Fonds de solidarité africain: Renforcer les interventions au profit des Etats

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Les manifestations commémoratives du quarantième anniversaire de l’opérationnalisation du Fonds de solidarité africain (Fsa) ont eu lieu, la semaine dernière à Niamey. Des pistes de solutions sont explorées pour consolider l’institution financière panafricaine et sa participation au développement économique des Etats membres.

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Le Fonds de solidarité africain envisage de s’étendre à tous les pays du continent. Le président tchadien Idriss Déby Itno propose même qu’il soit érigé en une institution spécialisée de l’Union africaine, au même titre que la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. La conférence marquant le quarantième anniversaire du Fonds a réitéré cette volonté de lui conférer un statut particulier reflétant son caractère panafricain, lors des manifestations commémoratives qui ont eu lieu du 23 au 25 janvier dernier à Niamey au Niger.
Il est question de renforcer le cadre institutionnel, juridique et opérationnel de l’institution afin qu’elle participe davantage au développement économique des pays membres. La commission de l’Union africaine, avec la contribution de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, devra aider dans cette tâche.
Un symposium s’est déroulé sur le thème « Le Fonds de solidarité africain, 40 ans au service de l’émergence africaine : défis et perspectives pour une nouvelle dynamique ». Les participants ont recommandé au Conseil des ministres du Fsa d’œuvrer à accélérer l’évolution compensatrice du Fsa pour rattraper le retard accusé et fournir, en lieu et place des Etats, la garantie souveraine aux investisseurs internationaux qui le requièrent.
La Banque africaine de développement (Bad) a affirmé, à l’occasion, sa disponibilité à accompagner le Fonds dans le cadre du renforcement de sa gouvernance et de ses interventions au profit des bénéficiaires. Outre l’entrée dans l’actionnariat du Fonds envisagée, la Bad est appelée à organiser une réunion de haut niveau de toutes les institutions de financement du développement et de garantie afin de permettre une mutualisation des efforts dans le cadre du financement du développement.
Le Fonds pourra également compter sur la Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank) et la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) dans le cadre du renforcement des ressources financières, tout en explorant des opportunités de partenariat avec les investisseurs institutionnels africains. Les fonds de pension, les compagnies d’assurance et les fonds souverains sont visés à cet effet.

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A la date du 31 décembre 2019, souligne Ahmadou Abdoulaye Diallo, directeur général du Fsa, le Fonds a assuré des garanties pour un montant total de 553 milliards de F Cfa ayant permis de mobiliser des ressources à hauteur de 1115 milliards de F Cfa en faveur de 366 projets dans l’ensemble de ses Etats membres.
En matière de refinancement, le Fsa a permis de mobiliser 9 milliards de F Cfa et facilité le remboursement de 42 milliards de F Cfa de concours octroyés à 22 sociétés en restructuration ou en difficulté, à en croire Aly Guindo, directeur des Opérations du Fsa, face à la presse, mercredi 22 janvier dernier. En termes de prise de participation, le Fsa a injecté 2,4 milliards de F Cfa dans cinq institutions financières, a-t-il ajouté.
En marge des manifestations du quarantième anniversaire, le Fonds a signé, samedi dernier à Niamey, un accord de partenariat avec la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac). Le but visé est d’accroître le financement des investissements publics et privés dans les Etats membres et de faciliter le partage d’expériences et de savoir-faire entre les deux institutions.

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Le Fsa en bref

Créé le 21 décembre 1976 et devenu opérationnel en septembre 1979, le Fonds de solidarité africain est une institution financière multilatérale ayant pour principale mission de participer au développement économique et à la lutte contre la pauvreté dans les Etats membres en facilitant le financement des projets d’investissement tant dans le secteur public que privé. Il intervient à travers des mécanismes tels que la garantie financière, le refinancement et la bonification de taux d’intérêt. Il offre également à ses partenaires, son expertise dans la Gestion de fonds pour le compte de tiers et dans l’arrangement de financement.
Le Fsa compte actuellement quatorze Etats membres à savoir Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Gabon, République centrafricaine, Tchad, Burundi, Ile Maurice et Rwanda.