Editorial de Paul Amoussou:La Constitution en une génération

Par Paul AMOUSSOU,

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La Constitution du 11 décembre 1990 vient de boucler ses trente ans ! En une génération, elle aura fait ses preuves, et la République, née au lendemain de la Conférence nationale, qui lui est consubstantielle reste pérenne, ceci en dépit du réaménagement fait récemment.

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Dans le fond, à ce qu’il parait et sans qu’aucune étude ne nous dise vraiment pourquoi, les Béninois tiennent surtout à deux points clés de cette Constitution comme à la prunelle de leurs yeux : la limitation de l’âge et du nombre de mandats !
Est-ce là l’effet de la longue parenthèse dictatoriale de Kérékou qui les aura vaccinés contre toute perspective de règne lancinant du reste toxique ?

Toujours est-il que réviser la Constitution béninoise actuelle relève d’un tabou plus lourd que déplacer de son lieu d’implantation la plus sacrée des divinités vodoun ! Dieu sait pourtant que cette Constitution n’est pas exempte de reproches, et que la marche vers le progrès peut appeler à son réaménagement sans que son initiateur passe pour le vilain petit canard qui viole le sacré des sacrés ! Certes, il y a eu quelques tentatives de viol vite retoquées par le Juge constitutionnel qui a su mettre au pas à chaque fois les apprentis-sorciers qui en sont porteurs.

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Mais de là à ce que les Béninois restent crispés sur l’hypothèse de toute révision, en chat échaudé qui craint l’eau froide, la voix de la raison intime plutôt à éviter tout amalgame préjudiciable au progrès de notre nation commune. Il est de ces conservatismes qui sont, dans l’absolu, de mauvais aloi ! Et ce fut le cas, en 2017, car le projet de révision portait sur le renforcement de la démocratie béninoise, notamment en ce qui relève de la séparation des pouvoirs, principe sacro-saint de toute démocratie libérale qui se respecte. Le Bénin, alors miné par une intoxication massive sous la férule de quelques intellectuels qui entendaient ainsi montrer toute leur habileté malicieuse, aura raté le coche d’une avancée démocratique certaine ! Le débat public a ses aléas avec lesquels ne sauraient rivaliser les convictions et les volontés les plus résolues. Qu’à cela ne tienne…