Gestion des armes et munitions : le Bénin améliore ses capacités

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Le Bénin procède à l’évaluation de base de sa gestion des armes et munitions au plan national. C’est à travers un atelier qui se tient du 28 mars au 1er avril à Cotonou entre toutes les parties prenantes. Les travaux ont été ouverts par Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué en charge de la Défense nationale.

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Relever les avancées en matière de gestion et contrôle des armes et munitions au plan national, évaluer les stratégies et identifier les défis. C’est ce qui a réuni différentes composantes des forces de défense et de sécurité et divers partenaires autour de l’atelier d’évaluation nationale de la gestion des armes et munitions. Pour le colonel Bertin Bada, président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, cet atelier doit aboutir à des recommandations pertinentes sur les bonnes pratiques en matière de gestion des armes et munitions, de contrôle de stocks et surtout d’implication des acteurs de la société civile. Ahoba Piex Joseph, portant la voix du président de la Commission Politique, Paix et Sécurité de la Cedeao a remercié tous les partenaires qui ont favorisé la tenue de cette évaluation qui vient à point nommé au regard de l’évolution de la situation sécuritaire au Bénin. C’est, pour lui, un cadre propice pour partager les progrès réalisés dans la région en matière de gestion des armes et munitions, les besoins prioritaires et les défis. Il a donc souhaité que les échanges soient inclusifs, transparents et fructueux. Mohamed Coulibaly, représentant de l’Institut des Nations Unies pour la recherche et le désarmement n’en doute pas au regard des spécialistes présents à ce séminaire qui reste, selon lui, un espace de dialogue précieux entre acteurs nationaux et internationaux pour identifier les principaux défis et renforcer le contrôle sur les armes et munitions en République du Bénin. Il a reconnu les efforts du Bénin dans la mise en œuvre des instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux en la matière… « Mais au regard de l’émergence du crime transnational, des attaques terroristes, du transfert transfrontalier d’armes, le Bénin, à l’instar des autres pays, doit renforcer ses stratégies en matière de gestion, stockage, contrôle et traçage des armes », a laissé entendre Mohamed Coulibaly. Dépeignant à son tour, la triste réalité du terrorisme, de l’extrémisme, de la recrudescence des trafics d’armes de tous genres, Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué en charge de la Défense nationale relève que la question de la gestion des armes et de la sécurité physique des stocks d’armes est urgente… Il a exprimé son souhait de voir les échanges aboutir à des solutions exploitables pour une meilleure gestion des armes et munitions en République du Bénin.

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Le Bénin soutenu dans son engagement

La prolifération des armes légères et de petits calibres est une réalité qui préoccupe le monde entier car elle alimente les conflits armés, l’extrémisme religieux et le terrorisme… Le Bénin n’est pas épargné. Face à cette réalité qui inhibe les efforts de paix et menace la sécurité, le Bénin a pris plusieurs dispositions. Le Colonel Bertin Bada évoque dans ce sens, l’adoption d’instruments contraignants tels que la ratification par le Bénin en septembre 2009 de la convention signée à Abuja le 14 juin 2006 ; la mise en place de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères ainsi que le code pénal qui réprime le trafic et le port illicite d’armes. Le ministre Fortunet Alain Nouatin évoque en outre la loi du 24 janvier 2020 qui fixe le régime des armes, munitions et autres matériels connexes au Bénin. C’est sans occulter l’élaboration d’un plan national 2020-2024 en matière de gestion des armes. Malgré les mesures prises, les défis sont grands et nécessitent une synergie d’actions. C’est en ce sens que la présente évaluation de base est la bienvenue.
Pour Mohamed Coulibaly, représentant l’Institut des Nations Unies pour la recherche et le désarmement, l’atelier va aider le gouvernement du Bénin à établir une base de référence du cadre, du processus et de la gestion des armes et munitions afin d’évaluer les capacités réelles et les besoins. Ahoba Piex Joseph, représentant du président de la Commission Politique, Paix et Sécurité de la Cedeao, a d’ailleurs plaidé pour que la commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères soit dotée de moyens suffisants. Il recommande à cette structure d’associer à sa mission, d’une part l’Assemblée nationale pour une législation conséquente en la matière et d’autre part la société civile pour sensibiliser à travers ses canaux au danger de la détention illicite d’armes.