Entretien avec le président du parti Gsr : « Aller à une élection, ce n’est pas faire du tourisme… »

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Entretien avec le président du parti Gsr : « Aller à une élection, ce n’est pas faire du tourisme… »Antoine Guédou Vissétogbé

A quelques mois des élections législatives de janvier 2023, Antoine Guédou Vissétogbé, président du parti Grande solidarité républicaine (Gsr), révèle les activités menées au sein de sa formation politique et évoque la participation de l’opposition au scrutin.

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LA NATION : Comment se porte le parti Grs ?

Antoine Guédou Vissétogbé: Le Grs se porte bien et mal. Bien parce que notre posture dès la création du parti n’est pas le gain facile, c’est de construire une famille. C’est de construire un ensemble cohérent et nous y sommes. De 2015 à ce jour, ça fait sept ans que nous y travaillons, ça ne se concrétise pas du jour au lendemain. Nous voulons faire en sorte qu’on ne lutte pas pour des intérêts individuels, qu’on ne lutte pas pour le gain, mais qu’on lutte pour la cause du peuple. Sur ce plan, le Grs se porte bien, parce que nous continuons vaille que vaille notre marche vers la construction de cet objectif. Mais le Gsr se porte mal comme tous les partis politiques de l’opposition.
Qu’en est-il du Front pour la restauration de la démocratie ?

Le Front pour la restauration de la démocratie a été créé dans des conditions claires. C’était pour aller à l’élection présidentielle, car pour les législatives, les alliances sont interdites. Donc, il n’est pas question de se regrouper en partis pour dire qu’on participe aux législatives. Ce que nous pouvons faire à la limite était de voir nos revendications communes et de les porter. Donc, le front a été créé pour les élections présidentielles et nous sommes à quelques mois des législatives. On ne peut pas reprocher aux dirigeants des partis du front de ne pas réagir. Quand nous sortons, c’est au nom de nos partis en vertu des principes que nous avons établis dès le départ. Nous ne sortons pas au nom du Front, ça serait tricher. Si vous vous mettez tout de suite en Front, on dira que vous êtes en train de constituer une alliance et c’est contre les normes en vigueur. Nous respectons la loi.

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Le Gsr prendra-t-il part aux législatives de janvier 2023 ?

La participation à une telle compétition relève d’abord du bureau national, ensuite du conseil national qui va l’approuver. Nous n’avons pas manqué d’élections législatives jusque-là, et nous savons prendre nos responsabilités. A moins de dix mois des élections, on n’a pas encore évolué dans l’établissement de la liste électorale. Si vous n’avez pas toutes les données, vous ne pouvez pas apprécier. Il nous faut un certain nombre de cartes en main pour jouer. Aller à une élection, ce n’est pas faire du tourisme. Et aller aux élections ne donne pas droit à un prix Nobel. J’ai entendu dire « vivement que l’opposition s’organise », et je réponds « vivement que la mouvance se corrige ».

En tant qu’acteur de l’opposition, vous avez sans doute noté des éléments positifs dans la gouvernance actuelle. Pouvez-vous nous en donner des exemples ?

Sur le plan infrastructurel, je suis resté sur ma soif. Au plan des réformes, il y a deux choses que j’approuve, notamment la charte des partis politiques. C’est vrai que l’application a été dénaturée. En dehors de la charte, j’ai aimé le parrainage, mais je condamne la Commission des lois qui a ajouté le terme « au moins à 10 % ». Nous avons dit qu’il faut qu’on ait au moins 10 candidats, pas plus. Donc, nous avons retenu 100 divisé par 10, et chacun devrait avoir 10%. Aussi, j’ai aimé la propreté de nos villes.

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Quel type de parlement attendez-vous pour la 9e législature ?

Le type de parlement est fonction de la libéralisation de l’espace politique. Nous, nous aurions souhaité avoir des parlementaires plus indépendants. Mais peut-on l’avoir dans l’état actuel des choses ? Face à 109 députés, que peuvent faire 10 ou 20 opposants.
Il faut équilibrer les forces.

Mais que fait réellement le Gsr pour changer la donne ?

Nous faisons un travail énorme aujourd’hui, on n’aurait pas dû faire le quart de ce que nous faisons aujourd’hui pour sensibiliser les gens, pour les ramener à la chose politique. Nous avons organisé cette année, précisément le 12 février, notre congrès et mis une cinquantaine de jeunes en formation. En décembre 2021, pour le compte des quatre départements du nord, nous avons organisé une concertation sur le respect des textes de la République.