Formation professionnelle diplômante au profit des agents locaux: Pour une administration communale performante

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Formation professionnelle diplômante au profit des agents locaux: Pour une administration communale performante


Les apprenants du Centre de formation pour l’administration locale ont effectué leur rentrée, hier mardi 8 septembre, dans les locaux de la Communauté électrique du Bénin à Abomey-Calavi. Le top de cette année académique a été donné par le directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale en présence du préfet de l’Atlantique, du maire de la commune d’Abomey-Calavi et des apprenants venus d’une trentaine de communes.

La rentrée académique pour la formation diplômante du Centre de formation pour l’administration locale (Cefal) a démarré, ce mardi 8 septembre, pour des apprenants venus d’une trentaine de communes. Elle concerne la deuxième promotion du cycle C, c’est-à-dire les agents titulaires du Bepc avec cinq années d’ancienneté dans l’administration communale ou municipale et la quatrième promotion du cycle B, notamment les agents titulaires du Baccalauréat et disposant également de cinq ans d’ancienneté.
D’après Christian Kouthon, directeur du Centre de formation pour l’administration locale, pendant deux ans, les apprenants auront à suivre différents modules dans quatre domaines tels que Administration générale et territoriale (Agt), Finance et fiscalité locale (Ffl), Planification et développement local (Pdl) et maîtrise d’ouvrage communale (Moc).
C’est donc un atout pour les bénéficiaires de renforcer leurs capacités aux fins de la performance de l’administration communale. Une tâche à laquelle le Cefal s’attelle à travers son plan stratégique 2017-2031. Sa principale mission, selon son directeur, est de contribuer à l’amélioration constante de la performance de l’administration locale par le renforcement des capacités des acteurs communaux. « Après plus d’une dizaine d’années de mise en œuvre du processus de décentralisation, l’État béninois s’est rendu compte que la promotion du développement local, principal objectif assigné aux acteurs de la décentralisation, peine à devenir réalité du fait de la faiblesse des capacités aussi bien techniques que managériales desdits acteurs», a fait constater Christian Kouthon.
Le Cefal a été créé par décret n°2011-886 du 30 décembre 2011 pour corriger cette situation préjudiciable à l’avenir du processus de décentralisation au Bénin. Il est chargé d’assurer la formation professionnelle initiale/continue des agents de catégories B et C des collectivités territoriales, de coordonner toutes actions de formation continue initiée ou exécutée au profit des agents territoriaux par les autres organismes de formation et d’en assurer le contrôle de la qualité, d’organiser pour les élus locaux des séminaires de formation et d’information. Dans cette perspective, le Cefal a démarré ses formations diplômantes le 10 décembre 2013 avec sa première promotion du cycle B qui comptait cinquante-et-un apprenants en provenance de trente-trois communes. La deuxième promotion du Cycle B, d’après le directeur du Cefal,a commencé le 4 avril 2016 avec quarante-six apprenants et a achevé son cursus académique courant février 2018. La troisième promotion du Cycle B et la première promotion du cycle C ont fait leur rentrée solennelle le 24 juillet 2018 avec 104 apprenants.

Promouvoir la bonne gouvernance au niveau communal

Noël Gankpé, directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, a rappelé que pour l’aboutissement de cette formation, le gouvernement a investi 85 %, les communes 10 % et les bénéficiaires 5 % des frais nécessaires. Précisant que l’administration est le bras armé du pouvoir politique, aussi bien au niveau de l’État central qu’au niveau des collectivités territoriales décentralisées, il a martelé que les apprenants du Cefal ont un rôle déterminant à jouer dans la promotion de la bonne gouvernance au niveau des communes du Bénin. Selon lui, après dix-huit ans de mise en œuvre de la décentralisation, on observe des avancées notables dans l’apprentissage de la démocratie à la base mais aussi des errements, voire des échecs dans la mise en œuvre de certains projets locaux devant impacter positivement la vie des populations des villes et des campagnes. « La pérennité et la consolidation du processus de décentralisation dépendent pour une large part du renforcement durable et adéquat des capacités des acteurs locaux dans un cadre rationnel de formation», souligne-t-il. Il invite les apprenants à l’assiduité, à la rigueur et à la discipline pour acquérir le maximum de connaissances et de capacités devant leur permettre, au retour dans leurs administrations respectives, d’impacter durablement les performances.
Tels sont également les points de vues du préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia et du maire de la commune d’Abomey-Calavi, Angelo Ahouandjinou. Les apprenants, pour leur part, ont formulé deux doléances majeures. Il s’agit de la construction des infrastructures du Cefal pour faciliter l’hébergement des apprenants et l’augmentation de la durée de la formation de deux à trois ans pour changer de catégorie.