Editorial: L’épreuve

Par Paul AMOUSSOU,

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Il est des moments déterminants dans l’histoire d’un pays. La situation qui prévaut sur la scène politique actuellement en est un. Elle restera sans doute dans les annales de l’histoire sociopolitique nationale, quand bien même il s’agit d’un mauvais épisode dont on se serait bien passé. Que des politiques votent des lois et s’avèrent incapables de les mettre en application eux-mêmes défie le bon sens. On ne peut s’empêcher d’avoir un haut-le-corps lorsqu’on prend connaissance desdites lois.

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A l’évidence, elles sont peut-être d’application difficile, mais en tout cas pas des difficultés d’ordre insurmontable. Et quand bien même elles sont difficiles d’application, c’est bien le propre de la réforme du système partisan, dans son esprit, qui entend désormais faire barrage à la permissivité, au laisser-aller, en prenant des dispositions coercitives. Il fallait disposer en effet des obstacles afin que la politique, qui a perdu tout crédit au Bénin, retrouve ses lettres de noblesse. Il fallait bien des lois pour mettre un terme au règne des partis particules, des soi-disant partis qui se résumaient à la personne de leurs fondateurs, sans envergure nationale aucune…

Un paradoxe : la loi fondamentale du Bénin dit que le député n’a pas un mandat impératif afin que la représentation ne soit pas limitée dans la circonscription de l’élu, mais qu’elle soit plutôt de nature nationale. Une façon claire pour œuvrer en faveur de l’unité nationale. Ce qui n’empêche pas certains élus de l’être en étant élus sur la liste d’un parti sans envergure nationale, voire sans socle véritable. C’est un paradoxe, parmi tant d’autres qu’il fallait corriger. Et le Code électoral, tout comme la charte des partis en vigueur actuellement, se sont évertués à corriger quelque peu ces phénomènes, qui constituent des niches de fragilité pour la démocratie béninoise. Sans doute, ces lois ne sont-elles pas parfaites, pas plus que les précédentes, mais elles constituaient des avancées, dans la construction de l’unité nationale et la structuration tant recherchées chez les partis.
Il faut déplorer qu’avec toute la rigueur requise et voulue, elles n’aient pu entrer encore en application, par faute des acteurs politiques empruntés dans le rôle qui est le leur, à savoir l’animation de la vie politique.
En manque de structuration, incapables de se doter de personnels politiques, voire de militants dignes du nom tout simplement, les partis, la plupart, sur l’échiquier politique national brillent par leur incurie. La résultante de ces fragilités étant leur incapacité à conquérir le pouvoir, car en bientôt trente ans de renouveau démocratique, c’est une lapalissade de dire que les partis politiques n’ont jamais pu décrocher le graal, à savoir la présidence de la République où aucun de leur personnel n’a pu trôner. A l’épreuve, de la catharsis à laquelle les astreignent les législatives de 2019, il n’est pas surprenant de les voir à la peine, incapables de se sortir de ce mauvais pas dans lequel ils se sont engagés?

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