Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel: Un fort taux de sous-emploi dans le secteur informel

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le taux de chômage reste faible au Bénin, mais de nombreux jeunes sont en situation de sous-emploi, notamment dans le secteur informel toujours prépondérant et précaire. C’est ce que révèle l’enquête Eri-Esi 2018 dont les résultats ont été dévoilés, mardi 24 décembre dernier à Cotonou.

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Selon l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel (Eri-Esi 2018), 2,3 % de la population active est à la recherche d’un emploi et 24,2 % de jeunes de 15 à 35 ans sont sous-utilisés sur le marché du travail. Seulement quatre Béninois sur dix (40,4 %) travaillent plus de 48 heures par semaine.
La même enquête révèle que le secteur informel reste prédominant et caractérisé par une précarité des conditions d’activités des unités de production informelle (Upi). Celles-ci financent majoritairement (64,1 %) leur capital à partir des fonds propres, notamment par l’épargne ou la tontine. Elles sont confrontées à des difficultés liées essentiellement à la technique de fabrication (42,2 %), à l’approvisionnement en matières premières (26,5 %), au manque de machines et d’équipements (26,2 %).
Ces données ont fait l’objet d’analyse et de débat, mardi 24 décembre dernier à Cotonou, à l’occasion de la cérémonie de lancement de leur dissémination.
Pour Ruffino d’Almeida, directeur de cabinet du ministre du Plan et du Développement, ces résultats témoignent des efforts du gouvernement mais montrent également que le Bénin a encore à faire en matière d’assainissement de l’environnement socio-économique du marché de l’emploi, de la formation professionnelle, du renforcement de la gouvernance.
Ces indicateurs constituent « un important outil d’aide à la prise de décision et une réponse aux soucis de planification », souligne, pour sa part, Edouard Sèhlin, directeur de cabinet du ministre en charge des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi.
L’enquête a été réalisée en 2018 par les cadres de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) avec l’appui technique de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (Afristat). Elle a porté sur un échantillon de 10 200 ménages identifiés à partir des travaux de cartographie et d’énumération, précise Laurent M. Hounsa, directeur général de l’Insae, qui assure de la fiabilité des résultats.
Elle s’inscrit dans le cadre du projet d’harmonisation des enquêtes auprès des ménages dans les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) matérialisé à travers la signature d’une convention avec Afristat, indique Djabar Adéchian, représentant de l’observatoire. Il est question de produire et de fournir des statistiques fiables, actuelles et comparables à l’échelle de l’Union afin de présenter une situation de référence pour l’évaluation des politiques de l’emploi et d’aider à une meilleure perception du secteur informel.

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Gouvernance, paix et sécurité

Les travaux de l’enquête Eri-Esi ont été couplés avec le volet de gouvernance, paix et sécurité sur recommandation de l’Union africaine.
Au plan sécuritaire, plus de la moitié des enquêtés de 18 ans ou plus (52 %) estiment qu’il n’y a pas de danger à se déplacer seul à pied dans leur zone de résidence. L’enquête révèle que 69 % de Béninois ont confiance à l’Etat pour assurer la sécurité.
En matière de gouvernance, 65 % disent être satisfaits du fonctionnement de la démocratie. Pour les institutions, 60,3 % sont confiants en l’administration, 54,5 % en la justice et 55,1 % en la police,
77,1 % vis-à-vis du système de santé public et 72,9 % pour le système éducatif.
Par ailleurs, la corruption reste un mal à combattre par les acteurs du développement.

C. U. P.