Effets de la Covid-19 sur la profession d’infirmière

Par Collaboration extérieure,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Effets de la Covid-19 sur la profession d’infirmière

Infirmière

Basé à Genève, le Conseil International des Infirmières (CII), fédération regroupant plus de 130 associations nationales de la profession, représente plus de 27 millions de professionnels du domaine dans le monde. En décembre 2020, une enquête en ligne a permis d’obtenir une meilleure appréciation des réalités du terrain dans le contexte de la Covid-19. Il en ressort, entre autres, que 13 millions d’employés qualifiés pourraient manquer au cours des prochaines années pour faire face aux besoins mondiaux. Le point positif est la recrudescence de l’intérêt pour les activités de santé dans les pays riches.

LIRE AUSSI:  Séance de travail à la Haac: Les perspectives du Riarc au menu

Lors d’une rencontre virtuelle exclusive avec les membres de l’Association des correspondants accrédités auprès des Nations Unies (Acanu), le directeur général du CII, Howard Catton, a indiqué combien la profession d’infirmière et d’infirmier est affectée par la pandémie de Covid-19. Il a rappelé combien le personnel infirmier joue un rôle central pour instaurer la couverture sanitaire universelle et atteindre les objectifs de développement durable (Odd), liés à l’éducation, au genre, au travail décent et à la croissance économique partagée. Le personnel infirmier forme le plus vaste groupe professionnel du secteur de la santé, représentant environ 59 % des professions de santé.
En prévision de la Journée Internationale des infirmières (le 12 mai), le rapport publié par le CII partage les résultats de l’enquête conduite en fin d’année dernière. Plus de 73 % des associations nationales d’infirmières conviennent que la formation des étudiants a été perturbée en 2020 par la pandémie. Des retards ou des annulations d’épreuves ont été constatés dans 46 % des pays.

Ces perturbations ont entraîné des reports dans l’obtention de diplôme et pourraient avoir une incidence sur l’offre et le développement de la main-d’œuvre de ce secteur. L’organisation avait estimé que la pandémie entraînerait un manque de 2,5 millions d’infirmières dans les prochaines années. Le rapport de l’Oms intitulé Etat des soins infirmiers dans le monde 2020 prévoyait la création d’au moins six millions de nouveaux emplois d’infirmières d’ici à 2030, surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, pour compenser les pénuries attendues.

LIRE AUSSI:  Démarrage des cours d’alphabétisation en langue nationale ditammari:Des facilitateurs renforcent leurs capacités

Il pourrait en manquer 13 millions face aux besoins manifestés dans le monde. Certains s’inquiètent aussi des répercussions sur la qualité de la formation du personnel infirmier et de sa capacité à gérer le stress, aspect qui fait désormais partie des difficultés du métier.

Point positif

L’aspect positif des effets liés à la pandémie de la Covid-19 est que plus de 30 % des associations d’infirmières ont noté une augmentation du nombre de candidatures aux formations relatives à la profession. Cet engouement est principalement observé dans les pays à revenu élevé (71 %). En Grande –Bretagne, on a constaté une augmentation de 32 % du nombre des inscriptions dans les programmes de formation d’infirmières (automne 2020 & 2021). Le manque de personnel est constaté en Afrique, en Asie du Sud-Est et la Méditerranée orientale.

Le développement de l’enseignement en ligne est un aspect qui autorise une plus grande flexibilité et permet d’attirer des candidats d’horizons divers. Cependant, face à cette évolution du format d’enseignement, le CII se demande si, à terme, il n’augmentera pas les inégalités entre pays et régions. En effet, les cours en ligne requièrent un équipement approprié, l’accès à Internet et une bonne qualité du réseau, ce qui exclut la population qui n’est pas connectée. D’après les statistiques de l’Union Internationale des Télécommunications (Uit), 72 % des ménages résidant en milieu urbain avaient accès à internet en 2019, en revanche, en zone rurale, ils n’étaient que 38 %. En Afrique, la différence est encore plus criante à savoir 28 % de connexion en ville et 6,3 % en campagne.

LIRE AUSSI:  Séance de travail à la Haac: Les perspectives du Riarc au menu

L’étude menée par le Conseil International des Infirmières a aussi mis en évidence la nécessité de revoir à la hausse les salaires de la profession, les litiges sur les salaires et les conditions de travail augmentent, les violences, le harcèlement et le manque de matériel de protection pour le personnel sont notamment mentionnés. Selon Howard Catton, une augmentation de 30 % devrait intervenir pour que la rémunération tienne compte de la charge de travail et des responsabilités. A l’heure actuelle, les salaires sont scandaleusement bas et dans certains cas, ils pousseraient un grand nombre d’infirmières à quitter la profession. Plus de 20 % des associations ont exprimé des inquiétudes liées à la rémunération des infirmières dans leur pays. Le directeur général du CII a rappelé que le personnel infirmier constitue la colonne vertébrale des soins. L’investissement dans cette branche est crucial, car c’est elle qui fournit les combattants de première ligne lorsque surgit une crise sanitaire.

LIRE AUSSI:  Session ordinaire de l’ANCB:De bonnes perspectives pour une autonomisation de l’association

Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès des Nations Unies à Genève (Suisse)