Festival ReBI@P 2019: Un réquisitoire pour dénoncer les déboires du cinéma béninois

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Le rideau est tombé, samedi 14 décembre dernier, sur la Rencontre des belles images africaines de Parakou
(ReBI@P). Outre la capitale sous régionale du cinéma africain qu’elle aura été depuis mercredi 4 décembre, la cité des Kobourou restera également le point de départ de l’appel pour une dynamisation du septième art béninois.

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Pari gagné pour le délégué général du ReBI@P, Eric Georges Nougloï et le comité d’organisation. Malgré les difficultés auxquelles ils ont été confrontés, ils ont réussi l’exploit de conduire jusqu’à terme l’édition 2019 du festival. Les ateliers et les communications programmés, ainsi que les projections de films annoncées ont eu lieu grâce à la détermination et la persévérance dont ils ont fait preuve.
Comme c’est le cas depuis 2012, l’édition 2019 de ce festival a également réuni plusieurs acteurs cinématographiques béninois et de la sous-région ouest africaine. En témoigne la présence de Guy Désiré Yaméogo et de l’acteur Joseph Tapsoba alias « Chocho» à Parakou.

Le ReBI@P 2019 a vécu

Mais au-delà de la satisfaction personnelle qu’il éprouve pour avoir su tenir le cap pendant plusieurs éditions, Eric Georges Nougloï ne tient pas à se contenter des résultats obtenus. Selon lui, beaucoup reste encore à faire pour le développement du cinéma au Bénin. « Le cinéma va mal en Afrique. Il ne s’en porte pas bien au Bénin. Ayons le courage de le dire. Depuis que l’industrie cinématographique a vu le jour au Bénin, les politiques qui se sont succédé les uns après les autres l’ont négligée ou reléguée au rang de babiole », s’est insurgé le délégué général du ReBI@P. A l’en croire, le financement du Fonds des Arts et de la Culture, l’accompagnement du cinéma au Bénin restent encore faibles. « Le regard dédaigneux des décideurs déteint sur la production cinématographique du pays ainsi que l’attitude des téléspectateurs qui abandonnent de plus en plus les productions locales au profit des productions étrangères», a également fait observer Eric Georges Nougloï. « Heureusement que de ce cliché sombre se dégagent, des perles rares, des hommes exceptionnels qui, à bras le corps, donnent de leur temps et de leur sueur et mènent toujours le combat pour le rayonnement du cinéma », a-t-il poursuivi.
Des propos que renchérit le réalisateur béninois Ignace Yèchénou. Il fustige l’absence des autorités compétentes à ces genres de manifestations organisées pour faire la promotion du cinéma au Bénin. « Je suis souvent déçu de constater qu’au cours de ces grands rendez-vous qui tiennent toujours malgré les moyens qui manquent, que ce soient toujours leurs représentants qu’ils dépêchent sur les lieux», a-t-il déploré. «Autant nous la réclamons tous, nous reconnaissons que cette culture est ce qu’il nous faut pour aller vraiment loin», a précisé le réalisateur.
Le parrain de cette 8e édition du Festival ReBI@P, Alain Adihou propose alors que l’industrie cinématographique du Bénin soit portée le plus haut et le plus loin possible, malgré les entraves de toutes sortes. « Tel doit être le défi de tous les instants et également de tous », insiste-t-il. « Nous partageons cette conviction de faire de la culture cinématographique dans notre pays, un défi générationnel relevé », a-t-il également indiqué. Selon lui, l’espoir est encore permis. « Quand il y a l’espoir, c’est qu’un jour on va voir le bout du tunnel », ajoute le directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts du Borgou et de l’Alibori, Adam Soulé.

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