOU,

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A quelque chose, malheur serait bon, dit-on trivialement. Il en est ainsi de la fermeture unilatérale par le Nigeria de ses frontières avec le Bénin. Indéniablement, il s’agit d’une situation inconfortable, surtout pour les Béninois qui commercent avec le Nigeria ou qui ont fait de ce pays leur vache à lait. Et vice versa. Réputé Eldorado et vanté comme tel depuis toujours, il n’est pas rare d’entendre dire que les Béninois manquent de traire comme il se doit cette vache-là !  Et c’est vrai. Avec plus de cent millions d’âmes, il y a des besoins de consommation à combler par ce vaste territoire. Mais le développement connu récemment dans les relations avec le voisin de l’Est, doit toutefois donner à réfléchir.

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Non pas à refroidir les ardeurs à commercer avec le voisin de l’Est. Non, car comme disent les Anglo-saxons, business is business, les affaires sont les affaires. A tout le moins, cette situation constitue une formidable opportunité de réflexion sur les points d’ancrage de coopération, d’appréhension de cet Eldorado tant célébré !
La tournée effectuée par certains ministres pour s’enquérir des préjudices causés par la fermeture des frontières aux affaires des Béninois, renseigne largement à ce propos. Des échanges, il ressort notamment des réflexions pour pallier la dépendance au marché nigérian, des pistes sont explorées afin que certains produits alimentaires de base ne soient plus centrés exclusivement sur le Nigeria, destinés à ce seul et unique marché. C’est connu, et c’est très malin, il vaut mieux avoir plusieurs cordes à son arc. L’adage n’a jamais été aussi prégnant, dans la réalité des producteurs de tomates, d’ananas et autres denrées prisées par les Nigérians, et que des Béninois produisent primordialement en direction de ce marché il est vrai porteur.
Ce phénomène couve une certaine dépendance qui peut être toxique comme on s’en rend compte, et cause en plus du tort aux consommateurs béninois, en raison de ce que certaines denrées prisées sur le marché nigérian se font en saison rares au Bénin et subissent une certaine inflation. Il en est ainsi des produits maraichers qui sont parfois inexistants dans les régions productrices, contraignant les locaux à recourir aux produits venus d’ailleurs voire même de pays étrangers. Oignons, féculents, tomates, figurent dans ce registre. En somme, les Nigérians se nourrissent aux dépens des Béninois qui subissent passivement les effets de l’inflation que cela induit. Et d’où vient, en sus, que leurs dirigeants, dans un élan de complexe de supériorité qu’il faut relativiser, se convainquent de fermer les frontières aux dépens du Bénin ? Il y a un paradoxe qui saute aux yeux. Il faut le relever et lever à l’occasion toute équivoque. La piste de transformation des produits agricoles, explorée par les autorités béninoises, pour rompre avec cette tradition quelque peu de dépendance, parait un bon début pour changer de paradigme. Non pas qu’il ne faut plus commercer avec le Nigeria, mais le faire suivant une politique conçue à cet effet et dans la perspective d’une vision bien orientée. Il faut, ce qui fait défaut jusqu’à présent, de la structuration et une rupture radicale avec l’informel qui caractérise jusqu’à présent les rapports commerciaux entre le Bénin et le Nigeria.

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