Fourniture d’énergie électrique à Parakou: Parakou en passe de devenir un hub énergétique sous-régional

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Pour un meilleur suivi de l’exécution des projets de certaines structures sous sa tutelle, le ministre de l’Energie a effectué, les 12 et 13 janvier derniers, une visite de terrain. L’occasion lui a permis de constater le niveau d’avancement du projet de construction de la ligne d’interconnexion Onigbolo-Parakou et des postes associés. Ce qui fera de Parakou, d’ici quelques mois, un centre stratégique en matière de sécurisation de l’énergie électrique dans les pays de la sous-région ouest-africaine.

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Le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, était au poste de transformation de Parakou, samedi 13 janvier dernier, pour s’enquérir du niveau d’avancement des travaux d’extension en cours dans le cadre du projet de construction de la ligne d’interconnexion Onigbolo- Parakou. La présence à ses côtés de son collègue en charge de l’Eau, Samou S. Adambi, des autorités municipales et départementales dont le maire Charles Toko et le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, ainsi que du député Rachidi Gbadamassi, a permis de régler quelques difficultés majeures.
Appréciant la portée du projet, le ministre Dona Jean-Claude Houssou a indiqué que sa réalisation permettra à Parakou de disposer d’une infrastructure majeure pour le Bénin et les pays de la sous-région. Elle fera de la ville et de ses agglomérations, un véritable hub ou point stratégique dans la fourniture et la sécurisation de l’énergie électrique. « Ce sera pour desservir tout le Nord du pays », a rassuré le ministre. « Dans le cadre de l’interconnexion sous-régionale de la Cédeao, Parakou aura un rôle éminemment stratégique, puisqu’elle deviendra le carrefour à partir duquel l’énergie électrique sera distribuée en direction des pays de l’espace ouest-africain », a-t-il insisté.
« Les autorités nigérianes ont été saisies pour accélérer le projet de Wap qui va amener la 330 du Nigeria sur Parakou. Ainsi, ce ne sera plus seulement les arrivées du Ghana et d’Ikeja, mais aussi celle du Nord du Nigeria », a rappelé le directeur général de la Communauté électrique du Bénin (Ceb), Karimou Chabi Sika. Selon lui, ces trois sources ne peuvent pas toutes disparaître au même moment. Il reste persuadé qu’en plus de la production qui se fera au niveau national, le problème de déficit en énergie électrique relèvera définitivement du passé au Bénin.
En effet, c’est grâce au projet Nord-Togo/Nord-Bénin que le poste de transformation de Parakou a été construit. « Le système, tel qu’il a été conçu, c’est que quand vous partez de Sakété pour Onigbolo, un détour par le barrage Nangbéto au Togo, avant de remonter vers Kara, ensuite à Djougou par Ouaké, était nécessaire pour atteindre Parakou, en transitant absolument par Tchaourou », a expliqué le directeur général de la Ceb. «Au-delà des problèmes de coupures au Nigeria, sur toute la ligne, il peut ne pas y avoir l’énergie électrique», a-t-il poursuivi. Il a laissé entendre que les travaux envisagés, augmenteront la fiabilité et la sécurité de l’ensemble du système.

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Un problème d’espace à régler

Karimou Chabi Sika a profité de l’occasion pour poser le problème de terre par rapport à l’arrivée des 330 pour les extensions et les adaptations à faire. « Ce n’était pas prévu. Le poste de transformation de Parakou était conçu pour le Nord-Togo et le Nord-Bénin », a-t-il fait observer.
La ligne du Wap qui va arriver à Parakou, continuera sur le Togo, au niveau de Kara, avant d’atteindre le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est l’une des lignes principales et il ne serait pas intéressant que ce soit à Parakou que l’on n’ait pas pu trouver la terre pour la faire passer, alors que tous les autres pays sont presque prêts.
« Des travaux avaient été lancés et ont accusé plus de vingt mois de retard sous le régime précédent », a déploré le ministre. « Beaucoup ne le savent pas. Lorsque l’énergie est importée du Nigeria, elle passe d’abord par Cotonou, via Sakété, pour aller d’abord au Togo et revenir à Parakou par Kara. Et chaque fois qu’il y avait des difficultés sur cette ligne, c’est la ville de Parakou et tout le Nord qui sont en souffrance », a-t-il expliqué. « La décision a été prise de compléter le système redondant qui donne une sécurité supplémentaire. D’où la construction de la ligne de plus de 260 km qui va d’Onigbolo jusqu’à Parakou », a rappelé Dona Jean-Claude Houssou. Ce projet, a-t-il souligné, permettra donc d’alimenter directement tout le septentrion, sans passer par le Togo. « Ce qui fait qu’on aura deux systèmes d’alimentation et qui donneront encore plus de sécurité et de disponibilité à la ville de Parakou, à l’occasion des défis qu’elle aura à relever dans le cadre de son développement socio-économique », se réjouit-il. Il a invité les autorités locales et départementales à soutenir l’initiative.
Le maire Charles Toko a promis d’étudier la question avec les techniciens. Appuyé par le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, et le député Rachidi Gbadamassi, il a d’ores et déjà rassuré le ministre de la disponibilité de sa ville à donner satisfaction à la demande d’espace exprimée, au plus grand tard ce lundi 15 janvier.