Efficacité énergétique au Bénin : des réflexions pour renforcer la maîtrise d’énergie

Par Joel TOKPONOU,

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Efficacité énergétique au Benin

Un atelier a été organisé par l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (Aberme), mercredi 10 novembre dernier, pour faire le bilan de la mise en œuvre du décret n°2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes de performances énergétiques minimales et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs. Une occasion pour définir des actions afin d’améliorer la maîtrise d’énergie.

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Il est fréquent que des ménages et entreprises acquièrent des ampoules dont l’étiquette porte cinq watts mais qui en réalité consomment près de vingt watts. Il en est de même pour les climatiseurs et autres appareils électriques. Cette situation n’est pas sans conséquences sur les consommateurs. Pour cela le gouvernement mène des actions hardies dont la mise en application du décret n°2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes de performances énergétiques minimales et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs. C’est dans ce cadre que, mercredi 10 novembre dernier, un atelier a été organisé pour faire le bilan de l’application de ce texte règlementaire.
Il s’agit d’approfondir et de compléter les pistes de solutions et définir un cadre concerté pour mettre en œuvre des actions d’envergure de communication et sensibilisation visant à promouvoir l’efficacité énergétique dans tous les secteurs d’activité. Selon l’article 5 de l’arrêté interministériel portant procédure d’importation des lampes et climatiseurs individuels et réfrigérateurs au Bénin, c’est l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (Aberme) qui assure la coordination et le suivi de la mise en œuvre de cette réforme et est chargée de délivrer sur la plateforme du Guichet unique pour le commerce extérieur mise en place à cet effet, le certificat de conformité aux normes minimales de performances énergétiques.
Faisant le point, Jean-Francis Tchékpo, directeur général de l’Aberme, a indiqué que plus d’un an après la mise en vigueur de ce décret, sa structure a traité sur la plateforme Guce cinquante-huit (58) demandes de certificats soumises par un ensemble de trente-et-un importateurs. « Sur l’ensemble des 58 demandes, seulement huit ont été approuvées et ont permis d’importer 5987 climatiseurs et 5530 lampes électriques tous puissances, modèles et classes énergétiques confondus. A ceci, il faut ajouter la régularisation de classe d’efficacité énergétique du stock restant de seulement deux entreprises», a-t-il ajouté. Il poursuit en faisant savoir que « le taux des demandes rejetées estimé à 86 % est très élevé et ces chiffres ne correspondent pas aux flux réels de ces équipements sur nos territoires, expliquant ainsi la faible pénétration constatée des lampes, des climatiseurs individuels et réfrigérateurs efficaces étiquetés sur le marché ». A son avis, ces statistiques montrent aussi le besoin de poursuivre, de renforcer et d’amplifier à l’échelle nationale les actions de formation et de sensibilisation des utilisateurs, des acteurs de la chaîne de commande et de la chaîne de vente à l’efficacité énergétique, aux normes minimales de performances énergétiques et aux nouvelles procédures d’importation de ces équipements. Déjà, l’Aberme a pris quelques initiatives pour remédier à cette situation.

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Faire mieux !

Dans son adresse aux participants, Gabriel Dégbègni, coordonnateur national du Millennium challenge account II, s’est félicité des actions déjà mises en œuvre pour « promouvoir les appareils électriques économes en énergie et faciliter leur acquisition dans l’administration publique». Il cite notamment les collaborations ayant permis d’assurer la prise en compte progressive de mesures fiscales concrètes dans les lois de finances pour encourager durablement l’importation des appareils efficaces, la prise en compte des normes et l’étiquetage énergétique dans le répertoire national des prix de référence, les sensibilisations à l’endroit de divers acteurs, etc. Mais il rappelle le faible taux de pénétration et la nécessité de renforcer les actions.
Après avoir insisté sur l’utilité de la maîtrise de l’énergie, Jean-Claude Dona Houssou, ministre de l’Energie, a énuméré quelques réalisations du gouvernement dans son secteur. « Plus de 800 milliards F Cfa sont aujourd’hui déjà engagés dans le secteur à travers quatre projets phares pour faire du Bénin, avec des sources d’énergies suffisantes, propres, variées, abordables et constamment disponibles, au service de la croissance économique et du bien-être social, un pays où l’accès aux services énergétiques efficaces et fiables est assuré à toute la population », a déclaré le ministre. Si des économies d’énergies se font, elles permettront de renforcer les fruits de ces investissements du gouvernement pour une meilleure satisfaction des populations, a-t-il soutenu. C’est pour cette raison que l’autorité a recommandé aux participants à l’atelier de diagnostiquer les problèmes liés à l’éclosion de l’efficacité énergétique, d’identifier les éléments de politique publique à mettre en œuvre pour relever les différents défis et de définir un mécanisme de coordination des actions pour plus d’efficacité en prenant en compte le genre et l’inclusion sociale.

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