Éditorial du 23 septembre 2021 : L’arbre à palabres ?

Par Paul AMOUSSOU,

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Editorial de Paul Amoussou du Journal La Nation

Le temps qui peut tout a fini par faire jouer ensemble Lionel Messi et Sergio Ramos. Le temps qui peut tout avait bien fini par sortir le pape de son cadre doré à Rome pour l’amener désormais vers les croyants, faisant démentir l’adage. Et le temps qui peut décidément tout a fini par faire dialoguer en toute détente Patrice Talon et Boni Yayi. Ce dernier, quelque peu dépaysé par le cadre qui fut naguère le sien alors qu’il était au service de la République, heureux de voir un palais de la République métamorphosé, n’avait, c’est heureux, pas le masque de la crispation.

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Quant à son hôte, toujours aussi droit dans ses bottes, il assuma bien son rôle d’hôte, en toute cordialité. Est bien loin le schéma finaud du palais des bords de l’Ebrié lors de la rencontre quelque peu forcée à Abidjan en avril 2016 sous les auspices du président Ouattara ! Oublié le rendez-vous manqué de Cotonou sous les bons offices de la Cedeao ! Il est venu le temps des œillets et, espérons-le, bientôt, celui des cerises. Car si Boni Yayi s’est déplacé au palais de la Marina ce mercredi et a été reçu en ce jour très chargé de Conseil des ministres, ce n’est certainement pas parce qu’il y avait péril en la demeure, mais parce qu’a sonné l’heure pour les deux hommes, amis puis farouches adversaires politiques, de se parler sans électricité dans l’air. Mais encore, on s’en doute, parce que les deux hommes ont bien des choses à se dire, et surtout parce que l’invité et prédécesseur de Patrice Talon à la Marina est porteur de doléances. Et ce fut le cas, de l’aveu de Boni Yayi. Il ne lui est pas permis de s’étendre sur tous les objets du tête-à-tête, mais l’essentiel est connu et même facile à deviner pour peu que l’on se tienne régulièrement informé de la météo politique et que l’on s’est acclimaté à la sociologie politique nationale actuelle.
Utile rencontre, à bien des égards. En tout cas, si l’on prête l’oreille à l’écho qui en découle dans l’opinion nationale et ce qu’en ont dit les deux principaux concernés. Un pas important de franchi pour chasser l’ombre du nuage, innommable, qui flotte depuis les législatives de 2019 sur le paysage politique béninois. Certains l’appellent « crise », d’autres moins dramatiques parlent de « crispation » …Qu’en est-il réellement ? Du moment où les institutions de la République fonctionnent normalement, tombe l’hypothèse d’une « crise ». Mais il y a une certaine crispation du fait de considérations politiques, pour ainsi dire. Il faut trouver les moyens du dégel. Mais non pas en sacrifiant les fondamentaux de la République comme on en a pris l’habitude en Afrique du fameux « arbre à palabres ».

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