Fonds publics nationaux liés à l’éducation Réduire: les écarts entre les ménages pour améliorer les indicateurs

Par Maryse ASSOGBADJO,

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 Les fonds publics nationaux dédiés à l’éducation profitent moins aux enfants issus de familles pauvres et se répercutent négativement sur leur avenir. L’Unicef suggère quelques pistes d’amélioration dans son nouveau rapport publié mercredi 17 janvier.

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Les enfants issus de ménages pauvres sont les plus lésés des financements publics nationaux relatifs à l’éducation. L’Unicef a fait ce constat dans son nouveau rapport publié ce mardi 17 janvier. L’enjeu selon l’institution réside dans la prise en compte du secteur de l’éducation à travers l’allocation de ressources conséquentes afin d’améliorer les performances dans le secteur et de mettre fin à la crise de l’apprentissage. « Augmenter d’un point de pourcentage les ressources publiques en matière d’éducation allouées aux 20 % de ménages les plus pauvres permettrait, à l’échelle mondiale, de sortir de la pauvreté des apprentissages trente-cinq millions d’enfant en âge de fréquenter l’école primaire ». Intitulé ‘’Transformer l’éducation au moyen de financements équitables’’, le rapport met l’accent sur les disparités liées aux financements publics entre les enfants pauvres et riches. « Les élèves du quintile le plus pauvre reçoivent en moyenne à peine 16 % des financements publics en faveur de l’éducation, contre 28 % pour les élèves du quintile le plus riche. Dans les pays à revenu faible, l’écart se creuse encore avec des proportions s’établissant respectivement à 11 % et 42 % ».

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Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef analyse ces écarts sous l’angle de manque de responsabilité des acteurs. « Nous manquons à notre devoir envers les enfants. À l’échelle du globe, un trop grand nombre de systèmes éducatifs consacrent la part de ressources la moins importante aux enfants qui en ont le plus besoin », fait-elle remarquer. Revoir la copie permettrait d’engranger plus de gains au profit du secteur de l’éducation. « Investir dans l’éducation des enfants les plus pauvres est le moyen le plus économique d’assurer l’avenir des enfants, des communautés et des pays. Nous ne pourrons accomplir de véritables progrès que si l’on investit pour chaque enfant, partout », assure-t-elle. S’appuyant sur les données relatives aux dépenses publiques en faveur de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et supérieur issues de 102 pays, le rapport conclut « qu’augmenter d’un point de pourcentage les ressources publiques en matière d’éducation allouées aux 20 % de ménages les plus pauvres permettrait à 35 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire de sortir de la pauvreté des apprentissages ».

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Améliorer les indicateurs

Le sous financement des ménages pauvres prive les enfants des avantages du numérique et réduit leur chance. Selon le rapport, « les enfants vivant dans la pauvreté ont le moins de chances d’avoir accès au système éducatif, abandonnent l’école plus tôt et sont moins représentés aux niveaux d’éducation supérieurs, pour lesquels le montant par habitant des dépenses publiques est nettement plus élevé. Enfin, ils sont plus susceptibles de vivre dans des régions rurales et isolées, généralement mal desservies et victimes de la fracture numérique ».

Pour résoudre cette crise de l’apprentissage, l’Unicef propose aux gouvernements d’investir de manière équitable et d’accroître les ressources publiques en faveur de l’éducation, notamment celles allouées à l’apprentissage fondamental. Cette mesure cruciale suppose de mobiliser des financements publics pour garantir que tous les enfants aient accès à l’enseignement préscolaire et primaire, et cibler les élèves pauvres et marginalisés aux niveaux d’éducation supérieurs. Le rapport préconise quatre mesures afin que les ressources publiques atteignent chaque élève. Sur ce point, l’Unicef insiste sur le déblocage des fonds publics propices à l’équité dans le domaine de l’éducation. L’institution met également l’accent sur l’intérêt d’accorder la priorité des financements publics à l’apprentissage fondamental. Il prône le suivi des aides en faveur de l’éducation allouées dans les contextes humanitaires et de développement et l’investissement dans des solutions innovantes pour dispenser l’enseignement.