Flambée des prix des produits pétroliers: Les efforts du gouvernement exposés aux députés

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Flambée des prix des produits pétroliers: Les efforts du gouvernement exposés aux députés


Le contrôle de l’action gouvernementale reprend de plus belle à l’Assemblée nationale. La ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Assouman, a ouvert le bal, jeudi 9 janvier dernier, en apportant des éléments de réponses sur la flambée des prix des produits pétroliers, une question orale avec débat posée au gouvernement par le député Léon Aden Houessou. Des explications de la ministre, il ressort que le secteur de distribution des hydrocarbures au Bénin est régi par le décret n°2008-614 du 22 octobre 2008 portant modalités d’importation et de distribution des produits pétroliers raffinés et de leurs dérivés en République du Bénin. Ce décret fait intervenir deux types d’acteurs à savoir : le secteur public, en l’occurrence la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers et le secteur privé, c’est-à-dire les Sociétés privées de vente de produits pétroliers. La distribution des produits pétroliers se fait sur la base des prix homologués par le gouvernement. Les prix affichés dans les stations-service n’ont jamais dépassé 600 francs Cfa le litre pour tous produits confondus. Mais à côté de ce secteur formel de distribution des produits pétroliers, prolifère un secteur informel nourri par l’essence de contrebande venant du
Nigeria et qui influe négativement sur les recettes publiques. Les dernières mesures prises par le gouvernement nigérian interdisant l’approvisionnement de ses stations situées à 20 km de la frontière avec le Bénin, poursuit la ministre, ont engendré une flambée des prix des produits pétroliers du secteur informel. Cette flambée s’explique par le coût de risque couru par le fournisseur informel pour ravitailler les consommateurs. Dans aucune des stations formelles, le prix de l’essence n’est en deçà de 600 francs Cfa et ce depuis plus de deux ans. Le réseau de distribution de la Sonacop est composé de 142 stations-service dont six en gérance directe, 86 en gérance libre, les 51 restantes sont non fonctionnelles pour raisons de démantèlement ou de manque d’entretien, détaille Shadiya Assouman. Les stations en gérance directe ne sont pas approvisionnées par manque de trésorerie. Celles en gérance libre sont ravitaillées par la Sonacop qui elle-même n’a pas de produits. Le gouvernement n’est pas resté les bras croisés face à la situation.

LIRE AUSSI:  Affaire « 18 kg de Cocaïne» devant la Criet: Le procès renvoyé pour absence de Sébastien Ajavon et consorts

Privatiser la Sonacop ?

Pour faire face à la flambée des prix des produits de la contrebande qui avait généré des files d’attente interminables dans les stations formelles, l’Exécutif a pris, informe la ministre, des engagements vis-à-vis des fournisseurs pour ravitailler les stations fonctionnelles. En ce qui concerne les stations en gérance libre, les promoteurs ont également été accompagnés. Cela a été possible parce que les stations-service ont vendu au comptant (sans tickets valeurs). Ce qui a permis d’avoir de liquidités pour payer les fournisseurs et poursuivre l’activité. Les consommateurs ont pu s’approvisionner dans les stations-service aux prix homologués par le gouvernement. Pour ce qui concerne l’intérieur du pays, les prix relevés dans le secteur informel étaient souvent inférieurs à 700 F, voire 600 à 500 F dans certaines zones. Ce qui rend les stations-service souvent non rentables, conclut la ministre. Cette réponse du gouvernement n’a pas pour autant convaincu les députés dont l’auteur de la question. Les parlementaires ont surtout déploré que ce dossier soit examiné en plénière cinq mois après. La question a été vidée de sa substance avant la réponse du gouvernement, vu que la flambée des prix n’est plus prononcée sur le terrain aujourd’hui. Mais les députés notamment Augustin Ahouanvoébla et Ernest Médéwanou ont relevé que l’Etat ne doit pas faire le commerce de carburant. Selon eux, la Sonacop devrait avoir un rôle régulateur pour suivre la façon dont le produit pétrolier est commercialisé dans le pays. L’Etat doit laisser le commerce aux commerçants, suggèrent-ils. Les députés proposent au gouvernement et surtout à l’administrateur provisoire de la Sonacop d’en tenir compte dans ses travaux. Les parlementaires se sont par ailleurs inquiétés du cas des structures de l’Etat et même des collectivités locales qui, voulant s’approvisionner en carburant, ont payé des tickets-valeurs de la Sonacop contre de la liquidité. Alors que le produit n’est plus disponible au niveau des stations-service. Ils se demandent ce que vont devenir ces tickets-valeurs, là où est passé l’argent et celui qui va prendre les tickets-valeurs et payer les structures concernées.

LIRE AUSSI:  Braquage mortel d’un militaire à Porto-Novo: La Police arrête trois suspects