Éditorial du 28 Mai 2021 : Le cap…

Par Paul AMOUSSOU,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Éditorial du 28 Mai 2021 : Le cap…


Jeu de chaises musicales, remue-ménage dans les ministères, échange de parapheurs, etc. Il est bien loin ce temps où les ministres changeaient au gré des élections, qu’il s’agisse d’élections législatives voire communales ou encore plus après un scrutin présidentiel. La donne a changé, parce que le président Patrice Talon tenait à avoir un cap clair, en capitaine qui tenait la boussole et le compas bien en main, et surtout rempli de certitude que point de vent favorable au timonier qui ne sait où il va et qui ne s’entoure pas d’un équipage soudé.

LIRE AUSSI:  Audience spéciale publique à la Cour constitutionnelle: Cinq décisions rendues et deux requêtes renvoyées (La Cour fait appel aux experts sur une question d'égalité entre ethnies)

Ainsi donc, il n’aura que peu remanié, tout le contraire de ses prédécesseurs. Et une fois réélu, il maintient son attelage à la surprise des Béninois habitués au yoyo des remaniements. « Même si la fonction est avant tout politique, je n’entends pas faire du clientélisme politique », soutient cet iconoclaste commandant de bord qui donne, ce faisant, le mal de mer à certains de ses partisans qui s’étaient convaincus d’intégrer le saint graal gouvernemental.

C’est clair désormais qu’il ne suffit pas d’avoir crié « Talon hoyééé » plus fort que tout le monde pour jouir de ce qui reste aujourd’hui, plus que jamais, un privilège ! Il faut se faire une raison et se convaincre plutôt d’avoir mené le bon combat lors de l’élection présidentielle en l’occurrence, se réjouir d’avoir pris part à la bonne équipée, celle qui porte les bonnes ambitions pour le développement du pays, à savoir de l’eau potable pour tous, la fin de la détresse énergétique, l’amélioration du cadre de vie, etc. Toutes les avancées enregistrées par un gouvernement que l’on porte, pour le bien-être général, doivent être avant tout une juste consolation pour tout partisan, toute gratification spécifique ou personnelle reçue par ce dernier devant être la cerise sur le gâteau qui, il est vrai, n’est pas pour déplaire.
Cela étant, ce serait bien naïf de croire que le monde politique béninois assimile déjà une telle approche des choses. De plus, ici comme ailleurs, tout partisan attend une récompense à la mesure de ses engagements, et espère vivement bénéficier des fruits de la victoire. Et d’intégrer l’équipe gouvernementale est de loin le gain le plus espéré !
Et c’est là le piège que recèle le clientélisme politique, car la plupart des présidents changeaient de ministres de ce fait, pour entretenir un système, pernicieux, qui tient et auquel tient le microcosme politique et grâce auquel il fait ses choux gras. Or, pour conduire une action gouvernementale harmonieuse, sans perdre du temps, celui que prend en général un nouveau ministre à s’acclimater avec ses dossiers, il faut tenir compte des profils, faire la chasse des (bonnes) têtes et non pas procéder à des nominations (surtout ministérielles) par complaisance. D’où l’intérêt de l’idée d’un mandat présidentiel unique significatif d’un projet porté par une équipe et ayant un cap clair…

LIRE AUSSI:  Criet/Affaire bradage de 39 ha à Abomey-Calavi: Le délibéré rabattu et les débats rouverts