Élections générales au Burkina Faso: Un ‘’Takokélé’’ pour Roch Marc Christian Kaboré ?

Par Paul AMOUSSOU,

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Appelés ce dimanche 22 novembre à exprimer leurs suffrages pour élire le président du Faso et les 127 députés de la prochaine légilsature, près de 6,5 millions de Burkinabè se sont rendus aux urnes. Candidat à sa propre succession, le président Roch Marc Christian Kaboré qui a 12 autres challengers dans la course à la présidentielle, a glissé son bulletin dans l’urne dans la matinée à l’école Patte d’oie au quartier résidentiel, avec chevillé au cœur l’assurance de réaliser un Takokélé, un K.O., soit une victoire dès le premier tour comme on dit en Moré.

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Dans l’ensemble, le vote s’est déroulé dans le calme et sans incident de nature à déparer sa crédibilité, si ce n’est quelques difficultés d’organisation inhérentes au déploiement considérable de matériel. Seul point d’ombre, dans certaines zones, principalement en raison de la situation sécuritaire, des bureaux prévus n’ont finalement pas pu ouvrir et certains ont même dû fermer. Aussi, des forces de sécurité ont dû être massivement déployées notamment à Tin-Akoff à l’extrême nord, à Ouagadougou et dans d’autres régions sensibles aux attaques terroristes, pour sécuriser les élections et prévenir toute perturbation des opérations électorales. Une première, qui n’est toutefois pas de nature à compromettre le scrutin. Inédit aussi est le vote de la Diaspora burkinabè.

Takokélé et syndrome Trump !

Le président Roch Marc Christian Kaboré verra-t-il récompensés, au terme du présent scrutin, ses efforts pour la concorde nationale et sa débauche d’énergie pour le développement, au point de décrocher un second mandat dès le premier tour du scrutin, comme l’espèrent ses supporters? Face à lui, 12 adversaires, dont Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, et Eddie Komboïgo, candidat du parti de l’ex-président Blaise Compaoré. Faisant monter la pression depuis samedi dernier, soit avant que les Burkinabés n’expriment leurs suffrages, en dénonçant des risques de fraudes, ces deux outsiders, ainsi que quatre autres candidats laissent entrevoir chez eux un syndrome Trump, alors que ne subsiste aucune ombre de cette nature, du moins si l’on s’en tient à l’appréciation de la commission électorale qui juge du bon déroulement du scrutin, en dehors de quelques problèmes mineurs relevés comme l’envoi de matériel manquant là où c’était nécessaire.

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Enjeu

Au cœur du scrutin, outre maintenir le Burkina sur sa bonne voie entamée depuis 2015, la question sécuritaire à laquelle a dû faire face le pouvoir actuel depuis son avènement. En effet, confronté à la déstabilisation terroriste deux semaines après sa prise de pouvoir en 2015, Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement ont dû parer à cet impératif, juguler la menace djihadiste tout en faisant front à la demande sociale tout aussi importante. Un cocktail détonant auquel il a fallu ajouter la crise liée à la pandémie de Covid-19. Jugé satisfaisant, en dépit de cet imprévu, le bilan du premier quinquennat de Roch Marc Christian Kaboré augure en effet, à tout point de vue, d’une bonne relance du Burkina.

Paul AMOUSSOU