Félix Adégnika sur le nouveau code de l’hygiène publique : « Ça permettra aux citoyens de mieux se comporter »

Par Benaja Henoc Schallum GBEDJISSI,

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Félix Adégnika sur le nouveau code de l’hygiène publique « Ça permettra aux citoyens de mieux se comporter »Félix Adégnika, Expert en hygiène et assainissement

Le Bénin dispose d’un nouveau code d’hygiène publique. Expert en hygiène et assainissement, Félix Adégnika relève quelques innovations et note la satisfaction du Cadre de concertation des acteurs non étatiques pour l’Eau et l’Assainissement (Canea).

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La Nation : Après trois décennies, le Bénin se dote d’un nouveau code d’hygiène publique. Comment les acteurs non étatiques pour l’Eau et l’Assainissement, l’ont-ils accueilli ?

Félix Adégnika : C’est une grande satisfaction, une fierté. Le Bénin se dote ainsi d’un nouvel instrument de promotion et de valorisation du cadre de vie. L’ancien code de l’hygiène publique, comme vous le savez, est dépassé face aux défis de développement. C’est un code adopté le 21 septembre 1987. Mais après, il y a eu les réformes sur la décentralisation, les objectifs du millénaire pour le développement (Omd), les objectifs de développement durable (Odd). Toutes ces exigences ont nécessité la revue de la loi sur l’hygiène publique. C’est donc pour nous un ouf de soulagement. Qu’il vous souvienne que la première proposition pour corriger l’ancienne loi a été déposée au parlement en 2013. Après maints échanges et tergiversations, il a été demandé de reformuler. La reformulation a été déposée en 2018. Imaginez-vous combien de mandatures sont passées pour qu’enfin, on puisse avoir cette loi votée. Je voudrais remercier le Parlement et son chef, le réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement, le réseau des parlementaires pour la décentralisation, et toute la société civile béninoise, sans oublier les médias qui ont joué un rôle prépondérant dans l’avènement de cette nouvelle loi. C’est pour nous une satisfaction. Nous avons un nouvel instrument de développement, dans le sous-secteur hygiène et assainissement.

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Quelles sont les grandes innovations contenues dans cette loi ?

Les innovations sont importantes en ce qu’elles intègrent le nouveau contexte, c’est-à-dire la décentralisation référée sur les objectifs de développement durable. Mais il y a aussi des défis nouveaux qui sont apparus, notamment la gestion de l’hygiène menstruelle, l’hygiène dans les lieux publics qui n’était pas suffisamment développée dans l’ancien code. Les structures qui doivent faire la veille, la promotion et la sanction, comme la brigade sanitaire et la police environnementale ont été fusionnées. Les sanctions prévues ont été revues. Qu’il vous souvienne qu’autrefois, la peine minimale était de 2 000 F Cfa et celle maximalle est située entre
5 000 et 500 000 F Cfa.
Aujourd’hui, il y a aussi bien des sanctions pécuniaires que des privations de liberté. Elles vont de 50 000 à 3 millions de F Cfa. Cependant, pour les crimes, ça va d’un an à trois ans de privation de liberté et pour les petites infractions, c’est un an. Aujourd’hui, pour enfreindre la loi, il faut réfléchir par deux fois. Ça permet aux citoyens béninois de mieux se comporter et de ne pas penser que c’est juste 2000 F Cfa à payer comme sanction pour jeter les ordures n’importe où. Il y a beaucoup d’autres innovations dans ce nouveau code. L’hygiène alimentaire a été, par exemple, adressée, surtout l’hygiène sur les places publiques et la gestion des cadavres. Il y avait quelques lignes dans l’ancienne loi. Mais cette fois-ci, une attention particulière a été portée sur ces aspects-là. La fusion de la police sanitaire et de la police environnementale est une très bonne option. Parce que la police sanitaire n’a pas bien fonctionné, malgré l’importance qu’on lui a reconnue. Elle n’a pas eu les moyens et le personnel approprié. Maintenant que c’est fusionné avec la police environnementale, et beaucoup plus structurée, je pense que ce sera une bonne chose qu’on fusionne les moyens pour atteindre les objectifs communs.

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Quelle sera la partition de la société civile engagée pour l’hygiène et l’assainissement après la promulgation de cette loi par le chef de l’Etat ?

La loi est votée. Il reste qu’elle soit promulguée. Mais c’est un premier combat gagné. Ensuite, cette loi fait référence à beaucoup de décrets d’application. S’il n’y a pas de décrets d’application, on n’aura rien fait. La loi va demeurer telle. Je voudrais donc inviter le ministère de la Santé et le ministère du Cadre de vie, de même que les bonnes volontés qui ont contribué à l’avènement de cette loi de se remobiliser. Nous, du côté de la société civile, nous sommes prêts pour qu’on puisse répertorier rapidement les décrets qui vont avec cette loi et les valider par les acteurs majeurs du secteur. J’ose espérer que d’ici à six mois, cette loi puisse être applicable sur le terrain. Aussi, une loi après sa promulgation mérite d’être vulgarisée. Donc, la société civile fera en sorte que nul ne puisse l’ignorer. Il faut donc connaître cette loi. Nous allons nous organiser pour en faire une large diffusion, une large appropriation des projets concernant l’hygiène et l’assainissement en cours.