Formation en agrobusiness au centre Songhaï: Le Procad délivre 100 jeunes déscolarisés du chômage

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Le coordonnateur du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (Procad), Bertin Adéossi, a procédé au lancement, ce mardi 19 juin au centre régional Songhaï à Porto-Novo, d’une formation en entreprenariat agricole au profit de cent jeunes déscolarisés dont vingt-cinq femmes afin de faire d’eux des producteurs de richesse et des créateurs d’emplois.

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Cent jeunes déscolarisés jadis voués à un avenir incertain peuvent désormais se frotter les mains. Ils ont désormais toutes les chances de sortir des griffes du chômage auquel ils étaient exposés. Ils doivent le salut au Programme cadre d’appui à la diversification agricole (Procad) qui les a retenus et a initié en leur faveur une formation en entrepreneuriat agricole au centre régional Songhaï à Porto-Novo. Ce programme a pour objectifs de développer, restaurer et améliorer la productivité au champ et la valeur ajoutée post-récolte des chaînes des filières ciblées, contribuant ainsi à accroître l’accès des bénéficiaires notamment les agriculteurs, les pisciculteurs, les pêcheurs, les éleveurs, les agro-industriels, à des technologies améliorées, à des infrastructures de production, au financement de l’agriculture et aux infrastructures de marché telles que les magasins de stockage et les chambres froides.
Le Procad couvre l’ensemble du territoire national et travaille avec différents acteurs étatiques et non étatiques à travers ses deux projets à savoir : le Projet de productivité agricole d’Afrique de l’Ouest (Ppaao) et le Projet d’appui à la diversification agricole (Pada).
La formation initiée à l’intention des cent jeunes déscolarisés dont vingt-cinq femmes, sélectionnés sur l’ensemble du territoire national, s’inscrit dans le cadre de la série d’activités du Ppaao, fonds additionnel, prévues au titre de l’année 2018, précise le coordonnateur du Procad, Bertin Adéossi. Elle vise à préparer ces jeunes à devenir de véritables entrepreneurs agricoles capables de créer et de gérer efficacement leurs micros entreprises. En d’autres termes, le Procad entend faire de ces stagiaires, des producteurs de richesses, des développeurs et surtout des créateurs d’emplois.
Bertin Adéossi indique que c’est au regard des objectifs poursuivis par la formation que la sélection de ces jeunes a été faite de façon rigoureuse. Selon lui, le processus qui a conduit au choix de ces cent jeunes a duré plusieurs mois et a été marqué notamment par des séances de concertation entre le Procad et le centre régional Songhaï, le lancement d’appel à candidatures au terme duquel plusieurs centaines de soumissionnaires ont été enregistrés, le dépouillement des dossiers, leur étude et la phase finale de sélection.

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Non à la déperdition !

