Egalité des sexes/Lutte contre les changements climatiques en Afrique: Un appel à propositions de fonds pour gagner le pari

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La lutte contre les change-ments climatiques en Afrique axée sur l’égalité des sexes et la résilience face aux changements climatiques (Ap3) font l’objet d’un appel à propositions de fonds au profit des gouvernements africains, des organisations régionales, des Ong et des instituts de recherche africains. C’est une initiative du Groupe de la Banque africaine de développement et du Fonds pour les changements climatiques en Afrique (Fcca).

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La Banque africaine de développement mise sur l’égalité des sexes pour lutter contre les changements climatiques. C’est à travers un appel à propositions de fonds destiné aux Etats africains, aux autres structures et initiatives de promotion du genre sur le continent.
Le fonds recherche des propositions sexotransforma-trices, novatrices et efficaces visant à résoudre le problème de l’inégalité d’accès des femmes et des hommes aux ressources nécessaires pour s’adapter aux effets du changement climatique et atténuer les émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’apporter une réponse idoine et proportionnelle aux façons dont les rôles sexospécifiques influent sur la capacité des femmes et des hommes à s’adapter au changement climatique et à atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Des solutions visant à apporter un appui aux pays africains dans leur transition vers un développement sobre en carbone, résilient au changement climatique et sexotransformateur, pèseront également dans la balance.
L’initiative repose sur un triple constat et met en évidence les fossés entre hommes et femmes. La banque relève d’abord que «les inégalités entre les femmes et les filles se classent parmi les plus considérables au monde». Ensuite, «les filles et les femmes figurent parmi les populations les plus pauvres du monde et enregistrent les taux d’analphabétisme les plus élevés». Enfin, «la participation des femmes au secteur de l’emploi formel est faible et dans de nombreuses régions du continent, la discrimination à l’égard des femmes chefs d’entreprises, ouvrières et cadres a des répercussions négatives sur leur productivité entraînant de fortes disparités entre elles et les hommes ».
Les femmes agricoles sont doublement frappées par ces vulnérabilités. « Dans le secteur de l’agriculture fortement dominé par les femmes, la productivité de ces dernières est de 30 % inférieure à celle des hommes, vu qu’elles n’ont pas accès aux intrants essentiels et ne sont pas, dans la plupart des cas, propriétaires terriens ».
L’impact du changement climatique est davantage exacerbé en Afrique du fait de la forte dépendance de la majorité de la population, dont les capacités d’adaptation sont faibles, à l’égard des ressources naturelles et de l’agriculture pluviale de subsistance.

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Impact différent sur les deux sexes

Selon la note d’orientation à l’intention des demandeurs, «le changement climatique a un impact différent sur les hommes et les femmes, en grande partie du fait de leurs pouvoirs relatifs, de leurs rôles et de leurs responsabilités différenciés selon le sexe au niveau des ménages, des communautés et des sociétés. Les femmes et les filles sont, de façon générale, confrontées à des risques, à des charges et à des impacts plus importants du changement climatique, ce qui exacerbe plus les inégalités hommes-femmes préexistantes».
La stratégie genre 2021-2025 de la Banque africaine de développement relève que le changement climatique et les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 ont rendu plus difficile l’accomplissement des tâches ménagères et productives par les femmes : « Les femmes et les filles sont plus susceptibles d’être exposées aux risques liés aux catastrophes et aux impacts du changement climatique que les hommes, facteurs limitant le contrôle qu’elles ont sur leur vie et leur accès aux ressources de base. Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations, ont un impact plus considérable sur les populations pauvres et les plus vulnérables en particulier les femmes qui représentent 70 % des pauvres du monde ».
D’où la pertinence du troisième appel à propositions du Fonds (Ap3) pour les changements climatiques en Afrique en lien avec l’égalité des sexes et la résilience climatique.
« L’appui aux mécanismes de financement climatique adaptés et directement accessibles aux femmes », « le soutien à une participation, un leadership et une influence accrus des femmes et des groupes de femmes dans le cadre des négociations sur le changement climatique au niveau communautaire, national et international ». L’appui à l’autonomisation des femmes et des jeunes par le biais d’initiatives d’adaptation à petite échelle ou pilotes, adaptées et accessibles aux femmes, afin de renforcer la résilience des communautés vulnérables dans le cadre d’activités visant à favoriser la résilience face au changement climatique telles que la promotion de l’accès aux énergies propres » sont, entre autres, des sujets recherchés par le fonds.
Cet appel à propositions est ouvert à tous les bénéficiaires satisfaisant aux conditions du Fonds pour les changements climatiques en Afrique (Fcca). Les bénéficiaires éligibles sont invités à renseigner le modèle de don du Fcca dénommé ‘’Fcca grant management program’’ avant le 23 juillet à minuit.

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