Election présidentielle apaisée : La Police républicaine s’outille

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Un atelier de renforcement de capacités des officiers de la Police républicaine en matière de gestion de la sécurité publique en contexte électoral se tient du lundi 8 février à ce jour, à Cotonou. Organisé par la Fondation Konrad Adenauer, les travaux permettront d’outiller les hommes en bleu pour mieux relever le défi de la préservation de la paix au cours de la présidentielle à venir.

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« Après les regrettables difficultés liées aux législatives de 2019, nous avons aujourd’hui un défi commun à relever, celui d’organiser une élection présidentielle juste, transparente et apaisée avec des moyens, expériences et compétences dont nous disposons ». Relever ce défi permettra, selon le directeur de cabinet du ministre en charge de la Sécurité publique, Ouorou Baro Mora, « de créer l’espoir et d’ouvrir de nouveaux horizons prometteurs à notre pays ». Aussi, soutient-il que le maintien d’ordre en période électorale est une matière essentiellement délicate qui repose sur la recherche d’un compromis préalable entre les forces de police et les manifestants. « Pour bien remplir cette mission dans le contexte actuel, la police a besoin d’affûter aussi bien ses capacités techniques qu’intellectuelles, notamment par une meilleure appropriation du cadre réglementaire et législatif régissant les élections au Bénin, lequel a connu récemment d’importants bouleversements ».
Obligation importante que compte bien remplir la police républicaine et pour y arriver, elle a sollicité et obtenu de la Fondation Konrad Adenauer, un atelier de renforcement de capacités. La rencontre devrait offrir l’occasion de revisiter le concept de sécurité humaine, a souhaité Ouorou Baro Mora, invitant les communicateurs retenus pour l’exercice à mettre en exergue les sources possibles d’insécurité et à donner les rudiments nécessaires à leur prévention. Ces communications portent entre autres sur la « Mise en application du cadre juridique des élections au Bénin : responsabilités des officiers de police judiciaire », « Responsabilités induites par les dispositions du code électoral pour une contribution efficiente des Forces de défense et de sécurité dans le processus électoral », « La gestion de la sécurité publique en période électorale : retour d’expériences sur l’élection présidentielle ivoirienne de 2020 et quelques bonnes pratiques en Afrique de l’Ouest ». Seront aussi abordées au cours des deux jours de travaux d’autres thématiques comme « Police républicaine et société civile : quels types de collaboration pour une meilleure sécurisation en période électorale ? », «Mécanisme et dispositifs pour une meilleure sécurisation des élections présidentielles prochaines», « La police de proximité dans le contexte électoral: quels types de collaboration avec les autres acteurs de la communauté » et enfin « La préservation des droits humains par les forces de sécurité et de défense en période électorale ».

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Prévenir !

Pour ce qui est des communicateurs, ils sont de profils divers. Ils sont magistrats, experts en sécurité, cadres de la Commission électorale nationale autonome, officiers de police, responsables de la société…
Si depuis le renouveau démocratique des années 1990, le Bénin a toujours été identifié comme le laboratoire de la démocratie en Afrique, cette image de marque doit être préservée mais aussi doit être accompagnée d’un développement économique rapide et équitable, souligne pour sa part Roland Stein, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer et directeur du programme Sipodi. Mieux, reconnait-il, « le temps des élections, temps par excellence de tensions, de passions, de crises diverses doit faire l’objet d’une attention particulière de toute la nation afin qu’elles puissent se dérouler dans la paix et la cohésion sociale ». Le Bénin s’étant inscrit ces dernières années dans la logique de la professionnalisation du secteur sécuritaire avec la création de la Police républicaine, il trouve judicieux d’outiller ses éléments. Car, rappelle-t-il, les élections constituent l’un des premiers facteurs de la violence et des conflits dans de nombreux pays d’Afrique. « Toutes les étapes d’une élection (préparation, déroulement et proclamation des résultats) sont des moments de la vie de nos États sujets à des tensions, souvent vives ou modérées, mais qui peuvent aboutir, le plus souvent, à une confrontation grave menaçant la stabilité politique, la paix et la cohésion sociale », laisse entendre Roland Stein. 52 officiers de la Police républicaine en situation de poste ou de commandement ainsi que des élus locaux bénéficient de cette formation qui prend fin ce jour.