Éducation environnementale: Des actions fortes pour réduire la pollution à Togbin

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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L’état d’insalubrité à Togbin, un village de quatre quartiers, situé dans l’arrondissement de Godomey, suscite des actions. Celles-ci consistent à éduquer les populations sur les règles d’hygiène à observer pour maintenir leur cadre de vie sain.

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Sonon Tchéhouéa, directeur exécutif de l’Ong Amshart, bénéficiaire du projet «?Nettoyage et sécurisation des plages?», du Programme d’action du gouvernement porté par le ministère du Cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd) et ses brigadiers sont préoccupés par la situation d’insalubrité à Togbin, composé de quatre quartiers à savoir Togbin Daho, Togbin Kpèvi, Togbin Fandji et Lobozounkpa.
Profitant de la célébration de la journée mondiale d’éducation environnementale, ils ont entretenu et mis au propre des espaces publics des quartiers de Togbin. Ces actions qui contribuent à la lutte contre la pollution ont permis à Sonon Tchéhouéa, directeur exécutif de l’Ong Amshart de faire quelques observations. « Plus d’ordures le long du cours d’eau, plus de selles humaines dans les cours d’eau et nous devons sauvegarder les mangroves », confie-t-il,
recourant à l’expertise des brigadiers commis à l’entretien des plages depuis quelques années. Ces derniers ont acquis de l’expérience à travers l’entretien des plages désormais rendues propres. « Mais quel est l’impact de cette salubrité sur les localités environnantes ? Vous ne pouvez pas avoir une plage propre alors que les quartiers qui fournissent les travailleurs, les brigadiers sont malpropres »,
indique Sonon Tchéhouéa. C’est dans cette dynamique que l’Ong Amshart et ses acteurs ont décidé de rendre propres les places publiques de Togbin.
Victorine Mahinou fait partie des brigadiers qui entretiennent la plage. Selon elle, l’état d’insalubrité au quartier périphérique de Godomey aggrave la pollution environnementale et nécessite des initiatives pour garder le cadre de vie sain. Pour y arriver, elle souhaite l’implication des populations et l’assistance des autorités locales et communales, pour maintenir cette dynamique afin de sauver les habitants de ce quartier populeux de Godomey. « Nous souhaitons maintenir la propreté dans ce village. C’est pourquoi nous demandons aux communautés d’assainir leur cadre de vie, d’entretenir leurs latrines, d’éviter de déféquer à l’air libre, et de mettre fin au jet anarchique d’ordures ménagères »,
suggère Victorine Mahinou. D’après ses explications, le gouvernement a offert des facilités aux Ong en charge du ramassage des ordures. Elle a l’assurance qu’avec les sensibilisations, un jour les populations reconnaîtront l’utilité de la lutte contre la pollution environnementale. Pour sa part,Eléonore Gbétin, brigadière à la plage de Togbin,déplore cette insalubrité dans laquelle végètent les quartiers du fait des habitants. Ces derniers, souligne-t-elle, déversent les déchets anarchiquement dans la nature, défèquent le long des artères donnant accès à Togbin et dans les cours d’eau qui longent les quartiers. Il y a lieu d’agir, martèle-t-elle, sollicitant l’assistance de la mairie d’Abomey-Calavi pour réussir à garder Togbin propre.

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De la défécation à l’air libre

Le directeur exécutif d’Amshart Ong est satisfait de l’éducation environnementale inculquée aux habitants de Togbin dont la population, selon le quatrième recensement général de l’habitat et de la population de 2013 est de 17 666 âmes. Il a été mis en place une cellule de vulgarisation de l’hygiène communautaire, de récupération de bouteilles plastiques dans ce village. Cette cellule va organiser des descentes dans les maisons et les familles, pour leur dire ce qu’il faut faire pour que l’hygiène soit sauvegardée. C’est la condition sine qua non pour une lutte contre la pollution réussie à Togbin enclin à la défécation à l’air libre. Cet acte est récurrent dans ce village, selon les témoignages, et il est dû au manque de latrines. « C’est vrai que les latrines manquent », a fait remarquer Sonon Tchéhouéa. Selon lui, les gens n’avaient pas l’habitude d’utiliser des latrines publiques. Un partenaire a fait construire des latrines mais les populations ne les utilisent pas et préfèrent déféquer autour d’elles. Mais grâce à l’éducation, il y a deux ans, il est noté une amélioration, souligne-t-on. La lutte contre la défécation à l’air libre oblige donc à construire des latrines publiques dans ce village. Le gouvernement y pense, selon différentes sources, à travers les projets du Pag dans le domaine de l’environnement. Pour réduire ce fléau, l’acteur de l’Ong informe que l’éducation et la sensibilisation seront intensifiées sur l’usage des latrines existantes qui devront être assainies avant d’envisager, grâce aux partenaires, la construction d’autres.

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