Explosion des demandes d’actes sécurisés : L’Anip rassure de la célérité dans le traitement (Un Ravip complémentaire annoncé pour bientôt)

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Anip, annonce un Ravip complémentaire pour février-marsA en croire Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Anip, le Numéro personnel d’identification est en amont et en aval de toutes les procédures au Bénin

Face aux fausses rumeurs sur la célérité et la fiabilité des services de l’Agence nationale d’identification des personnes, Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Anip est monté au créneau. Lors d’un point de presse donné vendredi 21 janvier dernier, il a évoqué la forte sollicitation de l’agence puis apporté des clarifications sur la situation des personnes non retrouvées dans la base de données.

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L’Agence nationale d’identification des personnes est de plus en plus sollicitée par les populations car les actes sécurisés qu’elle délivre sont aujourd’hui exigés par plusieurs structures et organisations aussi bien publiques que privées. C’est, selon Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Anip, la preuve que la modernisation de l’état civil au Bénin est une réforme attendue et appréciée. Mais en dépit de la forte sollicitation de l’Anip, notamment de l’explosion des demandes de délivrance d’actes, l’Anip continue de faire preuve de célérité dans le traitement. Les usagers sont satisfaits dans des délais raisonnables. « Le Ravip n’a pas été fait sur un coup de tête. Derrière le Ravip, il y a tout un programme de modernisation de l’état civil, de la gestion des identités. L’Anip a été mise en place et a entrepris les réformes nécessaires si bien que la donne incontournable aujourd’hui, c’est que pour certains dossiers administratifs, vous avez besoin d’apporter la preuve de votre identification au Registre national des personnes physiques. Du coup, si vous n’aviez pas fait le Ravip en son temps, vous ne pouvez plus être satisfait de la même manière que ceux qui avaient fait le Ravip », fait remarquer Cyrille Gougbédji. En effet, certaines personnes se plaignent des délais de délivrance d’actes sécurisés alors qu’ils n’avaient pas fait le Ravip. Le paradoxe, c’est que ceux-là qui n’avaient pas fait le Ravip et qui bénéficient d’un dispositif de rattrapage, deviennent les plus exigeants. Ils veulent avoir les actes sous 24 h, sous 48 h…
« Nous demandons de la tolérance à ceux qui sont dans ce cas ; parce qu’il ne sert à rien de monter sur les réseaux sociaux et de tirer à boulets rouges, alors qu’ils ont fait une demande pour laquelle ils ne remplissent pas encore toutes les conditions, et pourtant ils bénéficient des faveurs du service public »,
a laissé entendre Cyrille Gougbédji. Il rassure néanmoins de la célérité avec laquelle les dossiers sont traités car, affirme-t-il, quelle que soit la situation, l’individu ne doit pas être privé de son droit à l’identité qui est un droit fondamental.

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Un Ravip complémentaire

En 2017-2018, l’opération appelée Recensement administratif à vocation d’identification des personnes a été réalisée avec un taux impressionnant de plus de 95 % de la population. « Au moins dix millions de personnes avaient cru à cette initiative du gouvernement. Ceux-là n’ont pas de problème aujourd’hui. Ils demandent leurs actes, ils sont satisfaits. S’ils ont des rectifications ou des corrections à demander, ils le font et ils ont satisfaction », fait savoir Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Anip. Mais il y a une partie de la population qui n’avait pas participé à l’opération du Ravip. Et il ne s’agit pas d’une centaine de personnes mais de milliers de personnes qui n’y ont pas participé soit par désinvolture, soit parce qu’elles étaient empêchées, ou pour des cas de force majeure (maladie, voyage…). A en croire Cyrille Gougbédji, un dispositif d’enrôlement continu a été mis en place à l’Anip pour recevoir les demandes d’enrôlement. Mais il y a depuis le mois d’octobre, une montée en puissance des demandes d’enrôlement. Cette explosion est liée au fait qu’il y a des apprenants qui ont besoin d’actes sécurisés et qui n’avaient pas participé au Ravip. Il y a des agents de l’Etat qui aujourd’hui savent que s’ils ne sont pas identifiés, ils ne peuvent pas percevoir. Il y a aussi le fait qu’à la sécurité sociale, sans actes sécurisés, les dossiers ne passent pas. En outre, pour enregistrer une carte Sim, le numéro personnel d’identification devient nécessaire et pour bénéficier de microcrédit, il faut avoir un certificat d’identification personnelle. Autant de situations qui amènent les citoyens à solliciter les services de l’Anip. Ceux qui avaient pris par le Ravip sont aisément satisfaits. Mais pour les autres, il faut d’abord les enrôler au Ravip. D’une petite activité de rattrapage, l’Anip s’est retrouvée depuis octobre dans une situation d’opération de Ravip et a dû installer des postes d’enrôlement au niveau des arrondissements de Cotonou et dans toutes les mairies à l’intérieur du Bénin. Mais une chose est de collecter, et l’autre est de traiter pour que cela figure au Registre national des personnes physiques. « C’est pourquoi nous voulons éclairer l’opinion pour que ceux qui se retrouvent dans cette situation puissent comprendre que des moyens avaient été déboursés pour aller dans toutes les contrées faire le Ravip. Et nous avons encore en perspective, une pareille opération pour les mois de février et mars. Les gens iront au niveau des arrondissements, partout dans le pays pour faire leur Ravip… Pendant ce temps, nous devons faire face à l’explosion de la demande et nous invitons les citoyens à la patience », a déclaré Cyrille Gougbédji.
Il a également apporté des clarifications sur la situation des personnes non retrouvées dans la base de données et qui accusent l’Anip de ne pas satisfaire avec diligence leurs demandes de délivrance d’actes. Aux usagers appelés Personnes non retrouvées à qui on dit que le dossier est passé au contentieux et qui ne comprennent pas, Cyrille Gougbédji fait savoir que cela n’est pas fait à dessein. Au contraire, cette situation est due au manque d’honnêteté de certains citoyens qui se sont fait enrôler plusieurs fois au Ravip mais qui jurent ne l’avoir fait qu’une seule fois. « Le système les envoie sur ce qu’on appelle la liste de fraudes. Donc quand on fait les recherches, on ne les retrouve pas. Il faut que le comité de sauvegarde statue sur leurs cas, fasse des investigations pour ne valider qu’une seule présence dans la base de données », a expliqué le gestionnaire mandataire de l’Anip. « Les Pnr, c’est aussi le cas de ceux qui viennent demander des actes sécurisés avec leurs anciennes pièces d’état civil qui portent des informations qui ne sont pas en harmonie avec les informations et les pièces qu’eux-mêmes ont fournies pour faire le Ravip. Il faut donc corriger et harmoniser »,
ajoute Cyrille Gougbédji. Il évoque également la situation de milliers de compatriotes, de jeunes gens généralement de 18 à 25 ans qui sont candidats à l’émigration et dont la destination, ce sont les pays du Golfe. « Ils viennent avec des documents falsifiés et demandent à obtenir la carte d’identité biométrique sous une fausse identité. Comment ceux-là peuvent-ils être satisfaits ? Et ce sont ces personnes qui font encore des pressions sur les réseaux sociaux », se désole Cyrille Gougbédji. Il prévient d’ailleurs les auteurs de falsification en matière d’identité qui courent des risques d’emprisonnement.