Georges Leroux, président de Bénin Diaspora Usa à propos de la gouvernance actuelle: « L’équipe dirigeante au sommet incarne le sérieux au travail»

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Même hors du territoire, les Béninois de la diaspora ne sauraient rester indifférents à la gestion de leur pays. En séjour au Bénin dans le cadre de la foire d’exposition des entreprises béninoises aux Etats-Unis, Georges Leroux, président de Bénin Diaspora Usa apprécie le Bénin à l’ère du Nouveau départ.

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La Nation : Des Etats-Unis, vous avez des échos de la gouvernance actuelle. Comment l’appréciez-vous ?

Georges Leroux : Nous pouvons déjà dire qu’il y a un peu plus de sérieux dans ce qui se fait. La belle preuve, nous venons de célébrer une performance très appréciable de notre équipe nationale à la Coupe d’Afrique des Nations. Je crois que le sérieux dont les diverses autorités dans ce domaine ont fait preuve a contribué à ce résultat. Je pense, pour ma part, que l’équipe dirigeante au plus haut niveau aujourd’hui incarne le sérieux au travail qui ne peut que rejaillir sur tout le monde. Maintenant, il faut que tout le peuple suive et que nous rêvions grand en tant que Béninois. Ma remarque personnelle, c’est que le Béninois en général se dit : « Nous sommes un petit pays, nous n’avons pas les moyens. Le minimum est bon… ». Donc, le Béninois se limite déjà au quotidien. Or, de grandes choses sont possibles quand on rêve grand. Avec le sérieux et la rigueur qui sont de mise au sommet de l’Etat, nous pouvons y arriver. L’éthique au travail est indispensable au développement.
Si je dois faire des suggestions, je dirai au régime en place, au président Patrice Talon, de continuer sur la lancée de la rigueur et de l’instauration de l’éthique du travail. Mais il faudra prendre davantage en compte les préoccupations sociales. Vous savez, sans le social, il peut y avoir des tensions. L’amélioration du panier de la ménagère, et pourquoi pas l’instauration d’un filet de récupération sociale pour ceux qui se retrouvent au plus bas niveau du seuil de pauvreté ; il faut y penser ! Cela inclut l’accès aux soins de santé, la pitance journalière. Je sais que c’est un travail en devenir et que des projets sont en cours. J’espère qu’avec le temps, le gouvernement va pouvoir adresser sérieusement ces volets.

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La diaspora aux Etats-Unis peut également contribuer au développement. Mais elle semble bien réticente !

Vous avez raison. Bénin Diaspora Usa a d’ailleurs été créé en 2007 sous l’impulsion du président Boni Yayi qui, lors d’une visite aux Etats-Unis, avait appelé les Béninois vivant aux Etats-Unis à s’organiser, surtout pour un support économique au pays. C’est dans cet élan que Bénin Diaspora Usa est né et a mis en place ses organes à travers tous les Etats des Etats-Unis. Je vais être franc. C’est un travail en devenir. Vous savez, notre diaspora est une communauté avec beaucoup de préjugés et de méfiances entre nous. Nous travaillons donc à briser ces barrières naturelles. Et peu à peu, nous y arrivons ! La preuve est que, samedi 20 juillet dernier, ici, au Codiam, nous avons pu organiser le forum des affaires des Béninois de la diaspora, pour créer un partenariat entre les entreprises béninoises sises aux Etats-Unis et les entreprises béninoises locales. Toutes choses qui, à moyen ou long terme, permettront de booster l’activité économique, surtout les échanges commerciaux entre le Bénin et les Etats-Unis.
Il faut reconnaître que le bureau exécutif fédéral de la diaspora se concentre beaucoup plus sur les Béninois vivant aux Etats-Unis. Nous voulons œuvrer pour que les Béninois qui vivent là-bas aient plus d’opportunités d’affaires. Il y a plein de Béninois de l’extérieur qui rêvent de réussir et de venir ensuite s’installer chez eux. Car aussi beau que puisse être l’extérieur, on est toujours plus à l’aise chez soi. Notre action vise à créer un canal pour faciliter la réussite puis le retour de nos compatriotes. Ce n’est pas toujours évident. Il y en a qui ont dû essuyer plusieurs échecs. Nous voulons créer un niveau de confiance pour pouvoir nous entraider. Nous encourageons aussi nos compatriotes à exceller dans le monde des affaires, à s’y mettre avec confiance, à entreprendre et à innover. Ce n’est qu’au moment où ils se porteront financièrement mieux aux Etats-Unis qu’ils pourront donner quelque chose en retour à notre pays. C’est ainsi que nous voyons les choses. Il faut aussi avouer que la communication entre les autorités et la diaspora est timide.

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Qu’est-ce qui explique ce manque de collaboration ?

Cela est certainement dû au fait que nous avons parfois des voix discordantes. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe une structure qu’on appelle le Hcb (Haut Conseil des Béninois) qui en réalité est créé pour représenter la diaspora au niveau mondial. Mais il y a eu des manœuvres pour diviser les communautés à l’interne dans les différents pays. Nous travaillons actuellement avec le Haut conseil des Béninois (Section Usa – Caraïbes) pour briser ces dysfonctionnements, pour voir comment unifier nos voix. Car lorsqu’on a des voix discordantes, certains hommes politiques en profitent pour nous dresser les uns contre les autres et amoindrir notre impact. Nous essayons donc d’œuvrer à l’unité. D’ici à octobre, il est prévu que nous ayons les états généraux de la Diaspora américaine pour voir comment agir en symbiose. La diaspora a un savoir-faire certain puisque nous sommes au contact du savoir-faire américain. Ce qui change notre vision sur la qualité du service, la qualité du travail, le sérieux.  La diaspora aux Etats-Unis peut aussi contribuer au transfert des technologies. Mais faudrait-il encore que le Bénin améliore son arsenal et crée des conditions favorables à cela. Dans tous les cas, je pense qu’avec le concours de la diaspora, non seulement américaine mais aussi celles des autres pays, quelque chose est faisable dans le sens du développement.

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Quid des tracasseries relatives aux pièces et papiers dont vous vous plaigniez autrefois ?

Les difficultés que nous rencontrions par rapport au service administratif, en l’occurrence d’état civil, ont été aplanies avec le régime actuel. Nous avions du mal à fournir les dossiers pour les renouvellements du passeport. Il parait que c’était dû à l’instauration de la biométrie. Maintenant, il y a des unités installées au niveau de l’ambassade à Washington et qui prennent en charge les dossiers des compatriotes, les acheminent sur Cotonou et nous les renvoient avec célérité. L’ex-ambassadeur nous a largement entretenus sur les nouvelles procédures. Je crois que ça va mieux aujourd’hui. Il y a aussi l’e-visa qui facilite beaucoup les choses pour nous. Imaginez-vous si je dois aller à Washington Dc pour le visa alors que je vis dans le Midwest à Indianapolis ! Ça me fait environ une dizaine d’heures par la route et même en avion, je perds quand même de précieuses heures. Mais avec l’e-visa, on prend rapidement un visa en ligne, on n’a pas besoin de se déplacer. Et une fois à Cotonou, on fait les formalités administratives et tout est réglé. Ça nous facilite vraiment la vie.