Environnement et santé: Les morgues du Grand-Nokoué inspectées

Par Joel TOKPONOU,

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L’Agence béninoise pour l’environnement (Abe) déploie une mission d’inspection dans les morgues et funérariums du Grand-Nokoué. Le top de cette activité qui durera dix jours a été donné, hier dans l’enceinte de la morgue du Centre hospitalier et universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel).

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Même morts, les êtres vivants en général et les êtres humains en particulier ont besoin de rester dans un environnement sain jusqu’à leur enterrement, au risque de nuire à ceux qui s’occupent d’eux ou aux populations riveraines des morgues dans lesquelles ils sont déposés. C’est donc pour savoir ce qu’il se passe dans ces milieux que 14 morgues et établissements funéraires se trouvant dans six communes du Grand-Nokoué, en l’occurrence Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji, Ouidah, Porto-Novo et Allada, reçoivent, depuis hier et ce pour dix jours, soit du 20 au 30 septembre, des inspecteurs de l’Agence béninoise pour l’environnement (Abe) pour le contrôle de leurs équipements et des conditions d’entretien des corps. L’opération a été lancée, hier, à la morgue du Centre hospitalier et universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel) au cours d’une cérémonie sobre en présence de plusieurs agents de santé et des cadres du ministère du Cadre de vie et du Développement durable.
Exprimant sa satisfaction pour l’accueil du lancement de cette activité, Lambert Loko Tonoudji, directeur général du Chu-Mel a indiqué la portée d’une telle mission pour les différentes structures concernées. « Une inspection n’est pas forcément pour sanctionner. C’est surtout pour vérifier si les normes règlementaires et législatives sont respectées afin de proposer des corrections au besoin », a-t-il fait savoir. Comme pour montrer la disponibilité de la morgue qu’il dirige à se prêter avec aisance à cet exercice pédagogique mais très redouté, il a dévoilé quelques-unes de ses difficultés. Entre autres, le directeur général du Chu-Mel cite le nombre élevé de corps de nouveau-nés et de mères non identifiés et soumis aux procédures judiciaires subséquentes, la durée trop longue de maintien de certains corps dans la morgue par les parents de défunts, etc.
Au problème lié aux procédures judiciaires, Lambert Loko Tonoudji a obtenu un début de réponse de la part de son interlocuteur du moment, le directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement. Selon François-Corneille Kèdowidé, des démarches sont en cours pour que les tribunaux concernés puissent ordonner l’enterrement de ces corps qui ont passé un temps relativement long dans les morgues privées et publiques afin de libérer de la place. Ce qui contribuera certainement à offrir de meilleures conditions d’entretien des corps.
C’était l’occasion aussi pour le directeur général de l’Abe de revenir sur l’utilité d’une inspection dans les morgues. « Nous ne sommes plus sans savoir que la gestion des établissements funéraires requiert l’application de certaines règles strictes d’hygiène et de plusieurs mesures environnementales sans lesquelles ces établissements peuvent devenir une source de pollution et d’atteinte à la santé humaine », a expliqué François-Corneille Kèdowidé. Cette inspection, poursuit-il, permettra d’apprécier les atteintes à l’environnement et les nuisances environnementales générées par les activités desdites morgues. De manière détaillée, les inspecteurs évalueront les risques environnementaux liés aux activités dans les morgues et vérifieront l’existence de différents documents. Ils feront également des recommandations appropriées pour l’amélioration de la situation environnementale et sanitaire de ces structures.
Par ailleurs, le directeur de l’Abe lance un appel aux populations pour dénoncer les morgues illégales dont elles ont connaissance afin qu’il soit mis un terme à leurs activités. « Nous avons déjà fermé deux morgues qui étaient dans ce cas », a-t-il conclu?

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