Éditorial de Paul Amoussou: La nouvelle tutelle communale

Par Paul AMOUSSOU,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Éditorial de Paul Amoussou: La nouvelle tutelle communale

Editorial de Paul Amoussou du Journal La NationEditorial de Paul Amoussou sur Alpha Condé

Les pouvoirs des partis politiques sont davantage renforcés avec les réformes récemment initiées. D’abord, par l’incitation à opérer de grands rassemblements, disposition nouvelle dont la sentinelle reste le quorum de validité de 10 % que toute formation politique participant aux législatives et aux communales doit réunir pour être pris en compte dans le partage des sièges. Cette règle de ‘’mort subite’’ est dure, mais elle offre l’avantage de mettre un peu de rigueur dans le jeu politique béninois qui en a bien besoin, il faut en convenir.

LIRE AUSSI:  Avec la note B+ de Standard & Poor’s: Le Bénin se positionne dans le peloton de tête des pays d’Afrique

De la nécessité d’une rigueur, l’indiscipline observée au sein des conseils communaux par suite des dernières communales, en a montré l’utilité à plusieurs égards. Cette agitation notée chez certains élus locaux à remettre en cause la ligne tracée par les dirigeants des partis a amené le Parlement béninois à prendre ses responsabilités, à légiférer pour mettre un terme à la pagaille. Ce fut à travers la loi complétive interprétative prise pour parer au désordre que certains nouveaux élus communaux allaient instaurer en exploitant les failles des textes. La loi dite complétive a ceci de nouveau qu’elle a mis les partis devant leurs responsabilités, sans détour, sans artifice superflu. Toutes choses qui mettent encore plus en relief le leadership des partis politiques dans la gestion de la cité, qu’elle soit nationale ou locale.
Il faut saluer, c’est heureux, le fait que ces formations politiques aient compris l’enjeu au point d’organiser des conclaves et séminaires au profit de leurs élus, afin d’indiquer le cap que doivent garder les élus communaux pour le développement local. Mais les partis ne sauraient se substituer aux administrateurs que sont les maires, ni s’ériger en gendarmes derrières ceux-ci. Cette fonction étant dévolue aux préfets, il leur revient, en l’assurant, de veiller à la bonne administration des collectivités locales. Ils ne le savent que trop d’ailleurs, eux qui ont subi, noté les travers dont se sont rendus coupables certains dirigeants communaux.

LIRE AUSSI:  Bon déroulement du 1er tour de l’élection présidentielle : Les lauriers du Médiateur de la République au peuple béninois

Cependant, la tutelle exercée par les préfets doit s’inscrire désormais dans la dynamique d’efficience de l’agence gouvernementale qui entend désormais accompagner les communes pour des résultats probants. Autrement dit, une tutelle plus regardante, et non pas celle qui s’accommode des pratiques non vertueuses au motif de l’ignorance dont certains dirigeants locaux sont frappés en ce qui concerne l’orthodoxie à observer dans la gestion des affaires publiques. La mansuétude n’a plus sa raison d’être avec cette nouvelle mandature qui doit répondre à l’impératif du développement local, dans la même veine que l’approche retenue sur le plan national. L’une ne pouvant fonctionner sans l’autre, tels des vases communicants, les exécutifs communaux doivent répondre à l’impérieuse nécessité d’une gestion efficiente prisée par l’actuel pouvoir central.