Éditorial du 28 Juin 2021: Vous avez dit taux de participation !

Par Paul AMOUSSOU,

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Comment ne pas s’intéresser aux élections régionales françaises, dont le second tour, tenu ce dimanche, est sanctionné par un taux d’abstention de plus de 65 % ? Face à un tel taux d’abstention, qui interpelle les observateurs de la vie politique française, une analyse s’impose. Pourquoi une telle désaffection des Français vis-à-vis des urnes ?
En soi, peut-on parler de désaffection, voire d’illégitimité des élus de ce fait ou de recul démocratique ?

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Certes, dans toute démocratie, et plus encore dans une démocratie établie comme celle française, il faut s’émouvoir des chiffres relatifs à la participation. Mais il faut se garder de tirer toute conclusion hâtive, car dans le cas d’espèce comme dans tout autre, tout est fonction du contexte, en France comme au Bénin, aux Etats-Unis comme au Rwanda. Chaque pays est confronté à ses réalités, à son destin, et se doit d’y faire face, de relever les défis du moment qui s’imposent à lui. Sans qu’il ne soit question de jugement de valeur, que se permettent bien souvent certaines chancelleries étrangères, qui s’érigent en donneuses de leçons aux pays africains, dans une ignorance crasse des réalités intrinsèques. Principe pour principe, elles ne sont pas rares, les raisons pour ceux qui sont habitués d’en recevoir de donner eux aussi des leçons, en matière démocratique ou de respect des droits de l’Homme, dans un renversement des rôles qui s’avère de plus en plus légitime à bien des égards, dans l’évolution que nous observons de la marche du monde.
Dans un contexte global de pandémie liée au coronavirus, la cause de la désaffection constatée à l’endroit des urnes est vite identifiée. Demander à des électeurs sensibilisés à devoir se prémunir contre la Covid-19 d’aller voter pour des politiques dont ils pensent, en général, si peu de bien, relève d’un tour de force. En l’occurrence, situation aggravante, selon les instituts de sondage, les électeurs français ne tiennent plus en grande estime les acteurs politiques phares. Aussi, ont-ils perdu leurs repères face au chamboulement du paysage politique marqué par l’émergence des extrêmes, de droite comme de gauche, qui conditionnent désormais le jeu politique en France et font bouger les lignes.
Cette nouvelle donne et les recettes des extrêmes prennent le pas d’autant plus que la dynamique incarnée par Emmanuel Macron et la République en marche a marqué le pas. Le bilan du locataire de l’Elysée est-il en cause ?
Cela relève d’un autre débat. Mais il faut dire que les temps sont durs pour tous les dirigeants politiques, sous tous les cieux. Et cela ne tient pas qu’à l’irruption de la Covid-19, mais aussi à un état d’esprit général face à la chose politique qui part en vrille, ici et là. Pour de bonnes raisons, mais aussi pour d’autres raisons largement discutables. Les enjeux économiques ne sont pas seuls en cause, de nos jours, car ceux écologiques ont pris une place incommensurable dans le jeu politique, surtout dans les pays occidentaux. C’est le cas en France où les acteurs politiques des extrêmes ne sont pas les seuls responsables du chambardement constaté, car la voix des Verts, des écologistes de tout acabit, vient aussi jouer au trublion, contribuant à une remise en cause sans précédent, au rebattement des cartes.

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