Le directeur du centre régional Songhaï promet, à l’issue des six mois de formation, que les stagiaires seront réellement fonctionnels pour que les objectifs visés soient atteints. A cet effet, les apprenants seront moulés dans cinq composantes dont celle sur la nouvelle vision systémique et agro-écologie qui respecte l’environnement. Ils seront outillés sur les plans technique, moral et organisationnel pour changer les donnes de fonctionnement en termes de performance et d’efficacité dans leurs secteurs respectifs de spécialisation. « Vous devrez être en mesure, au terme de cette formation, de développer des aptitudes de producteur-leader pour une exploitation réelle et plus juste des ressources naturelles locales, tout en respectant la nature pour produire plus et mieux avec moins de moyens en adoptant des technologies authentiques et nobles », assure le directeur du centre régional Songhaï.
Le frère Godfrey Nzamujo plaide pour l’accompagnement des jeunes après la formation par le Procad pour que les fruits tiennent vraiment la promesse des fleurs.
Ernest Gbégnonhou, porte-parole des participants, se réjouit d’ores et déjà de la qualité des enseignements reçus au cours des quinze premiers jours de formation. Ils renforcent leurs capacités avec de nouvelles techniques notamment en matière d’agriculture, de pisciculture, d’élevage et de transformation agro-industrielle. Ils ont été agréablement surpris de constater que les déchets rejetés dans le centre sont récupérés pour réaliser le biogaz qui fournit de l’énergie électrique permettant de faire tourner la cuisine et le foyer. Ernest Gbégnonhou remercie le Procad pour le choix porté sur le centre régional Songhaï qui mérite vraiment son titre emblématique de label en Afrique et même dans le monde en matière de formation en entrepreneuriat agricole et en agrobusiness.
Il faut noter qu’après la cérémonie de lancement, les stagiaires ont eu droit, dans l’après-midi d’hier, à une sensibilisation sur la prévention des risques de déperdition. La séance a été animée par Sabine Toungakouagou Sama, spécialiste en développement social au Procad. Celle-ci a insisté aux jeunes les bons comportements à avoir pendant les six mois de la formation. Il s’agit surtout d’éviter qu’il y ait des cas de déperdition ou de renvois dus à l’indiscipline, aux infections sexuellement transmissibles contractées ou au Vih/Sida contractés et aux grossesses non désirées concernant surtout les femmes. Cette séance de sensibilisation sera périodique pour que le séjour sous régime d’internat des apprenants se passe sans anicroche et permette aux cent jeunes d’aller au bout de la formation, indique Sabine Toungoukouagou Sama?

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Le Procad, un modèle à imiter

Tout ceci dénote du sérieux qui est attendu des stagiaires à l’issue de la formation qui durera six mois en régime d’internat sous le partenariat Procad-Songhaï, laisse entendre le coordonnateur Bertin Adéossi. « Nous sommes convaincus que de cette formation, sortiront des entrepreneurs aguerris à même de contribuer à la création de conditions nécessaires à une croissance durable et à la réduction de la pauvreté en milieu rural », espère-t-il. Bertin Adéossi a prodigué de sages conseils aux apprenants qu’il a invité surtout à la soumission totale, à l’assiduité, à la discipline du groupe et au respect de l’équipe d’encadrement et du règlement intérieur du Centre régional Songhaï où ils seront hébergés pendant les six mois de leur formation. « Tout comportement peu recommandable sera sanctionné », avertit le coordonnateur du Procad avant de remercier le gouvernement béninois qui a mis tout en œuvre pour la mise en œuvre de ce financement additionnel du Ppaao par la Banque mondiale sans qui cette formation ne sera pas possible.
Le directeur chargé de l’Entrepreneuriat agricole au niveau du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gilbert Damien Agueh, abonde dans le même sens que le coordonnateur du Procad. Il a demandé aux apprenants de se considérer déjà comme des entrepreneurs agricoles et d’y travailler véritablement. Car, selon lui, n’est pas entrepreneur qui veut ; c’est celui-là qui ne recule pas devant des obstacles. Un entrepreneur, c’est celui qui trouve toujours des ressources nécessaires pour surmonter des difficultés quelles que soient leurs origines, insiste Gilbert Damien Agueh qui a lancé la formation.
Le directeur du centre régional Songhaï, frère Godfrey Nzamujo, face à l’originalité du Procad dont la vision tranche avec tous les autres projets/programmes à travers le volet formation des déscolarisés en agrobusiness, a condamné le système éducatif africain qui ne fait que produire des diplômés sans emploi et sans niveau, incapables de faire émerger l’économie de demain. Pour le directeur du centre régional Songhaï, l’Afrique devrait adopter un système qui permet de préparer mentalement, techniquement et psychologiquement les jeunes à participer à la troisième révolution industrielle et technologique qui s’annonce surtout dans les secteurs comme l’économie verte et l’agro-industrie. C’est ce à quoi s’attelle, depuis plusieurs années, le centre régional Songhaï, souligne le frère Godfrey Nzamujo qui félicite les responsables du Ppaao pour leur vision et appelle toute l’Afrique à imiter le modèle de ce programme?