Elimination des pires formes de travail des enfants: Un plan d’actions national élaboré pour la période 2019-2023

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Eusèbe Agoua, directeur adjoint de cabinet du ministère du Travail (au micro) lors du lancement des travaux

Le directeur adjoint de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique, Eusèbe Agoua, a procédé, ce jeudi 24 mai à l’Institut régional de santé publique (Irsp) de Ouidah, à l’ouverture de l’atelier de validation du rapport d’élaboration du plan d’actions national pour l’élimination des pires formes de travail des enfants (2019-2023) et des procédures et protocoles de suivi du travail des enfants au Bénin.

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Les acteurs en charge de la protection des enfants se mobilisent pour asseoir un nouveau dispositif de lutte contre le travail des enfants. L’atelier de validation du rapport d’élaboration du plan d’actions national pour l’élimination des pires formes de travail des enfants (2019-2023) et des procédures et protocoles de suivi du travail des enfants au Bénin dont les travaux se déroulent à Ouidah, vise à explorer les voies et moyens pouvant permettre d’ériger un environnement exempt d’exploitation des enfants et des pires formes du travail des enfants. Les documents validés permettront d’encadrer pour les prochaines cinq années la lutte contre le phénomène au Bénin. Ils visent à faciliter la prévention, la détection, la prise en charge des victimes et la répression des auteurs. 

« L’adoption de ces outils ouvrira une nouvelle ère pour les enfants à risque et ceux victimes d’exploitation économique ou de pires formes de travail des enfants qui bénéficieront désormais d’un meilleur suivi et des services de réadaptation plus adapté dans une synergie d’actions », soutient la directrice générale du Travail, Mireille Lègba Adankon.
Cette démarche se trouve justifiée au regard des statistiques et des dangers auxquels les enfants sont exposés. Se référant à l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (Mics) de 2014, le représentant resident adjoint de l’Unicef au Bénin, François Kampundu, souligne que 52,5 % des enfants (soit 1 enfant sur 2) sont impliqués dans des activités économiques dont près de 40 % (soit 4 enfants sur 10) travaillent dans des conditions dangereuses.
Le directeur adjoint de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique, Eusèbe Agoua, renchérit : « Avec une population de 11 millions d’habitants, le Bénin compte 664 000 de 0 à17 ans qui exécutent des travaux à abolir ». Selon lui, la croissance du nombre d’enfants en situation précaire inquiète. « En passant de 34 % en 2008 à 52,5 % en 2014, les données disponibles valident bien la tendance décrite par la communauté internationale dans les pays pauvres. La population infantile de 5 à 17 ans est soumise à toutes sortes de besognes à des fins d’exploitation de leur travail ou de leur sexe », se désole-t-il.

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Plaidoyers

L’atelier de Ouidah se propose de trouver des stratégies pour combler les lacunes du plan d’action existant (celui de 2012), dont les causes résident dans la « faiblesse du financement lié à la non budgétisation des actions et à la faiblesse de synergie d’actions des acteurs », indique Eusèbe Agoua.
Le gouvernement prend la mesure du défi de l’élimination du travail des enfants. « Dans la perspective des Odd et du respect des exigences de la Convention 182 de l’Oit sur les pires formes de travail des enfants, le gouvernement a inscrit la lutte contre le travail des enfants comme l’une de ses actions phares dans son Pag au pilier 3 concernant l’amélioration des conditions de vie des populations et au niveau de l’axe 6.1 relatif au renforcement de la protection sociale et de la solidarité », souligne Eusèbe Agoua.
Toutefois, il faudra encore plus d’engagement pour arriver à bout du phénomène. C’est le sens du plaidoyer de l’Unicef qui souhaite que le gouvernement puisse faire de la lutte contre le travail des enfants une priorité nationale compte tenu de son impact désastreux sur le développement et l’avenir du pays.
« Nous voudrions vous recommander fortement que le document validé soit mis à la disposition du public sous la forme d’un texte réglementaire ayant force contraignante sur toute l’étendue du territoire national et que des moyens conséquents soient mis à la disposition des services de l’Etat compétents en la matière afin qu’ils jouent pleinement leurs rôles », insiste François Kampundu.