Enregistrement universel des naissances: La pandémie de Covid-19 a ralenti les efforts

Par Maryse ASSOGBADJO,

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L’Union africaine et l’Unicef font le point de l’enregistrement universel des naissances en Afrique de l’Ouest et du Centre, dans un contexte de Covid-19. Il en ressort que la pandémie a ralenti les efforts ces deux dernières années.

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« Plus d’un enfant africain sur deux est toujours privé d’une existence légale en Afrique ». Ce constat émane de l’Union africaine (Ua) et de l’Unicef. Il relève des consultations régionales organisées par les deux institutions, en juin et juillet derniers, et relatives à l’enregistrement universel des naissances en période de Covid-19 sur le continent, en prélude à la Journée africaine de l’état civil et des statistiques vitales (Ecsv), le 10 août 2021.
Il en ressort que la Covid-19 a été un handicap majeur pour l’enregistrement des nouveau-nés en Afrique du Centre et de l’Ouest. Mieux, l’échéance des Odd envisagée pour relever ce défi n’est pas prometteuse si les acteurs ne mettent pas les bouchées doubles dès maintenant.
« Des projections inquiétantes montrent que l’on dépassera les 100 millions d’enfants non enregistrés d’ici 2030 si aucune mesure immédiate et radicale n’est prise. Malgré certaines statistiques montrant que le continent progresse, cette amélioration ne concerne que 52 % des enfants de moins de 5 ans enregistrés en Afrique », relève le communiqué de presse conjoint de l’Unicef et de l’Union africaine parvenu à notre rédaction.
Selon Leila Ben Ali, représentant la Commission de l’Ua, « l’importance cruciale de l’enregistrement universel des naissances et sa pertinence pour le suivi des progrès vers les Odd et l’Agenda 2063 ne seront atteintes que lorsque les gouvernements garantiront sa gratuité, permettront l’interopérabilité avec d’autres services, pour finalement offrir des services décentralisés qui atteignent tous les nouveau-nés».
C’est pourquoi, les deux institutions exhortent les pays à prendre des mesures spécifiques pour prévenir et traiter les retards, en renonçant aux frais et en prolongeant le délai d’enregistrement pendant la pandémie.
Elles misent sur la campagne «Mon nom est personne : Pour chaque enfant, une identité légale, pour chaque enfant, l’accès à la justice », visant à transformer les systèmes nationaux d’enregistrement des naissances pour parvenir à l’enregistrement universel des naissances d’ici 2030.
Outre la stratégie de l’interopérabilité, cette campagne repose sur « la décentralisation et la numérisation », dans le but de faire face efficacement aux goulots d’étranglement de l’enregistrement des naissances.
La Côte d’Ivoire, le Congo Brazzaville, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert sont cités comme des pays modèles ayant mis en évidence les facteurs encourageant la couverture universelle de l’enregistrement des naissances en le liant aux services de santé et de vaccination et en démontrant la solidité de l’engagement politique national en sa faveur.
Pour l’Union africaine et l’Unicef, la gratuité totale de l’enregistrement des naissances est un préalable pour atteindre la couverture universelle. Cela implique qu’aucuns frais ne doivent être imposés en cas d’enregistrement tardif. Sur ce registre, on retrouve le Congo-Brazzaville et le Cap-Vert aux rangs des meilleurs élèves de l’Afrique. Pour l’heure, seulement quatre pays fournissent des services d’enregistrement gratuits de naissance en Afrique.
Aussi, le nombre écrasant d’adultes sans papiers représente un autre défi pour l’enregistrement des nouveau-nés. L’Unicef et l’Union africaine insistent sur la nécessité de permettre aux parents sans certificat de naissance de l’obtenir sans pénalités, afin de permettre à l’Afrique de l’Ouest et du Centre d’atteindre les objectifs fixés dans ce cadre.

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