Festivités du panthéon vodoun: Expressions cultuelle et culturelle à Ouidah

Par Josué F. MEHOUENOU,

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10 janvier. Jour de fête, jour de célébration des religions endogènes. Plus qu’une tradition qui se respecte chaque année, cette célébration est devenue au fil du temps, un évènement touristique de grande envergure que le Bénin compte hisser comme un atout pour son développement. Ouidah en a donné la preuve le 10 janvier dernier.

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Belle ode aux religions endogènes. Et c’est abalola Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts qui s’est donné à l’exercice. Ce 10 janvier, date de célébration du vodoun, de ses adeptes et dignitaires, il n’est pas allé à Ouidah uniquement pour représenter le gouvernement. Il y est allé surtout louanger le vodoun et tout ce qui y est contenu. « Les religions endogènes constituent le pétrole ou l’or qui dort dans notre sous-sol et il ne nous reste plus qu’à l’extraire ». Il n’en fallait pas plus pour faire entendre la clameur sur cette belle plage de Djègbadji, lieu séculaire d’hommage et de vénération des dieux du panthéon vodoun depuis des lustres. « Célébrer nos religions endogènes tous les 10 janvier constitue une occasion pour notre pays de vibrer au rythme d’une fête dans le but de réhabiliter un culte traditionnel longtemps diabolisé, parce que mal connu », admet-il. Personne en effet ne peut aujourd’hui contester au Bénin la paternité du
vodoun, culte voué à un ensemble de divinités présentes partout, en tout, ajoute le ministre qui reconnait que « le
Bénin est le berceau du vodoun» et que « c’est avec fierté qu’on lui concède une place importante dans notre identité ».
Message encenseur ? Peut-être. Mais l’occasion était tout indiquée pour complimenter ces multiples divinités dont les garants, les gardiens, les praticiens, adeptes et sympathisants étaient représentés au plus haut niveau. Pour Jean-Michel Abimbola, depuis le 6 avril 2016, le Bénin est entré dans l’ère d’une conscience culturelle inédite. «Le tourisme constitue l’un des vecteurs du développement socio-économique du Bénin et la culture en est le principal intrant. Dans cette logique, nos religions endogènes occupent une place de choix. Elles méritent dès lors d’être portées à la connaissance d’un public de plus en plus demandeur», assure-t-il. Dorénavant, dans l’entendement de Jean-Michel Abimbola, cette fête sera une fenêtre de plus pour le pays pour mieux se révéler au monde. Pour ce 10 janvier, Ouidah s’est volontiers offerte pour une expérimentation de ce que sera cette fête à l’avenir.

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Du cultuel au culturel !

Du vodoun, protéger ce qui doit l’être et révéler au grand public ce qui peut l’être. Cette revendication de vieille date de ses dignitaires prend enfin corps. Une belle illustration en a été donnée sur la plage de Djègbadji à Ouidah, lieu des festivités officielles. D’abord le cultuel. Et c’est l’arrivée du
pontife du vodoun, Daagbo Hounon Tomajlèhoukpon II qui lance le déroulement des festivités. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, quand on sait que c’est lui qui reste à la manette avec sa suite restreinte pour communier avec les entités sur la plage chaque 10 janvier. Il en prendra les rênes à 11 heures. Pendant 15 min, loin de tout regard et accompagné de quelques initiés, il est resté dans l’enclos pour le traditionnel rite. Le public n’entendra que les échos de sa lourde voix avec les prières, les bénédictions et chants qui s’enchainent. Les bénédictions de Daagbo Hounon Tomajlèhoukpon II suivront. Celles adressées notamment au chef de l’Etat, à son gouvernement, à la nation et à toute la population. Les officiants ressortent de l’enclos l’air satisfait, la démarche royale et cadencée pour rallier leurs places. Pour le cultuel, c’en était fini. Place pouvait donc être faite au culturel.
Dira-t-on que les chants, danses, parades et démonstrations des adeptes, autant que leurs accoutrements et parures constituent le point d’attraction des touristes et autres curieux qui investissent chaque 10 janvier la plage de Djègbadji ? Possible. Ce vendredi 10 janvier, ils étaient des dizaines, venus de différents pays pour découvrir (pour les uns) et redécouvrir (pour les autres), les richesses du vodoun. La plupart d’entre eux, à l’instar de l’étudiante américaine Carloa James foulent le sol béninois pour la première fois et c’est à Ouidah qu’ils ont passé le clair de leur temps, entre tourisme et découvertes. «C’est magique et magnifique tout ce que nous découvrons ici», s’extasie la jeune Américaine de 18 ans au bout de la longue séance de démonstration qui a vu se succéder des adeptes de différents couvents avec leurs chants, danses, pirouettes et autres numéros acrobatiques.
C’est aussi là l’autre charme de Ouidah. Un terroir pluriculturel qui témoigne de la diversité des cultures, selon son maire, Célestine Adjanohoun.
« Kpassè, Ouidah, Gléxwé accepte et partage les valeurs culturelles et se propose de consolider le vivre-ensemble qui traduit l’acceptation de l’autre et transforme Ouidah», soutient-elle. Comme elle, bien d’autres personnalités y croient aussi, sans doute. Ce qui justifie la présence à la plage de Djègbadji du ministre en charge des Sports, Oswald Homeky et celui en charge des Infrastructures, Hervé Hehomey, du conseiller spécial du président de la République et de nombreuses autres personnalités ainsi que des invités.

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