Etat de la commune de Kétou:Le diagnostic sans appel du maire Lucie Sessinou

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La cité historique et multiséculaire de Kétou, la terre des descendants d’Odudua, n’a rien oublié de sa riche culture pour accueillir le président Patrice Talon, mardi 1er décembre. Première commune hôte de la tournée présidentielle dans le Plateau, Kétou n’a pas non plus voilé ses maux. Son maire Lucie Sessinou a exposé sans réserve, ce qui empêche Kétou d’être une cité vraiment prospère.

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L’audace d’une femme, la voix d’une mère qui crache sans réserve le mal qui l’étreint pour que des solutions lui soient trouvées. Lucie Sessinou, maire de Kétou, face au président de la République et à la délégation qui l’accompagnait dans le cadre de sa tournée de reddition de comptes, a exposé toutes les difficultés de sa commune. Elle a également fait un focus sur les réalisations du programme d’action du gouvernement qui ont donné un peu plus de charme à la ville. « Depuis bientôt cinq ans, nous n’avons pas été déçus», assure-t-elle. « Nous nous félicitons plutôt du choix que nous avons fait pour la patrie et pour le progrès », appuie-t-elle. C’est pourquoi, à ses yeux, la visite du chef de l’Etat marque le renouvellement du pacte pour la construction d’un Bénin réformé, dynamisé, révélé, et définitivement mis sur orbite pour le développement, la prospérité et la dignité nationale.
Mais à cette terre des agriculteurs laborieux et courageux, des artisans industrieux, des commerçants avisés, il manque encore beaucoup. La mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement a déjà touché le secteur agricole. Mais «pour cultiver le maïs, le manioc, l’anacardier, le palmier à huile, le haricot, les légumes, les agrumes, le coton, et accroitre notre productivité, il faut plus de tracteurs, disponibles à temps et à moindre coût ». Le besoin d’une assistance financière et technique renforcée se fait également sentir. Kétou a besoin de pistes, de beaucoup plus de pistes rurales en bon état et elle ne veut « plus être complètement dépendante des caprices de la pluviométrie ».
Cette saison, par exemple, explique le maire, des milliers d’hectares de maïs, de sorgho, de haricot ont séché sous le soleil, par manque de pluie, avant l’étape de la floraison. Le maire de Kétou tend la main au gouvernement pour plus d’accès à l’eau potable, plus d’écoles et d’enseignants. La commune veut aussi rattraper son retard dans l’accès à l’électricité. Elle rêve d’un barrage hydro-agricole et veut parvenir à l’autosuffisance en matière énergétique. Le centre de santé de Kétou est dépourvu de presque tout. Le vœu du maire, c’est que le passage du chef de l’Etat permette de le doter d’un gynécologue permanent et qu’il bénéficie aussi de la gratuité de la césarienne pour le bonheur des femmes.
Enfin, le sempiternel problème de la transhumance. Dans la commune, elle est vue comme une tragédie dont les manifestations, à chaque saison sèche, dépeuplent de nombreux villages, perturbent l’activité agricole, occasionnent des pertes en vie humaine, des blessés par centaines, des destructions de biens et de villages entiers. «Malgré les efforts déjà consentis par le gouvernement, ma commune souffre encore et toujours cruellement de ce fléau », indique le maire qui voudrait que la saison sèche en cours épargne ses concitoyens des drames de la saison passée.

