Emploi des jeunes: Des programmes pour résorber le chômage

Par Isidore Alexis GOZO (gozoalexis6@gmail.com),

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Jeunes à l'emploie

Les lignes bougent ces dernières années dans le secteur de l’emploi. Plusieurs projets-programmes sont mis en place par le gouvernement pour apporter de l’espoir aux jeunes en quête de travail.

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L’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon, le 6 avril 2016, a inauguré une nouvelle ère pour la jeunesse en quête d’emploi. Très vite, des mesures adéquates ont été prises pour résorber le chômage. Plusieurs projets-programmes ambitieux ont vu le jour. Parmi ces projets-programmes figure le Programme spécial d’insertion dans l’emploi ayant pour objectif de créer de l’emploi et de valoriser les compétences des jeunes diplômés. Son coordonnateur, Charlemagne Lokossou, lors d’une conférence publique tenue, il y a quelques semaines sur le campus d’Abomey-Calavi, a expliqué que l’emploi auparavant était une question de distribution gratuite de fonds à un certain nombre de personnes. Mais à partir de 2016, ajoute-t-il, le gouvernement a mis fin à ces mauvaises pratiques. Grâce à la création du Psie, plusieurs types d’instruments ont été mis en place afin d’offrir un emploi productif à la jeunesse. Il ne s’agit plus, à l’en croire, de proposer une présence inutile ou à la limite inactive des jeunes dans les entreprises. Leur utilité doit apporter une plus-value à l’entreprise hôte.
Le Programme d’action du gouvernement a prévu de mettre sur le marché de l’emploi 2 000 jeunes diplômés par an de niveau Bac professionnel, Bts/Dut, licence, master, doctorat. Ceci, afin de leur donner une expérience professionnelle pertinente à même de les aider à se faire recruter ou à se lancer à leur propre compte. « Nous avons opté maintenant pour l’approche par la demande. L’Etat dit, j’ai 2000 jeunes et je les répartis dans les entreprises. Ces entreprises expriment des besoins avec des profils que cela requiert. Au niveau du programme, nous ciblons ces jeunes qui sont inscrits dans la base de données, ils vont en compétition et par la suite, les quelques-uns méritants sont transférés vers les entreprises pour un choix final », explique-t-il.
Charlemagne Lokossou n’a pas occulté la question de la suppression de certains emplois par le gouvernement. Selon lui, ces emplois supposés être supprimés sont des emplois qui ne répondaient pas aux besoins économiques et sociaux réels. Malgré cela, note-t-il, entre 2016 et décembre 2020, près de 47 000 entreprises ont été créées. Il explique que la question du social vue sous l’angle de l’emploi n’est plus une redistribution gratuite des ressources publiques mais une redistribution à travers des mécanismes de soutien aux entreprises afin que ces dernières ouvrent des postes aux jeunes.

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Perspectives

En termes de perspectives, trois grands pans d’activités concernant l’emploi permettront aux jeunes de sortir définitivement de la précarité. Le premier pan est la consolidation du Programme social d’insertion dans l’emploi (Psie). Le coordonnateur du Psie indique que des restructurations sont en cours pour favoriser les personnes ayant créé leur entreprise.
Le deuxième programme est celui que pilote l’Agence nationale pour l’emploi pour lequel, l’Etat et la Banque mondiale ont injecté près de 100 milliards de F Cfa et qui devrait, à terme, faciliter l’insertion de 25 000 jeunes. Il y a aussi le programme des aspirants enseignants qui consomme beaucoup de ressources mais qui place en moyenne près de 20 000 personnes en cumul. Charlemagne Lokossou note que la demande en matière d’enseignement est très forte et l’Etat à travers ce programme essaie toujours de jouer sa partition.
Le troisième programme générateur d’emplois est le Programme d’aménagement de la zone économique de Glo-Djigbé. « Sur la base des simulations prévues dans cinq secteurs dont l’agro-industrie, la logistique, les Tic, les matériaux de construction et les transports, nous estimons à environ
350 000 les emplois qui pourront être générés sur cinq ans. Mais tout ce que l’Etat fait en matière d’investissement à ce niveau ne pourra pas être énuméré», a-t-il souligné. Le social développé par le chef de l’Etat, à l’en croire, est un social responsable et responsabilisant des bénéficiaires. Un social de l’effort et dans l’effort.
Tout comme Charlemagne Lokossou, le porte-parole du gouvernement a apporté quelques éclaircissements sur les investissements futurs dans le secteur de l’emploi. Pour 2021-2026, il annonce le lancement d’une ligne de financement appelée ‘’Appui à l’investissement’’. Cette ligne permettra aux jeunes qui sortent des ateliers de formation ou des écoles et qui ne peuvent pas ouvrir leur propre atelier d’avoir accès au financement mis en place par l’Etat.

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Transparence

Dans le secteur de la santé, entre 2021-2026, le gouvernement a prévu de recruter 3 000 professionnels de la santé. Déjà, dès les premiers jours du second mandat, l’Etat a recruté 1600 agents de santé. « Et si on parle de recrutement, une action sociale majeure qui a été engagée sur le premier mandat et qui se poursuit, c’est la transparence du processus de recrutement des agents de l’Etat. Hier, et chacun peut en témoigner, il fallait connaitre quelqu’un ou appartenir à telle formation politique pour prétendre réussir aux concours et même si vous étiez brillant et si vous avez la chance qu’ils n’ont pas tout partagé, les brillants se battent entre eux pour prendre le résiduel qui reste. Et évidemment, il en reste toujours sur le carreau. Aujourd’hui, si vous êtes brillant, vous avez la certitude que vous serez parmi les premiers déclarés admis si le jour-là, vous n’avez pas connu une mauvaise passe », assure Wilfried Léandre Houngbédji. Il confirme que les jeunes béninois de toutes les communes qui réussissent aujourd’hui aux concours sans avoir eu besoin de faire les couloirs ou d’aller supplier quelqu’un peuvent témoigner de ce qu’il y a eu du changement.
Il revient sur le conseil des ministres du mercredi 14 juillet dernier qui a prévu la mise en place d’un programme spécial d’immersion et de pré-insertion professionnelle des jeunes médecins et paramédicaux nouvellement sortis des facultés et institutions de formation en sciences de la santé. A l’en croire, ce programme d’une durée de 3 ans permettra de recruter et de mettre à la disposition des formations sanitaires, chaque année, 350 jeunes professionnels de santé tout en leur assurant un renforcement de capacités, ce qui fait au total 1 050 à s’ajouter aux 3000 jeunes programmés. « Ces 1 050 ont un avantage comparatif. Parce qu’ils ne sont pas dans le processus d’entrer dans l’administration publique durablement, ils vont avoir des contrats de deux ans et à la fin, nous aurons constitué pour eux une cagnotte en faisant un prélèvement sur ce qui leur est dû sur le salaire brut de 15 % par mois auquel s’ajoute un petit bonus défini déjà par les termes de référence. À la fin, on leur reverse intégralement ce qui a été mis de côté pour qu’ils aillent se spécialiser ou alors qu’ils se mettent en groupes pour ouvrir des cliniques », explique-t-il.

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