Enseignement technique et formation professionnelle : Le gouvernement amorce une nouvelle phase

Par Joel TOKPONOU,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Enseignement technique et formation professionnelle : Le gouvernement amorce une nouvelle phase


Entre construction et rénovation de lycées agricoles et d’écoles de métiers, le gouvernement s’engage dans une phase d’extension de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Toutes choses qui permettront la mise sur le marché de l’emploi d’acteurs économiques de type nouveau.

LIRE AUSSI:  Ambiance électorale: Le Facica ratisse large dans l'Atlantique

Faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle les piliers du système éducatif constitue une priorité pour le gouvernement. Il s’y est penché hier au cours du conseil des ministres.
Il a été décidé une mission de conduite d’opérations dans le cadre du programme de construction et de réhabilitation de 30 lycées agricoles et de sept écoles de métiers. A travers cette décision, le gouvernement amorce une autre phase de la réforme dans le secteur de l’éducation. Un secteur qui, selon les constats, forme plus de diplômés que de personnes aptes à travailler. La veille déjà, mardi 26 avril, Eustache Kotingan, président du Conseil national du patronat, le principal regroupement des patrons d’entreprises, déplorait cette situation. Selon lui, il serait bien de prioriser la formation professionnelle afin de mettre sur le marché un personnel qualifié pouvant être utilisé par les entreprises qui ont besoin de main-d’œuvre.
Il est évident que l’enseignement général est un pourvoyeur de sans emploi. Et puisqu’il n’existe que peu de lycées agricoles et d’écoles de métiers, la situation ne fait que s’aggraver d’année en année. Mais depuis 2016, la démarche pour renverser la tendance est enclenchée. En 2020, le gouvernement a reçu un financement de 300 millions de dollars de la Banque mondiale pour des investissements dans ce sous-secteur de l’éducation connu pour sa capacité à former des apprenants prêts à être utilisés par les entreprises. Cette ambition du gouvernement se manifeste aussi par l’augmentation sensible et de façon continuelle du budget alloué à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. C’est ainsi que dans la loi de finances en cours d’exécution, ce département ministériel a bénéficié de 143 milliards Fcfa. Ce qui correspond à une augmentation de 33 % de son budget par rapport à 2021.
Dans une approche globale et méthodique porteuse d’une réforme structurelle, la loi n°2022-01 portant loi-cadre sur l’enseignement technique et la formation professionnelle en République du Bénin a été votée en janvier dernier. Cet outil législatif de 56 articles encadre mieux le sous-secteur et innove avec la mise en place d’une approche éducative inclusive et holistique, le pilotage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels avec la participation du secteur privé, la régulation des flux en vue d’une dominance du choix de ce sous-secteur par les apprenants, etc.
Le volet gouvernance n’a pas été occulté. Il a été réorganisé pour s’assurer de l’obtention des résultats escomptés. C’est ainsi que la loi-cadre précise le mode de gouvernance pédagogique et administrative et prévoit l’arrimage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels.
Côté adéquation formation-emploi, la loi-cadre induit une grande avancée. Selon l’article 48, « tout curriculum de formation en matière d’enseignement et de formation techniques et professionnels est élaboré suivant une méthodologie consensuelle, avec une implication effective et active des acteurs du monde professionnel ». Quant à l’article 50, il insiste sur cette obligation. « Tout programme de formation à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels est élaboré de concert avec les structures organisées ou les branches professionnelles du secteur public concerné », stipule cet article.

LIRE AUSSI:  Ambiance électorale: Le Facica ratisse large dans l'Atlantique

Promesse tenue

C’était d’abord une promesse de campagne du candidat Patrice Talon, alors en quête de renouvellement de son mandat à la tête de l’Etat. Ce 26 mars 2021, il annonçait la construction de 30 lycées agricoles qui, à terme, devront accueillir 48 000 élèves. Il promettait aussi la création de 7 écoles des métiers de référence dans les domaines de l’énergie, du numérique, des bâtiments et des travaux publics, de l’automobile et des équipements industriels, de l’eau et de l’assainissement, des industries du bois et de l’aluminium, du tourisme-hôtellerie-restauration qui auront une capacité d’accueil de 8 400 apprenants. Le délai de mise en œuvre assez court étonnait bien des citoyens. Le candidat voulait, en effet, réaliser ces infrastructures pour l’année 2023. Ensuite, cette ambition pour ce sous-secteur est devenue une priorité du gouvernement inscrite dans l’axe stratégique 5 intitulé « promotion d’une éducation de qualité et de l’enseignement technique et professionnel » du Programme d’action du gouvernement 2021 – 2026.