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Grandes réalisations

La longue liste de doléances qu’égrène Kétou ne l’empêche pas de témoigner sa gratitude pour les changements notés depuis la mise en œuvre du Pag.
La réalisation de la route Kétou-Savè et ses bretelles sera évoquée en premier. « Je ne serais pas capable de vous décrire toute la résonance un peu mythique et mystique de cette route légendaire, rêvée par nos ancêtres depuis des siècles.
C’est à la houe et au coupe-coupe que les deux fils d’Odudua, l’Alakétou et l’Onishabè, s’évertuaient à maintenir et entretenir à travers cette route, les liens de sang entre les deux royaumes frères, Kétou et Savè», indiquera le maire. Pour elle, le président de la République est «définitivement entré dans l’histoire en transformant ce rêve séculaire en réalité palpable ». Pour le bitumage de l’axe Porto-Novo-Missérété-Pobè et ses prolongements dans les communes d’Ifangni, de Sakété, de Pobè, d’Adja-Ouèrè et de Ouinhi, elle remerciera aussi le gouvernement pour « un ouvrage d’une portée économique et sociale sans précédent ». Le stade municipal de standing international en construction, le musée Akaba-Idena en réhabilitation qui fait la joie de toutes les divinités fondatrices de Kétou, l’appui aux artisans pour atténuer les effets néfastes de la Covid-19, le projet Arch… « Vous avez mis le Bénin sur les rails avec les réformes entreprises depuis votre arrivée à la tête de notre pays. Avec vous, nous voulons poursuivre notre voyage vers la destination du progrès et de la prospérité », lancera Lucie Sessinou en direction du président Patrice Talon. Des réformes politiques menées avec « un rare courage », elle en dira aussi un mot, suggérant au passage que « la démocratie et les libertés cessent d’être dans notre pays des biens de luxe réservés à la jouissance intellectuelle d’une élite privilégiée, corrompue et mystificatrice, que la paupérisation des masses populaires et la descente aux enfers continue du pays ne préoccupent guère ».

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Nous résistons plus fièrement

Avec la fermeture de la frontière avec le Nigeria, beaucoup voyaient Kétou en difficulté. La commune partage avec ce pays, une frontière longue de près de cent kilomètres. La situation a « beaucoup perturbé au départ», mais « nous avons appris chaque jour à nous adapter au mieux à cette situation malencontreuse, inattendue », indique le maire de Kétou. « Nous résistons d’autant plus fièrement que le Pag réalise chez nous, à Kétou, des projets qui renforcent la confiance en nous-mêmes et la certitude qu’il est payant de compter d’abord sur nos propres forces mais sans jamais tourner le dos à l’intégration régionale», laisse entendre le maire Lucie
Sessinou.

Elle remerciera ensuite le président de la République pour avoir « su amener le Béninois à adhérer chaque jour un peu plus à la dynamique de l’effort patriotique, et aux exigences de la construction d’une nation libre et prospère». Chaque jour un peu plus, le Bénin devient plus crédible, mieux considéré, plus respecté, estime l’élue. Pour ce qui concerne Kétou, elle est prête à jouer sa partition dans l’effort de construction nationale, s’engage son maire.
Quid de l’Université d’agriculture de Kétou?
L’Université nationale d’agriculture, dont le site principal se trouve à Kétou n’a pas échappé au discours du maire à l’occasion de la séance de travail avec le chef de l’Etat. Première difficulté de ce lieu du savoir, son rectorat se trouve à plus de 200 kilomètres du site d’implantation. Ce que veut le maire, c’est que le chef de l’Etat et son gouvernement donnent les moyens à cet établissement d’enseignement supérieur pour qu’il soit « autre chose qu’un gros lycée agricole perdu dans une brousse dans le département du Plateau ».
Dans l’ambition du gouvernement de transformer l’agriculture pour en faire l’une des bases de l’économie nationale, cette université devra jouer un rôle de locomotive, pense-t-elle. Raison pour laquelle, elle supplie le président de la République de porter sur cet établissement, une attention particulière afin de lui faire jouer le rôle qui est le sien. « L’université nationale d’agriculture n’a pas besoin de dupliquer ou répliquer ce que font déjà si bien les facultés des sciences agronomiques d’Abomey-Calavi et de Parakou », indique le maire. « Elle a surtout besoin de former, d’équiper, de soutenir et d’encadrer les techniciens, véritables entrepreneurs agricoles dynamiques et inventifs », suggère l’élue. J.F.M

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