Estelle E. Akpa-N’Kakou, coordonnatrice du projet « Bon citoyen »: « Nous voulons cultiver la citoyenneté responsable chez les jeunes »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Eduquer les jeunes à la citoyenneté pour une meilleure participation au développement de la cité, c’est le but visé à travers le projet « Tovidagbéfôdidé (Bon citoyen) » initié par Sos Civisme Bénin et Changement social Bénin. Estelle Emilienne Akpa-N’Kakou en est la coordonnatrice. Elle revient ici sur les tenants et les aboutissants du projet.

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La Nation : Qu’est-ce qui a motivé l’initiative du projet « Tovidagbéfôdidé» (Bon citoyen) ?

Estelle E. Akpa-N’Kakou : C’est sur la base d’un certain nombre de constats que nous avons initié le projet. Entre autres, il y a la méconnaissance par les jeunes de leurs droits et devoirs, des attributs et symboles de l’Etat et du sens de la République. Nous avons également noté leur faible participation au débat public, leur faible militantisme dans les associations et mouvements politiques et une tendance générale à la corruption, au régionalisme ainsi que leur manipulation de plus en plus importante par des acteurs politiques. Les jeunes se livrent aussi à des actes de violence et d’incivisme et de cybercriminalité. A cela s’ajoutent l’utilisation abusive et inconsciente des réseaux sociaux pour intoxiquer l’opinion publique et la crise de confiance intergénérationnelle.
Cet état de choses est d’autant plus alarmant que les jeunes sont de plus en plus des vecteurs de violences, constituant ainsi une menace pour la démocratie au sein de notre patrie. Cela appelle à des actions en vue de la promotion d’une citoyenneté responsable et de la démocratie.

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Quels sont les résultats attendus ?

D’une durée de dix-huit mois, le projet a pour principal objectif d’instaurer une culture à la citoyenneté responsable, à la promotion de la démocratie, de l’Etat de droit et de la paix à travers la formation des jeunes pour une participation active à des instances de prise de décisions.
De façon spécifique, il s’agit de développer les compétences de 1435 jeunes, à travers des séances de sensibilisation, des formations, des débats publics, des initiatives citoyennes. Au nombre de ces jeunes, 50 seront activement impliqués dans les élections communales et locales de 2020 et au contrôle de l’action publique. Nous allons les envoyer comme observateurs sur le terrain pour qu’ils puissent vivre la période électorale.

Parlez-nous des autres activités au menu !

Nous avons prévu l’élaboration d’un guide d’éducation à la citoyenneté et à la démocratie. Nous mènerons ensuite un plaidoyer à l’endroit des pouvoirs publics pour son adoption dans le système éducatif. Nous allons renforcer aussi les capacités des points focaux communaux, des enseignants, des pairs éducateurs sur la citoyenneté et la démocratie, créer sept clubs de civisme et renforcer neuf autres, soit au total seize clubs.
Il est également envisagé la conception et la mise en ligne d’une application web-mobile de la citoyenneté et de la démocratie ; la production de plusieurs contenus numériques : capsules vidéo, visuels ; la réalisation et la diffusion de deux émissions télévisées et de 14 émissions radiophoniques.
Au total, 21 débats publics seront organisés à l’endroit des jeunes et de la communauté, 14 initiatives citoyennes de contrôle de l’action publique pour la promotion de la citoyenneté et de la démocratie, 56 ateliers citoyens par les clubs de civisme. La sensibilisation, la veille citoyenne et la participation au débat sur les réseaux sociaux, l’organisation d’un camp de citoyenneté au profit des élèves des clubs de civisme, sont aussi annoncés.
Comme vous le constatez, les jeunes sont au cœur du projet. Tout se fera par eux. Nous les formerons et une fois sur le terrain, ils éduqueront leurs pairs pour que le message puisse passer davantage.
Nous aurons également la vulgarisation du nouveau Code électoral à travers la réalisation et la diffusion de 500 plaquettes dont nous allons nous servir pour sensibiliser en période électorale.

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Quels sont les acteurs impliqués et les zones d’intervention ?

Les activités du projet seront déployées dans sept communes à savoir Abomey-Calavi, Allada, Ouidah, Bohicon, Bembèrèkè, Parakou et Malanville. Ce sont des localités avec lesquelles nous avons déjà travaillé par le passé sur d’autres projets.
Les mairies sont impliquées tout comme les ministères en charge de l’Enseignement secondaire, technique, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur qui nous ont donné l’autorisation d’intervenir dans les collèges et universités ciblés. Les responsables des établissements secondaires, les enseignants ainsi que les parents seront aussi impliqués dans la mise en œuvre du projet pour qu’on puisse impacter un grand nombre de personnes.