Froid et climatisation: Attention aux fluides dangereux

Par Fulbert Adjimehossou,

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De nouveaux fluides frigorigènes sont disponibles sur le marché en remplacement des gaz réfrigérants qui appauvrissent la couche d’ozone et réchauffent le climat. Mais ils se doivent d’être manipulés avec précaution du fait des risques d’inflammabilité et ou de toxicité.

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Quartier Maro-Militaire à Cotonou. Dans une boutique située au coin de la voie pavée, Fidèle Tohovi, la trentaine, est venu s’approvisionner en gaz réfrigérant. Parmi les bouteilles alignées, ce frigoriste indexe celle portant l’inscription R134a. « Ce fluide est original et n’endommage pas le compresseur de votre voiture », confie-t-il. Ce technicien n’en sait pas plus sur les caractéristiques de ce fluide peu toxique, non-inflammable, très stable. Pourtant, cette substance qui n’affecte pas la couche d’ozone, comme beaucoup d’autres de ce type, mérite d’être manipulée avec précaution. Un contact direct et prolongé avec du R134a en phase liquide peut provoquer des brûlures graves. « On se protège avec des gants. On contrôle s’il y a fuite et on corrige avant de mettre le gaz », déclare Fidèle Tohovi, d’un air rassurant.
Dans cette boutique, les couleurs des bouteilles renvoient au type de gaz réfrigérants. Pour le responsable des lieux, ces fluides sont non destructeurs de la couche d’ozone. Mais certains sont dangereux. « Les couleurs aident à avoir une idée de la dangerosité du gaz. Les gaz en bouteille rouge, comme le R600, sont inflammables. Au contact du feu, c’est dangereux », souffle Baudoin Adanzounon, technicien supérieur en génie électrique, et responsable de la boutique. En réalité, de nombreux fluides comme les chlorofluorocarbures (Cfc) ont un fort potentiel d’appauvrissement de la couche d’ozone. Ils sont interdits par le Protocole de Montréal, conclu en 1987.
C’est le cas du chlorofluoro- carbone (Cfc) ou R-12 et des hydrochlorofluorocarbones (Hcfc) ou le R-22. « Nous avons remarqué que certaines substances contiennent du Chlore, du Brome, et détruisent la couche d’ozone. La communauté internationale a mis en place en 1985, la convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone. Deux ans après, il y a eu le Protocole de Montréal », explique Yvette Gauthé épouse Boko, point focal national Ozone au ministère du Cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd).

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D’un risque à un autre

Sur le marché, des alternatives existent et n’impactent pas la couche d’ozone et le climat. « Ce sont beaucoup plus des hydrocarbures, l’ammoniac, le dioxyde de carbone », souligne Yvette Gauthé épouse Boko. Ils comprennent le R-290 (propane), R-600a (isobutane), R-170 (éthane), R-1150 (éthylène), R-1270 (propylène) et les mélanges de ces substances. Ces hydrocarbures et l’ammoniac posent des problèmes d’inflammabilité et ou de toxicité plus importante.
Lors de travaux de réparation d’une installation de réfrigération avec des fluides frigorigènes inflammables, une atmosphère explosive dangereuse, aussi bien autour du périmètre de la zone de travail qu’à l’intérieur du système d’installation, doit toujours être prise en compte. La manipulation de fluides dans une installation nécessite des précautions sur lesquelles les acteurs du froid et de la climatisation sont de plus en plus outillés.
«C’est un travail quotidien d’information et de sensibilisation qu’il faut faire pour faire comprendre les risques que présentent ces nouveaux gaz. On les sensibilise pour qu’ils ne mettent pas leurs vies en danger», déclare Baudoin Adanzounon.
A côté de ces enjeux de réduction de risques, la bataille se poursuit pour l’élimination des Substances appauvrissant la couche d’ozone au Bénin, où de milliers de congélateurs et de réfrigérateurs, neufs ou d’occasion, sont importés chaque année. La qualité de fluide utilisée n’est pas toujours propice. Une croisade est menée contre les fluides impropres à la consommation. « Lors de nos opérations de contrôle, nous avons saisi près de deux tonnes de fluides frigorigènes de plusieurs marques en bonbonnes comme en cannettes », déplore le point focal national Ozone. La lutte se poursuit avec l’implication des services de douanes aux frontières et des services du ministère de l’Industrie et du Commerce.