Fête des religions traditionnelles:« Le retour de Mami Wata » aux racines

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Plus de 100 objets sur la divinité des eaux, Mami Wata, font l’objet d’une exposition permanente au centre culturel Villa Karo de Grand-Popo. Dénommée « Le retour de Mami Wata», c’est une collection de statuettes protéiformes provenant d’une dizaine de pays.

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Une exposition intitulée «Le retour de Mami Wata», une collection de statuettes représentant la déesse protéiforme, force l’admiration au centre Villa Karo à Grand-Popo. Les œuvres rassemblées par Matti-Juhani Karila, journaliste et collectionneur, proviennent d’une dizaine de pays : Bénin, Togo, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Madagascar, Sénégal, Mali, Liberia.
Ces objets avaient été exposés dans deux musées à Helsinki, en Finlande, avant d’être rapatriés définitivement au Bénin où ils retrouvent leurs origines. Cet acte du collectionneur entre dans le cadre des discussions sur la restitution des objets ouest-africains des musées ethnographiques de l’Europe, indique Georgette A. Singbè, manager culturel de la Villa Karo et commissaire de l’exposition.
Tout en montrant cette riche collection sur Mami Wata, l’exposition amène à se demander ce que devient la déesse protéiforme, lorsqu’elle est transformée en œuvre d’exposition, signale-t-elle.
Les textes qui accompagnent l’exposition présentent deux visions différentes de la déesse et de la religion vodoun : un regard scientifique posé par le professeur Henry Drewal, historien de l’art, et une explication religieuse de Adogbagbé Djègnonsi, prêtresse de Mami Wata à Onkihoué (Grand-Popo).
« Mami Wata est à la fois un esprit et un être humain tout comme nous. Mami Wata est le nom commun de tous ces esprits qui vivent dans l’eau, comme nous les êtres humains on nous appelle hommes. Il y a des Mami mâles et des Mami femelles », fait savoir cette dernière. Elle précise que tous les Mami Wata n’habitent pas les mêmes lieux: les uns habitent dans les eaux douces, et les autres dans la mer. Au nombre des variétés de Mami Wata, elle cite : Hya Mami Densu, Mami Apouké, Mami Sica, Mama Ablo, Mami Radar, Mami Rachmir, Mami Chilva. « Il y a du bonheur dans l’adoration de Mami Wata, il suffit de respecter les interdits ; dans le cas contraire, la divinité maltraite ».
« Mami Wata », « Maman Eau» ou « Madame Eau » est une divinité qui est adorée dans au moins cinquante cultures et plus de 20 pays, du Sénégal en Tanzanie, selon l’historien de l’art. Il ajoute : « Les sœurs spirituelles de Mami Wata dans le monde africain-atlantique sont des divinités de l’eau, comme Yemanja/Odoya/Màe d’Agua et Oxum du Brésil, Watur Mama au Suriname, la Siren en Haiti, Mère ou Maman d’Eau dans les Antilles françaises, les Water Maid de la Jamaïque et Santa Marta la Dominadora de la République dominicaine. Ces sœurs spirituelles possèdent les mêmes qualités que Mami Wata, et partagent des représentations similaires… ».

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