Etat des droits de l’Homme : regard des experts francophones sur le Bénin

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Le Bénin est sous les feux de la rampe depuis son élection au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Au détour d’un atelier à Cotonou, en novembre dernier, sur le rôle des institutions nationales des droits de l’Homme (Indh) dans les processus électoraux, des experts se sont prononcés sur les progrès et défis du pays en matière de droits de l’Homme.

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« Le Bénin a progressé…», a indiqué Michel Forst, secrétaire général de l’Association francophone des Commissions nationales des droits de l’Homme, se référant surtout à l’élection du pays au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. A l’en croire, même si des efforts restent à faire, c’est un progrès qu’il faut relever. Il souligne qu’il faudra faire confiance aux institutions, au gouvernement, afin de l’accompagner à aller un peu plus de l’avant, faire mieux et démontrer que l’élection du Bénin au Conseil des droits de l’Homme est une élection légitime et que le pays va davantage progresser sur le chemin de l’Etat de droit, et être un modèle pour d’autres pays de la sous-région. « Les recommandations qui viennent des Nations Unies montrent qu’il y a encore des efforts à faire. Et la Commission béninoise des droits de l’Homme est un instrument essentiel qui doit permettre à l’Etat de continuer à faire mieux et d’assurer à tous les citoyens, l’exercice des droits et des libertés garantis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme », a déclaré le secrétaire général de l’Association francophone des Commissions nationales des droits de l’Homme, Michel Forst.

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Une approche plus globale

Le président du Comité sénégalais des droits de l’Homme, Me Papa Sène, est également admiratif des progrès réalisés par le Bénin. Il affirme sans détour que le Bénin est un pays stable sur le plan institutionnel, et toujours cité en exemple parlant de démocratie en Afrique. Pour ce qui est de l’évolution de la démocratie béninoise au cours de ces dernières années, Me Papa Sène a une approche holistique du degré de respect des droits de l’Homme. « J’ai souvent l’habitude de dire que, pour mesurer le degré de respect des droits de l’Homme dans un pays, il faut également y évaluer le niveau de démocratie, le niveau de respect des droits humains, de l’Etat de droit… », a-t-il expliqué. Car, il n’y a pas que le respect des droits de l’Homme qui constitue un critère d’évaluation. « Et il ne fait l’ombre d’aucun doute que le Bénin a toujours été cité en exemple comme un Etat de droit. Vous avez une alternance qui dure depuis longtemps. C’est aussi un pays où les élections se déroulent dans la paix, la sérénité et nous osons espérer que quand les élections se passent dans une telle ambiance, on peut présumer de ce qu’il y a la démocratie, qu’il y a l’Etat de droit. Maintenant, quant aux contestations, ça ne manque pas souvent », a indiqué Me Papa Sène.

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Des défis

Selon l’avocat, les défis sont nombreux pour les Etats, qui sont interpellés sur plusieurs fronts. Mais l’un dans l’autre, le Bénin serait sur la bonne voie. « Il faut construire la démocratie politique dans nos pays, la démocratie économique et sociale, et en termes de priorité aujourd’hui, nos Etats sont de plus en plus interpellés sur la démocratie économique et sociale. C’est cela qui va nous donner les coudées franches pour aller vers une démocratie politique. Et je pense que le Bénin est sur la bonne voie », fait observer Me Papa Sène avant d’ajouter « J’ai eu la chance de faire le Bénin en 2008. Mais quand je suis descendu à Cotonou, comparé à 2008, je me suis complètement perdu. J’ai vu que le pays est en train d’être révolutionné en termes de grands travaux, mais aussi en termes d’organisation. C’est ce qu’on veut en Afrique. L’homme qui est à la tête de ce pays est en train de faire des efforts. Il y a une très grande différence entre le Bénin de 2008 que j’ai connu et le Bénin de 2021 ».