Forum international Fraternité matin-Geppao; L’intégration africaine passée au scanner

Par Paul AMOUSSOU,

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A l’initiative du Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’Ouest (Geppao) et du quotidien national ivoirien Fraternité matin qui célèbre ses cinquante-cinq ans cette année, un Forum international est organisé du 19 au 20 décembre 2019 à Abidjan. Il a mobilisé, outre les éditeurs de presse de la sous-région, d’éminentes personnalités et d’éminences grises de divers horizons qui ont animé des panels sur les dérivatifs du thème consacré: « Entre replis identitaires et panafricanisme, quelles perspectives pour la Zleca ».

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Deux jours d’intenses échanges et de débats, entre des personnalités de l’édition de la presse, du monde universitaire et des décideurs politiques de la sous-région ouest-africaine. Tel est le credo du Forum international Fraternité matin-Geppao, avec pour thème central le mécanisme de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).
C’est dans l’imposante salle de conférence du Conseil économique, social, environnemental et culturel d’Abidjan que ledit forum s’est ouvert ce jeudi 19 décembre en présence du ministre en charge de la Communication de Côte d’Ivoire, Sidi Tiémoko Touré qui a laissé l’honneur à Adama Coulibaly représentant le ministre burkinabè de la Culture de procéder à l’ouverture dudit forum. Mais avant, remerciant dans son mot introductif ses hôtes, Venance Konan, président de la Geppao et directeur général de Fraternité Matin, le quotidien national ivoirien, a rappelé à l’auditoire que l’initiative de la Zleca est unévènement majeur, car il s’agit de la concrétisation d’un objectif de l’idéal panafricaniste depuis la création de l’Organisation de l’Unité africaine, l’Oua devenue Ua (Union africaine). Des questions de fond persistent toutefois, relève-t-il, du fait de nombreux écueils économiques, sécuritaires et politiques. Comment surmonter ces obstacles? C’est tout l’intérêt du forum, éclaire-t-il.
Selon Adama Coulibaly, le combat pour l’intégration appelle à un sursaut commun auquel personne ne doit se dérober pour atteindre l’objectif de l’intégration entre les peuples tant souhaitée. Quant au ministre ivoirien de la Communication, il a indiqué que la circulation des personnes et des biens permettra aux populations de la sous-région de mesurer les gains que recèle la Zleca. Mais pour qu’il en soit ainsi, il convient aux Etats membres d’œuvrer pour la stabilité politique sans laquelle le climat de repli et de méfiance l’emportera. Ce qui serait préjudiciable au dessein de l’intégration économique dont tout le monde vante les mérites. L’avenir du continent, insistera-t-il, réside dans la solidarité et la complémentarité entre les Etats.

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La conférence inaugurale du forum a porté sur la problématique de la Zone de libre-échange continentale africaine,entendue comme une réponse pertinente aux problèmes de l’Afrique. Elle a été introduite par Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso. Dans son développement, il défendra que la Zleca résulte de la volonté politique et de l’engagement des chefs d’Etat. Autant de facteurs ayant permis en juin 2019 de lancer à Niamey cet instrument qui entrera en vigueur en juin 2020. Il s’agit d’un marché d’un milliard 200 millions de consommateurs, représentant la plus grande zone de libre-échange au monde. Aussi, soutient-il, la Zleca va favoriser l’industrialisation sur le continent, et par l’élimination des droits de douane, rendre les entreprises de la zone compétitives et accroître le commerce intra-africain…Toutefois, ces aubaines dépendent d’une meilleure stabilité des pays.
Quatre panels ont été consacrés à la résolution de cette conférence inaugurale. Le premier a porté sur le thème « Du panafricanisme historique à la Zone de libre-échange continentale africaine : acquis et défis ». Introduit par Ablassé Ouédraogo, économiste et ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, ce premier panel modéré par Fatim Djédjé, journaliste de Radio Télévision ivoirienne, a été animé par l’ancien ministre sénégalais Abdoulaye Bathily, le professeur Wautabouna Ouattara, l’ancien ministre togolais Cornélius Aïdam et l’analyste politique Gilles Yabi. Les panélistes sont revenus sur les écueils auxquels l’idéal portant sur l’aspiration des peuples africains à s’unir a été confronté à travers le temps. Le débat s’est accentué sur la portée de la Zleca et sa résilience face aux enjeux de l’heure, qu’ils soient économiques, sécuritaires ou identitaires.
Ce à quoi a fait échos le deuxième panel qui a statué sur « Les replis identitaires (micro-nationalisme, populisme, préférence nationale, xénophobie) : une menace pour l’intégration africaine et la Zleca ».
Comment contrer la résurgence de ces anachronismes, face aux initiatives d’intégration ? C’est le débat introduit par Cheikh Tidiane Gadio, président de l’Institut panafricain de stratégies et ancien ministre du
Sénégal. Sous la modération de Liliane Nyatcha de BBC Afrique, les journalistes Serges Daniel Gbobohoundada, Seidik Abba, Freddy Mulumba Kabuayi et le professeur Francis Akindès, ont décortiqué le sujet. Dans le même ordre d’idées, le troisième panel est consacré à «Un cas d’école : la résurgence de l’idéologie de l’ivoirité et son potentiel destructeur sur la cohésion nationale et la construction d’une communauté africaine». Après l’introduction du professeur Yacouba Konaté de la Grande chancellerie des Ordres nationaux de Côte d’Ivoire, une brochette d’universitaires ivoiriens a restitué les contours de cette notion qui a révélé en Côte d’Ivoire toute sa nocivité. Il est apparu que de concept vantant les qualités intrinsèques à la culture ivoirienne, ‘’l’ivoirité’’ est dévoyée à des fins politiciennes, au point de saper la cohésion sociale. D’où les consciences sont-elles interpellées, insisteront les panélistes, face à la résurgence du phénomène sous de nouvelles formes toutes aussi pernicieuses.
Les contraintes qui affectent le commerce intra-africain seront abordées par le quatrième et dernier panel de ce jeudi 19 décembre d’intenses débats, sous le thème : « La Zleca et les défis du commerce intra-africain: entre tensions sécuritaires et défis logistiques ».
Le débat y consacré a mis en relief le caractère modeste du commerce intra-africain, loin des avancées en Europe et dans la région Amérique. Les raisons de cet état de choses n’ont pas été occultées par les panélistes appuyés de contributions de plusieurs participants.

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