Employabilité et productivité en Afrique : Un plan d’action de la Bad pour développer les compétences

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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La Banque africaine de développement se dote d’un Plan d’action pour le développement des compétences pour l’employabilité et la productivité en Afrique sur la période 2022-2025. Il traduit l’engagement de la Banque en faveur de la qualification de la main-d’œuvre africaine pour stimuler la croissance.

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L’Afrique connaît une grave pénurie de techniciens qualifiés, notamment dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (Stim), estime la Banque africaine de développement (Bad). Une étude menée en 2019 indique qu’environ 46 % des jeunes actifs africains considèrent que leurs compétences ne correspondent pas à leur emploi. Quelque 21 % des chefs d’entreprise déclarent que le manque de travailleurs dûment qualifiés constitue une contrainte majeure pour leurs activités, plus de 29 % des travailleurs œuvrant dans la production étant considérés comme non qualifiés.
Compte tenu de l’ambitieux programme d’industrialisation de l’Afrique, la Bad entend contribuer à inverser la tendance, en favorisant l’éclosion d’une masse critique de main-d’œuvre qualifiée dotée de compétences liées aux Stim, laquelle est essentielle pour impulser l’innovation et la productivité, stimuler la croissance et créer des emplois productifs. Pour ce faire, elle mettra en œuvre un « Plan d’action pour le développement des compétences pour l’employabilité et la productivité en Afrique (Sepa) » pour la période 2022-2025. Le but visé est d’améliorer la qualité de vie des populations africaines grâce à une main-d’œuvre productive et innovante.
Ancré dans la Stratégie pour l’emploi des jeunes en Afrique (JfYA) 2016-2025, le Sepa contribuera à la réalisation de son objectif de créer 25 millions d’emplois et de doter 50 millions de jeunes de compétences pertinentes pour l’emploi productif et l’auto-emploi. La Banque soutiendra un cadre propice au développement de compétences directement liées aux besoins de l’industrie et à l’entrepreneuriat des jeunes, dans le contexte actuel où la pandémie de Covid-19 a provoqué de graves perturbations dans le système éducatif à l’échelle mondiale et a révélé des faiblesses majeures dans les systèmes de développement des compétences en Afrique.

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Pallier l’inadéquation
de la formation

L’insuffisance du financement de l’Enseignement et la Formation techniques et professionnels (Eftp) et de l’enseignement supérieur par les États africains et leurs partenaires au développement est devenue un sérieux obstacle dans les pays membres régionaux (Pmr), selon la Bad. Les États africains n’investissent que 0,2 % de leur Pib dans l’Eftp et 0,9 % dans l’enseignement supérieur, contre 1,24 % dans les pays à revenu élevé en 2018, signale-t-elle.
Le Sepa s’articule autour de deux domaines à savoir les infrastructures nécessaires au développement des compétences axées sur la demande, et le renforcement du cadre favorable au développement des compétences. Il permettra de remédier à l’inadéquation des compétences qui se traduit par un taux de chômage élevé chez les diplômés, dans le contexte de la quatrième révolution industrielle (4RI), du programme de lutte contre le changement climatique et de la transformation numérique sur le marché du travail.
Il contribuera à lever les contraintes relatives au développement des compétences telles que l’insuffisance des infrastructures de formation de base, la faible pertinence des compétences par rapport aux besoins de l’industrie, et le manque de compétences entrepreneuriales, la faible productivité du travail et de la compétitivité des entreprises, en particulier dans le secteur informel. Les interventions seront également orientées vers le renforcement des cadres réglementaires de la politique de développement des compétences de l’Eftp et de l’enseignement supérieur et de la gouvernance du secteur qui jusque-là posent problème.