Expérience Barka du Paefe au profit des déscolarisés: Bilan prometteur après la 2e phase

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Experience Barka

Les centres Barka à travers le Programme d’appui à l’éducation et à la formation des enfants exclus du système éducatif (Paefe) font des merveilles au Bénin. C’est une initiative de la Coopération Suisse en partenariat avec le gouvernement mise en œuvre par Helvetas Bénin en consortium avec Solidar Suisse. Le bilan et les perspectives de la deuxième phase dudit programme ont été passés au scanner ce mercredi 21 juillet à la faveur d’un panel dans les locaux de Canal Olympia à Cotonou.

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Des milliers d’enfants du Bénin sauvés de la déscolarisation, des communautés épanouies ! Le Programme d’appui à l’éducation et à la formation des enfants exclus du système éducatif (Paefe) à travers les centres Barka est une chance pour le Bénin et ses enfants ayant raté l’école classique. Il vise à appuyer la mise en œuvre d’une alternative éducative adaptée aux réalités socioéconomiques pour les enfants de 9 à 15 ans exclus du système éducatif. Les classes Barka grâce au programme Paefe, ce sont dix ans d’expérience au Bénin, pour environ dix mille enfants impactés et dix milliards de ressources allouées.
Pour mieux cerner le programme et ses actions, un panel a été organisé ce mercredi autour du thème, «Quel bilan après la 2e phase de mise en œuvre (2016-2020) et les grands pas vers la mise à l’échelle pour une prise en charge des enfants de 9-15 ans en dehors de l’école ? ».
Le programme Paefe aide les bénéficiaires à saisir leur destin. Elle leur offre ce que la vie leur a arraché en termes d’éducation scolaire et d’apprentissage. « Au regard de l’impératif qu’imposait à nos consciences humaines, le sérieux péril des millions d’enfants exclus de l’école béninoise, nous avons l’obligation d’apporter une lueur d’espoir dans les ténèbres de ces âmes innocentes », assure Nadine Oké, coordonnatrice du Paefe.
L’initiative a permis de combler beaucoup d’écarts. Célestin Dembélé, directeur pays de Helvetas met l’accent sur le taux de déperdition scolaire : « Au plan national, 40 % des enfants ne finissent pas le primaire. Les statistiques locales sont plus effrayantes et révèlent que 70 % des enfants sont déscolarisés ».
Dèwanou Avodagbé, directeur de cabinet du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp), évoque la misère et la pauvreté pour expliquer la déscolarisation des enfants, en dépit des efforts du gouvernement.
Mais le modèle Barka a tôt fait de réduire ces phénomènes. Deuxième chance à la déscolarisation, il est en même temps la première chance à l’alphabétisation. « Le modèle est bilingue. Il prend en compte la langue du milieu pour des enfants de 9 à 15 ans », explique Célestin Dembélé.

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Spécificités

Ses spécificités tiennent à l’initiation aux métiers, la valorisation des talents, l’appropriation des connaissances générales et la préparation des bénéficiaires à la vie active.
Après cinq ans de mise en œuvre, ce programme a plus que sa raison d’être. Les classes Barka, ce sont aussi de pathétiques histoires qui ont changé la vie de milliers d’enfants au Bénin. Les résultats et impacts témoignent de son bien-fondé. « Environ dix mille enfants de 9 à 15 ans dont plus de cinq mille filles ont été rescolarisés grâce au Paefe. 2956 enfants issus des centres Barka dont 1656 filles ont été présentés au Certificat d’études primaires de 2016 à 2021, avec 1560 admis dont 878 filles », dévoile Nadine Oké, coordonnatrice du Programme.
Mieux, le programme a contribué à la réalisation de 109 salles de classe, 114 latrines séparées pour filles et garçons, 26 magasins pour la cantine autogérée, 54 forages pour la réalisation du jardin, 2010 tables-blancs, 100 chaises, 100 armoires et 100 bureaux pour enseignants.
Treize communes des départements du Borgou-Alibori sont privilégiées pour le compte de cette 2e phase. Les maires des communes bénéficiaires s’en réjouissent. « Ce programme est une grande opportunité pour nous. Il révèle des talents dans le rang de nos enfants », apprécie Alassane Nouhoun Abdoulaye, maire de Pèrèrè. Des exemples de réussites de bénéficiaires à l’appui, il parle des merveilles que réalise Barka dans sa communauté.
Son homologue de Ségbana, Orou Zimé Bio Tian, en est suffisamment comblé.
« L’expérience est très appréciée. Barka est un ouf de soulagement. Quand une âme est sauvée, ce sont tous les anges qui dansent. Quand un enfant est scolarisé, ce sont tous les Béninois qui doivent danser », s’exclame-t-il.
Présente au Bénin depuis 40 ans, la Suisse est très engagée dans le secteur éducatif. Elle accompagne les efforts du gouvernement pour renforcer l’éducation de base, l’éducation formelle…. Elisabeth Pitteloud Alansar, cheffe de coopération Suisse au Bénin, justifie le choix des deux départements bénéficiares : « Les indicateurs étaient préoccupants. La Suisse concentre ses efforts sur ces départements pour ne pas se disperser ».
Qu’il s’agisse du dispositif pédagogique, la participation et l’adhésion des communautés, l’éveil des enfants aux activités culturelles, l’initiation aux métiers, tout a été retracé par le modèle Barka à travers le Paefe.
Le Bénin est appelé à saisir ce programme comme une chance pour pérenniser ses acquis au profit des enfants déscolarisés.

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