Éditorial de Paul Amoussou: L’esprit des lois

Par Paul AMOUSSOU,

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Editorial de Paul Amoussou du Journal La NationEditorial de Paul Amoussou sur Alpha Condé

Au regard des embrouilles orchestrées par quelques élus locaux velléitaires et véritables goulots d’étranglement de la mise en place des exécutifs communaux, il faut croire que le microcosme politique n’est pas encore débarassé de toute sa gangrène. Ces éléments perturbateurs, ces spécimens du personnel politique qui n’ont pas encore compris la dynamique appelant au changement de paradigme. Avec les réformes politiques, il est attendu que certains procédés et pratiques (mauvais) devraient changer, les approches déplorées également, mais aussi l’état d’esprit. Il n’en est rien encore, du moins en profondeur.

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Les contraintes contenues dans la charte des partis politiques et le code électoral ont, certes, forcé la main aux acteurs politiques qui avaient du mal à se dépêtrer des pratiques condamnables du système politique antérieur, à changer leur fusil d’épaule à défaut de changer fondamentalement, faisant bon cœur contre mauvaise fortune.
Certains d’entre eux qui prêchaient pour le statu quo, ont dû se raviser pour rentrer dans les rangs et intégrer la nouvelle dynamique. Si l’on retient les Fcbe dans cette catégorie, il est notable que d’avoir intégré cette dynamique leur sourit en définitive, car à défaut d’avoir obtenu des sièges aux dernières législatives, les voilà réconfortés avec des élus locaux et, pompon sur le bonnet, même des mairies à diriger. Et pas des moindres.
Quid de l’état d’esprit sur le landerneau politique en général ? Tous les acteurs politiques ont-ils intégré les changements consubstantiels aux nouvelles dispositions qui régissent le microcosme politique ? À l’épreuve de ce qu’il faut considérer comme des failles des nouveaux textes, un mauvais état d’esprit que les nouvelles dispositions sont censées corriger s’est, à nouveau, exprimé lors de l’élection des maires qui s’est déroulée sur fond de chantage, de marchandage, surtout d’indiscipline, des pratiques condamnables, et qui ne devraient plus avoir droit de cité. Mais non ! Chassez le naturel, il revient en politique au galop avec les appétits et ambitions qui s’aiguisent et s’expriment aux dépens des idéaux, en portant entorse à la vertu et la discipline de groupe que sous-tendent les nouvelles règles politiques. Il a fallu donc légiférer à nouveau, pour colmater les brèches que certains esprits malins ont tôt fait d’exploiter.
C’est du moins le sens qu’il convient de donner à la loi complétive et interprétative prise par les députés en procédure d’urgence pour régler la question du choix des maires et adjoints au maire, choix devenu problématique, il faut en convenir, une fois les élections terminées et que l’heure de désigner les dirigeants communaux a sonné. Un phénomène devenu vite viral, à la surprise générale, et qui donne raison à ce penseur qui soutient qu’il y a la loi mais aussi l’esprit de la loi. Un autre philosophe a vu juste aussi en disant que les lois sont ce qu’elles sont, c’est-à-dire ce que les hommes veulent bien en faire. Le Bénin vient de faire l’expérimentation de ces théories. Expérience heureuse, car elle aura permis de relever et de corriger les imperfections d’une loi progressiste mise à mal par quelques esprits malins. Que serait notre civilisation sans des lois pour l’encadrer ? La réponse vient de nous être fournie par l’évolution connue par l’élection des maires. Il aura suffi d’une loi qui vient compléter le code électoral et l’expliciter pour que le yoyo cesse, pour que l’anarchie observée prenne fin. Comme quoi, on n’arrête pas le progrès.

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