Editorial de Paul Amoussou: Vive la transgression !

Par Paul AMOUSSOU,

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La dette publique française culmine à plus de 115 % de son Pib. Et à en croire les chiffres officiels, les caisses du Trésor public français sont vides. Aussi, la France n’a d’autre alternative que de s’endetter pour que son économie ne sombre pas. Le président Macron et son ministre des Finances, de l’économie et de la Relance se passent le mot pour marteler qu’ils feront ”tout ce qui est possible” pour que l’économie française ne sombre pas.

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A cette fin, ils font feu de tout bois et font notamment recours aux marchés financiers pour emprunter à tour de bras, et font marcher la planche à billets, afin de disposer d’assez de liquidités pour tenir en vie les entreprises vitales qui survivent grâce à l’aide de l‘Etat, de même que les emplois aidés, ces emplois qui portent bien leur nom car sans l’aide publique ils disparaîtront.
La France, face à la crise économique née de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus, est loin d’être le seul pays du monde libéral à user du même subterfuge pour survivre. L’Allemagne, grande prêtresse de l’orthodoxie budgétaire procède de même, tout comme la grande Amérique du tout libéral ! L’oncle Sam a avalé son chapeau libéral au point de se confondre au Satan communiste.

Et la grande pieuse Allemagne, soudain, communie avec ces satanés adeptes de l’Etat providence ! Et encore, c’est peu dire ! Vive la transgression, et que soient damnés Adam Smith, John Locke et consorts. De quoi faire ricaner Marx et Samir Amin dans leurs tombes ? Pas pour autant, car le revirement que nous observons dans le monde libéral frappé de plein fouet, par surprise, par le Covid-19, s’appelle du pragmatisme. Une politique qui fait son effet au Bénin depuis 5 ans sous la férule de Patrice Talon, qui n’hésite face à aucune transgression, dans un pragmatisme lucide. Et il a raison d’emprunter les recettes efficaces, sans s’encombrer de dogmes surannés et de préceptes dont on se rend compte actuellement que les grands maîtres n’ont aucun scrupule à se débarrasser, pour les besoins impérieux de l’heure.
Doit-on pour autant croire qu’est ainsi prononcé le requiem de la rigueur budgétaire et tout le tintouin prôné par les grands prêtres du libéralisme ? C’est un pari qu’il faut se garder de prendre, même si l’on note clairement le retour en force de l’Etat providence partout où il était proscrit !

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