Editorial de Paul Amoussou: Takokélé !

Par Paul AMOUSSOU,

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Les résultats du scrutin présidentiel du 22 novembre dernier, donnés ce jeudi par la Commission électorale burkinabè, attribuent la victoire au président Roch Marc Christian Kaboré. Et ce dès le premier tour. C’est ce qu’en Moré, on appelle Takokélé ! Autrement dit, un premier tour K.O.

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Retentissante, cette victoire au premier tour résulte d’une gouvernance qui s’est voulue à cheval sur les enjeux du pays et les problèmes des Burkinabè auxquels des solutions ont été trouvées dans la mesure du possible, de façon intelligente et résiliente. De fait, si le Burkina Faso, frappé de façon inattendue par le terrorisme, est resté debout ces cinq dernières années, c’est bien parce que s’est trouvé aux manettes un président qui a su puiser dans son génie les ressources nécessaires pour régler ce problème et d’autres encore. Roch Marc Christian Kaboré, tout en renforçant l’armée burkinabè devenue plus apte à faire face au terrorisme, tout en répondant à la demande sociale, a su également créer un espace de discussion avec ses pourfendeurs politiques, avec chevillé au corps le destin du Faso qu’il voulait loin des écueils.

Il vient d’en être bellement remercié par ses compatriotes. Mais pour autant, il a le triomphe modeste : « Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit. Frappant !
Autre fait frappant, en écho à cette voix consensuelle, reste la voie préconisée par l’opposition burkinabè face aux résultats de la présidentielle qui ne lui sont pas en définitive favorables. Elle a choisi la voie légale, c’est-à-dire la voie de la raison, pour se faire entendre le cas échéant, préférant selon ses mots « préserver la paix, la stabilité et la sécurité au Burkina Faso en plaçant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération ».
Une belle leçon, dirait-on, donnée à Trump dont le syndrome de déni de la réalité des urnes ne s’est pas concrétisé au Burkina. Cette posture adoptée par l’opposition burkinabè, loin d’être anodine en Afrique, est significative d’un état d’esprit nouveau, surprenant, qui déroge aux habitudes de contestations systématiques de résultats électoraux. Salutaire, en soi !

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