Emissions de gaz à effet de serre: Le Bénin face à ses engagements

Par Kokouvi EKLOU,

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A quelques jours de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), le Bénin s’est résolument engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’instar d’autres pays africains. Mais entre les mots et les actions, le fossé est bien grand quand on sait que les moyens restent à mobiliser pour la concrétisation de cet engagement combien important.

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Le Bénin compte désormais parmi les sept pays africains à s’être engagés à réduire l’émission de gaz à effet de serre. A l’instar de la RDC, de Djibouti, du Kenya, du Maroc, du Gabon et de l’Ethiopie, il s’est résolument engagé, à quelques jours de la Conférence de Paris sur le climat, à éviter l’émission de 120 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone quoique soulignant au passage sa responsabilité très négligeable dans le réchauffement climatique. Une décision importante quand on sait qu’il est attendu des Etats des engagements forts pour aboutir à un accord international sur le climat à ces assises.

Affichant clairement comme la plupart des pays africains son incapacité à financer le projet qui porte son engagement, il s’attend à une contribution de la communauté internationale pour mobiliser les 28 milliards de dollars restants aux deux milliards qu’il consent à mettre au profit des actions à mener dans le cadre de cet engagement.
Face à son engagement et les moyens dont il dispose pour concrétiser son projet, le fossé semble grand et nombre d’observateurs et spécialistes des questions liées au climat se demandent si ceci n’est encore un engagement de plus pris par leur pays pour attirer une fois encore l’attention de la communauté internationale. «Il est difficile pour nous de prendre notre destin en main par des actions responsables et courageuses sans avoir à espérer la compassion des grandes institutions mondiales. Nous peinons à interdire l’utilisation des sachets plastiques pour nos emballages, nous continuons d’importer des véhicules d’occasion rejetés par l’occident, compromettant ainsi la vie des générations futures. Par des décisions pertinentes nous pouvons beaucoup pour notre planète», note Léonard Akakpo, géographe, balayant du revers de la main la propension des Etats africains à tendre la main pour changer l’univers de leurs populations.

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Conférence de la dernière chance

Si le pays attend beaucoup de cette conférence présentée comme celle de la dernière chance, il n’en demeure pas moins que certains actes ont été pris et que des projets ont été initiés par les gouvernants pour réduire les effets néfastes du changement climatique. En plus de s’être engagé à éviter l’émission de 120 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone, il a par ailleurs pris des engagements pour accroître sa reforestation et ainsi séquestrer 163 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone sur la même période. Ce qui passe déjà par la concrétisation du projet «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres».
Le projet «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres» vise en effet à lutter contre la désertification, les effets des changements climatiques et à promouvoir la diversité biologique afin d’améliorer le cadre de vie des populations du Bénin. Il s’agit à travers cette campagne de reboisement d’amener tous les Béninois à planter et à entretenir au moins un arbre, afin d’obtenir chaque année, et ce pendant cinq ans, un nombre de nouveaux arbres au moins égal à l’effectif de la population, estimé en 2013 à environ 10 millions d’habitants.
A tout ceci s’ajoute cette volonté affichée du gouvernement à miser sur le développement des énergies renouvelables. L’investissement immédiat dans une énergie propre constitue un défi qu’entend relever par ailleurs le Bénin.
Des défis immenses à relever et entre les bonnes intentions et les actions pour atténuer les effets des changements climatiques l’écart est grand et il ne reste qu’à focaliser l’attention sur cette conférence.