Gaz à effet de serre : nouveau record inquiétant

Par Catherine Fiankan-Bokonga,

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Gaz à effet de serreGaz à effet de serre, nouveau record inquietant

Selon l’Organisation météorologique mondiale, l’abondance des gaz à effet de serre, qui piègent la chaleur dans l’atmosphère, a atteint un nouveau record l’an dernier. L’augmentation des concentrations de gaz met en péril les objectifs de température de l’Accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2° C. Cette situation nécessitera des ajustements du calendrier et/ou des modifications de l’ampleur des engagements de réduction des émissions, raison pour laquelle la conférence annuelle internationale des Nations Unies sur le changement climatique (Cop26) est attendue avec impatience.

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L’Organisation météo-rologique mondiale (Omm), basée à Genève, a constaté, qu’actuellement, le taux annuel d’augmentation est supérieur à la moyenne 2011-2020. Le ralentissement économique lié à la pandémie de Covid-19 n’a pas eu d’impact discernable. Ainsi, tant que les émissions se poursuivront, la température mondiale continuera à augmenter. L’Omm avertit que nous devrons faire face à davantage de phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des chaleurs et des précipitations intenses, la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans, accompagnés d’impacts socio-économiques de grande ampleur. Même si les émissions de gaz étaient rapidement réduites pour atteindre le niveau zéro, le niveau de température persistera pendant plusieurs décennies.

Inquiétudes sur l’absorption des gaz

Aujourd’hui, environ la moitié du gaz carbonique (Co2) émis par les activités humaines reste dans l’atmosphère. L’autre moitié est absorbée par les océans et les écosystèmes terrestres. Le rapport de l’Omm s’inquiète du fait que cette capacité d’absorption pourrait devenir moins efficace à l’avenir et ainsi entraînerait une augmentation plus importante de la température.

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L’étude montre que de 1990 à 2020, l’effet de réchauffement sur notre climat a augmenté de 47 %,
le Co2 représentant environ 80 % de cette augmentation. Ces chiffres sont basés sur la surveillance exercée par le réseau de Veille de l’atmosphère globale de l’Omm. Le Secrétaire général de l’Omm, le Professeur Petteri Taalas, a déclaré qu’au rythme actuel d’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, nous assisterons d’ici la fin du siècle à une hausse des températures bien supérieure aux objectifs de l’Accord de Paris, à savoir 1,5 à 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. « Nous sommes loin du compte et nous espérons que la Cop26 verra une augmentation spectaculaire des engagements. », a-t-il fait remarquer.
Selon les experts, les engagements doivent être traduits en actions pour avoir un impact sur les gaz à l’origine du changement climatique. Tant les systèmes industriels, énergétiques, les modes de transport, ainsi que l’ensemble de notre mode de vie doivent être revus. D’après le chef de l’Omm, « les changements nécessaires sont économiquement abordables et techniquement possibles. » Les sociétés civiles du monde entier attendent un engagement fort et concret de la part de l’ensemble des Etats pour lutter contre le réchauffement climatique durant la Cop26 qui se tiendra à Glasgow (Royaume-Uni) entre le 31 octobre et le 12 novembre. Il est clair que l’action collective doit absolument être renforcée pour que la barre des 1,5°C ne soit pas dépassée d’ici seulement dix ans.