Eradication définitive des Mgf et Vbg au Bénin: L’ultime assaut lancé à la cour impériale de Nikki

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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A la cour impériale de Nikki où ils étaient en colloque les 11 et 12 août, les rois, vice-reines ou Gnonkogui, chefs traditionnels, dignitaires du Borgou et de l’Alibori se sont engagés contre les mutilations génitales et autres violences basées sur le genre. Le clou de leur rencontre a été la remise du mémorandum commun en faveur de la lutte à la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé Yérima. C’est une initiative de Cuso International à travers l’exécution de son projet « Femmes engagées pour la dignité humaine (Fedi-Djirima) » financé par le gouvernement canadien par le biais des Affaires mondiales Canada.

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L’assaut final contre les mutilations génitales féminines (Mgf) en général et l’excision en particulier ainsi que d’autres formes de violences basées sur le genre (Vbg), a été lancé hier, jeudi 12 août, à la cour impériale de Nikki. C’est à la faveur d’un colloque organisé par Cuso International et qui a réuni les rois, vice-reines ou Gnonkogui, chefs traditionnels, dignitaires de l’aire Baatonu, Boo, Gando et Peule du Borgou et de
l’Alibori. Le mémorandum issu de la rencontre et signé par chacun d’eux est la matérialisation de leur engagement dans le cadre de cette lutte. Après avoir procédé à la lecture de son contenu à l’assistance, Sa Majesté le Sinadounwirou, premier ministre de l’Empereur de Nikki, l’a remis à la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé Yérima.
« Concernant les mutilations génitales féminines, si hier, elles étaient pratiquées pour assurer la domination masculine, aujourd’hui, qu’est-ce qui peut encore les justifier ? Qu’est-ce que les sociétés y gagnent, en continuant à s’adonner à leur pratique qui expose des vies et hypothèque des avenirs, puis compromet l’épanouissement des filles et retarde leur développement ?», s’est interrogée la vice-présidente de la République.

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Au Bénin, a-t-elle indiqué, en plus des instruments adoptés au plan international, des lois ont également été votées et promulguées visant la protection des enfants contre de telles pratiques, sans oublier les campagnes de sensibilisation des populations et les plaidoyers. Mais, malgré les actions conjuguées et concertées du gouvernement, des Ong et des Organisations de la Société civile, même s’il a reculé depuis quelques années, le phénomène a survécu et ressurgi au niveau des contrées et villages les plus éloignés et inaccessibles du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga, déplorera-t-elle. Au nom du chef de l’Etat, Patrice Talon, elle a remercié Cuso International pour son initiative d’impliquer de façon accrue les garants de la tradition dans la lutte contre les Mgf et les Vbg au Bénin.

Cuso réaffirme sa détermination

Comme elle, Baboni Yacoubou Sinimbou, Zalia Bacoudogo Alassane, les représentantes respectives des ministres en charge des Affaires sociales et de la Justice ont également loué l’engagement pris par ces autorités traditionnelles de jouer leur partition, en aidant à éradiquer définitivement sous l’égide de Son Altesse impériale, le Sinamboko Sabi Naïna III, ce mal qui mine l’aire Baatonu, Boo, Gando et Peule.
A travers son représentant-Pays, Landry Sabin Faton, appuyé par le premier secrétaire du Bureau pays de l’ambassade du Canada, Charles Sarr, Cuso International a réaffirmé sa détermination à restaurer les droits et la dignité des femmes et des filles. Il a promis qu’après le présent colloque, son organisation se servira du projet Fedi-Djirima pour soutenir dans la mesure de ses capacités au niveau de ses zones d’intervention, les actions de restitution et de sensibilisation portées par les rois et têtes couronnées ayant pris part au colloque.
intervenant dans 23 pays dans le monde, Cuso International est une Ong de bienfaisance et de développement présente dans 6 pays africains dont le Bénin. Ses premières actions dans le pays remontent à 2014. Travaillant avec des partenaires locaux, cette Ong impacte plusieurs secteurs dont ceux de la santé, de l’agriculture, du social, de l’environnement, de l’autonomisation et de l’entrepreneuriat des femmes.

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