Editorial: Médecin, soigne-toi toi-même !

Par Paul AMOUSSOU,

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Au registre du florilège déraisonnable, les enseignants viennent d’en ajouter, énorme celui-là. A-t-on idée qu’un évaluateur par définition, se refuse, lui, à être évalué, pour des motifs fallacieux? Inexplicable ! Inconcevable ! Il faut s’imaginer dans la peau de l’enseignant devant s’expliquer, expliquer à ses apprenants, pourquoi il se soustrait, lui, à une évaluation, du reste programmée ; pourquoi il se refuse de composer pour prouver qu’il est capable d’être leur enseignant, digne de professer les notions sur lesquelles il les rabroue, les tance, les jauge, les note, eux autres…

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A l’évidence, certains enseignants, car il faut se garder d’amalgamer, ne font rien pour effacer le cliché éculé que l’opinion a fini par garder d’eux, à force de revendications interminables et de grèves pour peu ou prou ! Tant et si bien qu’ils se piquent au jeu, pris au piège de ce qui est devenu chaque année leur (mauvaise) habitude et dont ils ont du mal à se soustraire. Ce cliché renvoie à une espèce de geignards, éternels insatisfaits. Image d’Epinal d’un trou abyssal de revendications, assimilable au tonneau des Danaïdes. Heureusement, pour le bien de l’école et l’avenir du pays, que la nouvelle législation ne favorise plus les grèves intempestives.
Il est vrai que le corps enseignant, noble corps à qui nous sommes tous redevables, du président de la République au dernier alphabétisé, doit être conforté chaque fois davantage. Et ces dix dernières années, il l’a été heureusement, presque à satiété avec l’amélioration sensible de ses conditions de vie et de travail. Cela n’aura pas suffi. Et autant ne pas s’attendre à ce que cela suffise, et que ceux-ci crient : « satiété ! », « satiété ! », «cela nous suffit » ! Mais les enseignants n’étant pas les seuls à exprimer des demandes sociales au sein de la République, ils se doivent de se montrer raisonnables, car d’autres corps attendent d’être aussi chouchoutés qu’ils l’ont été eux, eux dont le statut a été sensiblement revalorisé ces dernières années.
La plaque revendicative des enseignants n’est pas ici en cause, certes, mais le boycott actif dont ils se sont rendus coupables dernièrement, relativement au programme d’évaluation qui leur est destiné, renvoie aux sauts d’humeur dont ils sont coutumiers. Il ne serait pas superflu de soutenir même que ce boycott actif de l’évaluation est comme une mesure de représailles contre le gouvernement que certains responsables syndicaux jugent sévèrement, coupable et condamnable selon eux d’avoir pris des (nouvelles) dispositions restrictives des mouvements de débrayage, dispositions restrictives en vérité des grèves faites à l’emporte-pièce, à tort et à travers. Le boycott de ladite évaluation doit être perçu comme tel. Encore que subsistent d’autres raisons de fond.
Au programme de l’évaluation, essentiellement la ‘’Pédagogie’’ et la ‘’Culture générale’’. Autant dire que ce n’est pas la mer à boire. On se demande bien pourquoi, certains enseignants, ils sont nombreux hélas, veulent s’y soustraire…Car d’évidence, ce n’est là rien que leur tasse de bouillie de tous les jours. A-t-on idée qu’un enseignant n’ait pas la pédagogie et que de culture générale, il ne puisse s’en prévaloir ? Ce serait une véritable affliction. Raison pour laquelle l’évaluation s’impose, s’avère incontournable, vu d’ailleurs les modes peu catholiques par lesquels certains enseignants sont entrés dans le corps il y a peu?

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